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En Iran, les habitants n’ont plus les moyens de faire réparer leurs appareils électroménagers

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La forte hausse du coût de la vie en Iran empêche de nombreux citoyens de faire réparer leurs appareils électroménagers, les contraignant soit à les mettre de côté, soit à reporter indéfiniment les réparations.

Le quotidien public *Shargh* a rapporté, le dimanche 16 août, dans un article intitulé « La pauvreté face aux réparations : vivre avec des appareils en panne », que la flambée des prix a conduit de nombreux Iraniens à abandonner leurs appareils électroménagers et objets du quotidien défectueux, faute de moyens pour payer les réparations ou en acheter de nouveaux.

Selon cet article, alors que les prix continuent de grimper, il est impossible de savoir quand les citoyens pourront réunir les fonds nécessaires pour réparer ou remplacer ces équipements.

Un employé de banque a emmené sa voiture chez un garagiste après une panne de climatisation.

Il a raconté : « Je pensais devoir dépenser environ 50 millions de rials (environ 26 dollars), mais quand le mécanicien m’a annoncé qu’il fallait payer 120 millions de rials (environ 64 dollars) rien que pour la pièce défectueuse, c’est comme si on m’avait versé un seau d’eau froide sur la tête. J’ai ensuite réalisé qu’il faudrait aussi payer 50 millions de rials supplémentaires pour la main-d’œuvre. »

Qualifiant le devis de choquant, il a expliqué être reparti du garage après un moment d’hésitation.

Selon cet employé de banque, payer une telle somme l’aurait laissé sans ressources pour le reste du mois, alors que le loyer, les remboursements de prêts et d’autres dépenses — comme les frais de scolarité de son enfant — sont prioritaires.

Il a ajouté avoir laissé sa voiture au garage et décidé d’utiliser les transports en commun en attendant que le temps se rafraîchisse. « Je n’arrive vraiment pas à comprendre la logique de payer près de 200 millions de rials juste pour réparer la climatisation de ma voiture. Il y a quelques années à peine, on aurait pu acheter une voiture pour cette somme. »

En Iran, le salaire minimum pour un travailleur ayant deux enfants s’élève à environ 133 dollars par mois.

Ces derniers mois, la politique de confrontation persistante du régime iranien dans la région, le durcissement des sanctions et la chute brutale de la monnaie nationale ont aggravé la crise économique du pays. La flambée de l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat exercent une pression sans précédent sur les moyens de subsistance de la population, rendant l’accès aux biens de première nécessité de plus en plus difficile pour une large partie de la société.

Hausse des coûts de réparation et abandon des biens du quotidien
Massoud, un autre citoyen, a confié au journal *Shargh* que son fer à repasser était tombé en panne il y a plusieurs mois.

Il avait initialement prévu de le faire réparer, mais après s’être renseigné sur les coûts, il a réalisé qu’en déboursant une somme à peine supérieure, il pourrait en acheter un neuf, bien que de moindre qualité.

Toutefois, ses difficultés financières l’ont contraint à reporter aussi bien la réparation de l’ancien appareil que l’achat d’un nouveau.

Déplorant la hausse constante des prix, Massoud a ajouté : « La semaine dernière, j’ai apporté un vêtement chez un tailleur pour faire réparer la fermeture éclair. Vous me croirez si je vous dis qu’il m’a demandé 8,5 millions de rials (environ 5 dollars) ? Je lui ai même dit qu’à ce prix-là, il valait mieux que j’achète un pantalon neuf. Même si, en réalité, je ne peux pas me le permettre non plus. »

La flambée du prix des pièces détachées et des services fait parfois paraître l’achat d’un article neuf plus économique que la réparation d’un ancien. *Shargh* a qualifié cette tendance de « passage de la réparation au remplacement », soulignant qu’elle ne résulte pas d’un consumérisme accru, mais de l’escalade des prix.

Le 12 août, citant des économistes, Bloomberg a rapporté que la poursuite de la guerre pourrait plonger l’Iran dans l’une des pires crises économiques de son histoire.

Selon ce rapport, les publicités pour des achats à crédit sans intérêts et des formules de type « Achetez maintenant, payez plus tard » sont désormais bien en vue dans les vitrines de nombreux magasins à Téhéran.

Bloomberg a ajouté que l’achat à crédit, auparavant limité pour l’essentiel à des biens tels que le mobilier et les appareils électroménagers, s’est étendu aux produits de première nécessité depuis le début du conflit, incluant désormais même les denrées alimentaires.

« Pauvreté de la réparation » et précarité croissante des familles
Ali Asghar Saeidi, sociologue de l’économie, a expliqué à *Shargh* que dans un contexte de « pauvreté de la réparation », certains ménages n’ont les moyens ni d’acheter des biens neufs, ni de payer la réparation et l’entretien de ceux qu’ils possèdent déjà.

Selon lui, dans de telles conditions, les objets en panne restent inutilisés pendant de longues périodes, continuent de servir malgré des défaillances techniques et des dangers potentiels, ou sont remis en service après des réparations sommaires et de mauvaise qualité. Le sociologue a poursuivi : « Si le revenu du ménage ne suffit pas à couvrir des besoins plus urgents tels que l’alimentation, le logement, les médicaments et l’éducation, les réparations sont reportées, même lorsqu’elles s’avèrent économiquement judicieuses à long terme. Lorsque les coûts augmentent, la part des dépenses alimentaires par rapport aux dépenses non alimentaires s’accroît. »

En Iran, les habitants n'ont plus les moyens de faire réparer leurs appareils électroménagersLe journal *Shargh* a souligné que la « pauvreté en matière de réparation » a des conséquences qui dépassent le simple abandon d’un appareil : elle peut entraîner une charge de travail domestique accrue, des difficultés de déplacement ainsi qu’un accès restreint à l’éducation ou aux services numériques.

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