Dans un rapport analytique publié par le quotidien espagnol *El Debate*, Firouz Mahvi, directeur politique du bureau de Bruxelles du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), examine la résilience des réseaux clandestins organisés opérant dans les villes iraniennes. L’analyse souligne que les autorités iraniennes exploitent activement les conflits militaires extérieurs et les prétextes liés à la sécurité nationale pour intensifier la répression intérieure, accélérer les simulacres de procès et multiplier les exécutions publiques afin d’instiller la peur. Toutefois, M. Mahvi soutient que cette vague d’intimidation reflète l’anxiété profonde de Téhéran face à la résurgence de troubles organisés, mettant en lumière le rôle crucial des « Unités de résistance » affiliées à l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) dans le maintien de la dynamique de changement démocratique.
Prétextes liés à la guerre et mécanisme d’intimidation
Le rapport souligne que les hostilités extérieures n’ont pas créé l’appareil répressif iranien, mais ont plutôt renforcé une structure coercitive préexistante. Amnesty International a averti que les autorités invoquent explicitement des « conditions de guerre » pour justifier une répression généralisée, tandis que le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a mis en garde contre l’utilisation de la peine de mort comme arme pour écraser la dissidence. Une manifestation frappante de cette campagne de terreur a eu lieu le 28 juillet avec la pendaison publique de deux jeunes manifestants à Ispahan. Ces exécutions publiques ont suscité une condamnation internationale immédiate, notamment de la part de Madrid, où le ministère espagnol des Affaires étrangères a fermement condamné ces exécutions et exhorté Téhéran à suspendre les peines capitales prononcées à l’encontre de huit autres manifestants jugés dans la même affaire.
Opérations clandestines dans les villes iraniennes
M. Mahvi détaille la manière dont les Unités de résistance continuent d’opérer sous une surveillance étatique omniprésente. Leurs activités vont de la diffusion de tracts hostiles au régime et de slogans de défi à la confrontation directe avec les centres de répression. À l’occasion de l’anniversaire du massacre des prisonniers politiques de 1988, le réseau a mené 60 opérations coordonnées le 7 août à Téhéran et dans 26 autres villes. Des campagnes d’envergure contre la peine de mort et des actions de contestation ont été simultanément documentées dans des centres urbains majeurs tels que Tabriz, Ispahan, Kermanshah, Rasht et Zahedan. Malgré la torture systématique et les condamnations à mort prononcées par les tribunaux révolutionnaires à l’encontre de personnes soupçonnées d’être affiliées à l’OMPI, l’empreinte opérationnelle du réseau continue de s’étendre.
Manifestations spontanées contre continuité organisée
L’analyse établit une distinction stratégique cruciale entre les manifestations de rue spontanées et la résistance clandestine structurée. Si les autorités peuvent réprimer les protestations ouvertes, perturber les télécommunications et procéder à des arrestations massives, elles ne peuvent aisément démanteler un réseau souterrain conçu pour préserver les contacts, l’expérience stratégique et la continuité politique entre les soulèvements successifs. Mahvi souligne une dynamique générationnelle significative : une grande partie des militants détenus sont des étudiants universitaires et des jeunes âgés de 18 à 21 ans. N’ayant connu d’autre réalité politique que la théocratie actuelle, cette génération a forgé sa conscience politique au fil de cycles récurrents de contestation et de violence étatique, consolidant ainsi son engagement en faveur d’un changement fondamental.
L’impératif stratégique d’une transition démocratique interne
Le rapport inscrit ces évolutions dans la stratégie plus large définie par Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI ; cette stratégie vise à maintenir la résistance active entre les périodes de mobilisation de
masse, afin d’éviter que chaque nouveau soulèvement ne doive repartir de zéro. Mahvi conclut que, si des interventions militaires étrangères peuvent frapper les installations du régime, une transition démocratique authentique et durable ne saurait être importée de l’extérieur. Le facteur décisif demeure la capacité du peuple iranien et de ses réseaux de résistance organisés à transformer un mécontentement populaire généralisé en une percée politique structurée, garantissant ainsi que la peur ne dicte pas l’avenir de la nation.

