Le coût de la vie des travailleurs subit la pression conjuguée de l’inflation et des bas salaires. Les données sur l’inflation en juillet révèlent une pression financière accrue sur les ménages de la classe ouvrière. Les prix des produits de première nécessité ont grimpé en flèche ; parmi eux, les denrées alimentaires pèsent le plus lourdement sur les budgets des ménages. Le logement, les soins de santé et l’éducation sont également devenus plus difficiles à financer pour de nombreuses familles de salariés.
Selon les données officielles du Centre de statistiques d’Iran — l’organisme officiel du régime iranien chargé des statistiques —, l’inflation alimentaire en glissement annuel a atteint 128,1 % en juillet. Cela signifie que le prix du panier alimentaire de référence est 2,8 fois plus élevé qu’en juillet de l’année précédente. Le prix d’au moins huit produits alimentaires a augmenté de plus de 100 % au cours de l’année écoulée. Ces chiffres ne reflètent que des hausses de prix moyennes ; le panier alimentaire utilisé pour les calculs officiels est, en soi, très restreint et minimaliste.
Le panier du coût de la vie et le fossé profond entre revenus et dépenses
Les ménages de la classe ouvrière se concentrent principalement dans les quatrième et cinquième déciles de revenus. D’après les calculs présentés, l’alimentation représente 38,05 % des dépenses de subsistance pour ces déciles. Faramarz Tofighi, un militant syndical, a calculé le coût du panier alimentaire pour une famille moyenne de 3,3 personnes en s’appuyant sur les données officielles. Il a également intégré dans ses calculs le panier alimentaire défini par l’Institut de nutrition. Selon ces estimations, le coût du panier de subsistance d’un ménage ouvrier a atteint environ 900 millions de rials (soit environ 479 dollars) en juillet. Ce montant creuse un écart considérable avec le revenu mensuel des travailleurs. À titre de comparaison, le revenu mensuel minimum d’un travailleur s’élève à environ 133 dollars. Ce chiffre correspond au revenu officiel total d’un travailleur ayant un enfant et une année d’ancienneté.
En février de l’année dernière, le coût du panier de subsistance fixé par le Conseil suprême du travail du régime iranien s’élevait à 429 millions de rials. En l’espace de quatre mois, ce montant a grimpé à environ 900 millions de rials. Ainsi, le coût du panier de subsistance a augmenté de 211,14 % durant cette période, représentant une hausse d’environ 476 millions de rials. Cette flambée s’est produite en l’espace de quatre mois seulement.
L’inflation devance les salaires
Selon les calculs présentés par Faramarz Tofighi, le salaire mensuel d’un travailleur marié, avec un enfant et un an d’ancienneté — avantages sociaux inclus — s’élève à 249 millions de rials. En début d’année, ce salaire ne couvrait que 58,24 % du coût du panier de subsistance. À cette époque, le revenu mensuel du travailleur suffisait à couvrir environ 17,47 jours de dépenses vitales minimales. Toutefois, à la fin du mois de juillet, la situation avait considérablement évolué.
Le pouvoir d’achat lié à ce salaire a chuté à 27,58 %. Ce revenu ne couvre désormais plus que 8,27 jours de dépenses de subsistance.
L’alimentation devient un marqueur d’inégalité sociale
La viande, le poulet, les œufs, les légumineuses et le riz figurent parmi les aliments de base qui disparaissent progressivement du panier de consommation des ménages, en particulier chez les travailleurs. Le pain, aliment essentiel pour les foyers à faibles revenus, n’a pas non plus été épargné par la pression inflationniste.
Pour les ménages à revenus fixes, la hausse des prix de ces produits se traduit par la suppression progressive de biens essentiels. La baisse de la qualité de l’alimentation est une autre conséquence de cette situation. Ce problème touche tout particulièrement les retraités ; une grande partie d’entre eux vit avec des revenus fixes et n’a aucun moyen de compenser l’inflation par une augmentation de ses gains.
Le panier de subsistance : un écart qui se creuse chaque mois
La comparaison entre les revenus et les dépenses révèle que l’écart entre les salaires et le coût du panier de subsistance s’est accentué en peu de temps. Au début de l’année, le 22 mars, un salaire de 249 millions de rials (environ 133 dollars au taux de change actuel) permettait de couvrir 58,24 % des dépenses vitales minimales. Quatre mois plus tard, ce taux de couverture était tombé à 27,58 %.
Parallèlement, le coût du panier de subsistance est passé de 429 millions de rials à environ 900 millions de rials. L’écart entre revenus et dépenses s’est non seulement creusé, mais il s’est élargi à un rythme soutenu. Les calculs indiquent que les travailleurs ont besoin d’un revenu proche de 900 millions de rials pour maintenir un niveau de vie minimal. Pourtant, le salaire d’une grande partie des travailleurs n’atteint même pas la moitié de ce montant.
Dans de telles conditions, un léger recul de l’inflation ne suffit pas à compenser la pression qui pèse sur les ménages salariés. Une inflation plus faible ne signifie pas une baisse des prix ; cela implique simplement que les prix augmentent moins vite.
Lorsqu’un salaire mensuel permet de couvrir à peine 8,27 jours de dépenses de subsistance minimales, le problème dépasse le cadre des tensions économiques ordinaires. Ces chiffres témoignent d’une érosion sévère du pouvoir d’achat des travailleurs et d’une aggravation des inégalités économiques en Iran.

