IranNucléaireNucléaire : l’Iran s’entête, les Etats-Unis envisagent des sanctions

Nucléaire : l’Iran s’entête, les Etats-Unis envisagent des sanctions

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Le Figaro, 13 avril – Le négociateur en chef du dossier nucléaire iranien, Ali Larijani, a rejeté jeudi l’appel du chef de l’AIEA, Mohamed ElBaradei, à suspendre l’enrichissement d’uranium. Jeudi soir, Condoleeza Rice évoque le possible recours au chapitre sept de la charte des Nations Unies, prévoyant, entre autres, des sanctions et le recours à la force.

L’Iran a opposé une fin de non recevoir à la demande de suspendre son enrichissement d’uranium, exprimée à Téhéran jeudi par le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Mohamed ElBaradei. « Du moment que nous coopérons de manière constructive avec l’Agence, que ElBaradei est là et que les inspecteurs et les caméras de l’Agence sont en Iran, de telles propositions ne sont pas très importantes pour régler le problème » posé par la poursuite du programme nucléaire iranien, a simplement déclaré le chef des négociateurs de ce programme, Ali Larijani.

Un énième refus qui a provoqué la réaction immédiate des Etats-Unis. « Quand le Conseil de sécurité se réunira, il faudra bien qu’il y ait certaines conséquences pour cet acte, pour ce défi, et nous allons examiner toutes les options dont dispose le Conseil de sécurité », a déclaré Condoleeza Rice. « Une chose que le Conseil de Sécurité possède et que l’AIEA n’a pas, c’est la possibilité de contraindre, par le biais des résolutions dans le cadre du chapitre sept, les Etats membres de l’Onu à obéir à la volonté du système international », a-t-elle ajouté.

LE CHAPITRE 7

Le chapitre sept de la Charte des Nations Unies, intitulé « Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression », prévoit, entre autres, l’imposition de sanctions, telles que « l’interruption complète ou partielle des relations économiques et des communications ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radioélectriques et des autres moyens de communication, ainsi que la rupture des relations diplomatiques ».

Mais dans son article 42, le chapitre 7 évoque également le recours à la force. « Si le Conseil de sécurité estime que les mesures prévues à l’Article 41 [sanctions »> seraient inadéquates ou qu’elles se sont révélées telles, il peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu’il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales. »

Simples sanctions économiques ou recours à la force, Condoleeza Rice n’a pas précisé l’intention des Etats-Unis.

« Je suis certaine que nous allons examiner les mesures qui peuvent être prises pour s’assurer que l’Iran sache qu’il n’a pas d’autre choix que d’obéir », a poursuivi la chef de la diplomatie américaine. « Il ne fait aucun doute que l’Iran continue de défier la communauté internationale, alors même que la communauté internationale lui a dit très clairement : ça suffit », a-t-elle insisté.

Un peu plus tôt jeudi, la Maison-Blanche avait réclamé des « mesures supplémentaires » contre l’Iran de la part du Conseil de sécurité, sans préciser lesquelles, et avait refusé de « spéculer » sur d’éventuelles sanctions.

ELBARADEI NE CONFIRME PAS L’ENRICHISSEMENT D’URANIUM

Alors qu’à son arrivée à Téhéran jeudi, Mohamed ElBaradei espérait « convaincre l’Iran de prendre des mesures permettant l’établissement de la confiance, incluant la suspension des activités d’enrichissement de l’uranium, jusqu’à ce que les questions en suspens sur son programme nucléaire soient clarifiées », sa visite n’a semble-t-il rien changé.

Le directeur de l’AIEA a simplement fait état d’une « bonne discussion », et d’« échanges de vues » sur les moyens pour l’Iran de se plier à la volonté de la communauté internationale. Tout au plus, l’Iran et l’AIEA sont convenus de « poursuivre un dialogue intensif dans les semaines à venir afin de pouvoir avancer sur cette question difficile et importante », a-t-il expliqué.

Mohamed ElBaradei a toutefois indiqué ne pas pouvoir à ce stade « confirmer » que Téhéran avait bel et bien commencé ses travaux d’enrichissement d’uranium. « Nos inspecteurs ont pris des échantillons, ils en rendront compte au Conseil des gouverneurs » de l’AIEA, a-t-il expliqué. Le Conseil de sécurité a donné à Téhéran jusqu’au 28 avril pour suspendre son enrichissement d’uranium.

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