Alors que les pressions économiques et financières sur le régime iranien s’intensifient, le président Masoud Pezeshkian a de nouveau préparé le terrain pour une augmentation du prix du carburant en soulignant l’écart considérable entre les prix d’achat et de vente de l’essence. Parallèlement, la suspension des transactions financières et commerciales des Émirats arabes unis (EAU) avec l’Iran a fait naître des inquiétudes quant au possible blocage des avoirs du régime et des fonds des banques iraniennes dans ce pays.
S’exprimant le vendredi 21 août au sujet du prix de l’essence, M. Pezeshkian a déclaré : « Qui a dit que le gouvernement devait acheter de l’essence à 1,3 million de rials pour ensuite la revendre à 15 000 rials ? » Il a affirmé que le maintien de cette situation réduirait la capacité du gouvernement à couvrir certaines dépenses, telles que les programmes de bons alimentaires, les paiements dus aux producteurs de blé, les assurances, ainsi que les moyens de subsistance des travailleurs, des retraités et des fonctionnaires.
Ces propos interviennent alors que le gouvernement de M. Pezeshkian poursuit le projet dit de « quatrième quota d’essence » au prix du marché, une proposition qui suscite des oppositions, y compris au sein même du régime. Le 17 août, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré qu’une hausse du prix de l’essence ne constituait pas « une mesure réfléchie ».
Dans le même temps, Yaser Mirzaei, directeur adjoint de l’Organisation pour l’optimisation de l’énergie, a fait état de restrictions sur les importations d’essence et de prélèvements importants sur les réserves de carburant cette année, tout en mettant en garde contre la poursuite de cette tendance. En conséquence, la crise de pénurie d’essence est redevenue un moyen de justifier les hausses de prix et de faire peser sur la population le coût de la mauvaise gestion économique du régime.
La pression financière des Émirats arabes unis sur le régime iranien
Ali Shariati, membre de la Chambre de commerce du régime, a mis en garde contre les conséquences de la récente décision des Émirats arabes unis de suspendre les transactions commerciales et financières avec l’Iran. Il a indiqué que si les avoirs iraniens, les sociétés intermédiaires ou les banques iraniennes présents aux Émirats venaient à être bloqués, les montants en jeu « pourraient être très élevés ».
Les Émirats arabes unis ont annoncé mercredi dernier la suspension des échanges commerciaux et des transactions financières avec l’Iran jusqu’à nouvel ordre. Cette décision fait suite aux accusations d’Abou Dabi selon lesquelles le régime iranien aurait tiré deux missiles balistiques en direction de navires passant à proximité, une allégation que le régime a démentie. Par ailleurs, Reuters a rapporté que les banques de Dubaï détiennent depuis longtemps d’importants dépôts liés à l’Iran et qu’une part significative de ces fonds n’a concrètement pas pu être transférée en raison des sanctions américaines.
À ce jour, les autorités des Émirats arabes unis n’ont annoncé aucune mesure de saisie ou de gel des avoirs de l’Iran, des banques iraniennes ou des citoyens iraniens. Néanmoins, la conjonction de la crise du carburant, de la perspective d’une hausse du prix de l’essence, des restrictions commerciales et du risque de blocage des ressources financières illustre avec plus d’acuité la pression économique qui pèse sur le régime iranien. S’ajoutant au projet de Washington d’intensifier les sanctions, ces pressions mettent davantage en évidence le coût de la crise économique et des politiques régionales du régime.

