Les dernières statistiques du Centre de statistiques du régime iranien indiquent que l’inflation continue de peser sur les ménages. Cette pression est particulièrement forte dans le secteur alimentaire. La hausse des prix des produits de première nécessité a alourdi le coût de la vie pour les ménages à faibles revenus.
Selon un rapport de l’agence de presse publique ILNA, l’inflation annuelle à l’échelle nationale a atteint 87,9 % en juillet. Cela signifie que les ménages ont dépensé, en moyenne, près de 88 % de plus pour acquérir un panier de biens et services similaire à celui de juillet de l’année précédente.
Parallèlement, les produits alimentaires ont subi la plus forte pression inflationniste. L’inflation annuelle pour les aliments et les boissons a été enregistrée à 128,1 % en juillet.
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— Iran Focus (@Iran_Focus) August 11, 2026
Inflation alimentaire : envolée des prix des produits de première nécessité
Les statistiques publiées dressent un tableau préoccupant de la hausse des prix alimentaires. Les prix des huiles et des graisses ont augmenté de 261,5 % en juillet. Les produits laitiers, le lait et les œufs ont également connu une hausse de 147,1 %. Les prix des viandes rouges et blanches ont grimpé de 145,2 %. Ceux du pain et des céréales ont augmenté de 116,7 %. Les fruits et les fruits secs ont quant à eux enregistré une hausse de 115,4 %.
Ces chiffres montrent que l’inflation dans le secteur alimentaire ne se limite pas aux produits non essentiels. Pour les ménages à faibles revenus, réduire la consommation ou supprimer certains articles peut constituer un moyen de maîtriser les dépenses. Toutefois, nombre de ces produits étant des biens de première nécessité, il est impossible de les exclure de la consommation.
L’écart entre salaires et coût de la vie pour les travailleurs
À mesure que l’inflation a progressé, l’écart entre les salaires et le coût de la vie s’est également creusé. Le salaire minimum pour 2026, avantages sociaux inclus, a été fixé à environ 220 millions de rials (environ 117 dollars).
En revanche, des estimations indépendantes évaluent le coût d’un panier de subsistance minimal à environ 700 millions de rials (environ 370 dollars) par mois. Sur la base de cette estimation, un travailleur percevant le salaire minimum fait face à un déficit mensuel de plus de 400 millions de rials (environ 212 dollars). Cet écart a accru la pression économique sur les ménages de la classe ouvrière. Le revenu mensuel d’un travailleur rémunéré au salaire minimum est devenu largement insuffisant, même pour couvrir une part restreinte des dépenses de subsistance essentielles.
Albert Baghzian, professeur d’économie à l’université de Téhéran, a également déclaré à l’agence publique ILNA : « La population continue de ressentir la hausse des dépenses quotidiennes. » Il a aussi mis en garde contre une éventuelle augmentation du prix de l’essence. Selon M. Baghzian, « une hausse du prix de l’essence peut entraîner une augmentation des coûts de transport ». Cette hausse pourrait également se répercuter sur les prix des biens et services par le biais de coûts de transport accrus. L’émergence d’anticipations inflationnistes pourrait par ailleurs déclencher une nouvelle vague de hausses de prix.
Inflation et pression accrue sur les conditions de vie
Une inflation élevée et persistante s’installe alors que les revenus de nombreux ménages issus des classes populaires n’ont pas suivi la hausse du coût de la vie. Il en résulte un écart grandissant entre les revenus et les dépenses de subsistance essentielles. Les chiffres publiés concernant les prix alimentaires montrent également que la pression la plus forte s’exerce sur les produits directement liés à l’alimentation des ménages.
Lorsque le coût d’un panier de subsistance minimal représente plusieurs fois le salaire minimum, le problème ne se limite plus à la simple hausse du prix de quelques produits. L’enjeu réside dans l’incapacité d’une large part des salariés à couvrir leurs besoins vitaux.
Les statistiques de juillet 2026 illustrent clairement la pression inflationniste pesant sur le quotidien des ménages. Un taux d’inflation de 87,9 %, couplé à une inflation alimentaire de 128,1 %, fait peser un lourd fardeau sur les consommateurs.
Dans ce contexte, une éventuelle hausse du prix de l’essence pourrait également renchérir les coûts de transport ainsi que les prix des biens et services. L’enjeu principal ne se résume plus à la hausse du prix d’un ou plusieurs produits. L’inflation chronique érode directement le pouvoir d’achat des salariés et réduit chaque jour davantage le contenu des assiettes des ménages populaires.

