Les éditions du 18 août des journaux *Tosee Irani* et *Ham-Mihan* titraient : « Le panier mensuel de subsistance a atteint 900 millions de rials », alors que « les salaires des travailleurs pour le mois de Tir ne suffisaient même pas à couvrir 10 jours du mois ».
Chaque jour, la société revendique son droit à vivre, mais le pouvoir en place est incapable d’y répondre, même s’il le voulait. Cette situation signifie que la crise entre le régime et la société a franchi un point de rupture et a dépassé le stade de simple contradiction intense. Elle indique clairement qu’il n’y a plus de retour en arrière possible pour le régime afin de combler ce fossé qui se creuse rapidement. Les inégalités de classe ont atteint leur paroxysme et continuent de s’aggraver. Comment combler l’écart abyssal entre le « salaire mensuel de 250 millions de rials (environ 133 dollars) des travailleurs au salaire minimum » et le « panier de subsistance à 900 millions de rials (environ 479 dollars) » ?
Lorsque, de février à la mi-juin, « le coût de la vie grimpe de 211 %, augmentant de 476 millions de rials (environ 253 dollars) », cela signifie que le régime et la société se préparent à une lutte de classes.
Dans une société où « le logement, une éducation de qualité et des soins de santé adéquats sont depuis longtemps hors de portée, et où même la nourriture est devenue inaccessible », quelle autre définition donner à la gouvernance que celle d’un voleur s’introduisant par effraction dans un domicile ?
Lorsque les besoins fondamentaux deviennent inaccessibles à une grande partie de la population, le problème ne se limite plus à une simple crise économique ou de subsistance. La question de la subsistance atteint un stade où la dignité humaine, l’avenir des enfants et la possibilité même de continuer à vivre sont pris en otage. Dans ces conditions, il est naturel que les protestations contre la hausse des prix et la pauvreté dépassent le cadre des revendications économiques pour remettre en cause la nature même de la gouvernance.
La question qui découle naturellement de cette tendance est de savoir où ce cycle d’escalade rapide — au cours duquel « les travailleurs luttent désespérément dans le tourbillon de coûts de la vie astronomiques » — mènera finalement la confrontation entre le régime et la société.
La réponse ne se trouve ni dans les tableaux économiques ni dans les statistiques, ni dans les décisions salariales fragmentaires et réactives du gouvernement. Lorsque l’écart entre le coût de la vie et les revenus atteint les proportions extrêmes de l’inégalité de classe, la question se transforme en une crise structurelle au sein même du régime — une crise qui engendre chaque jour de nouvelles ramifications et s’étend pour toucher toutes les couches de la société. L’enjeu est désormais existentiel tant pour le régime que pour la population : le régime cherche à se servir du peuple comme bouclier pour sa propre survie, tandis que le peuple cherche à écarter le régime de sa vie quotidienne ainsi que de son existence politique et sociale.

