IranNucléaireL'ayatollah Khamenei soutient la ligne dure de Téhéran

L’ayatollah Khamenei soutient la ligne dure de Téhéran

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Le numéro un iranien a affirmé que son pays ne devait pas céder aux Occidentaux.

Le Figaro, 5 juin – L’Iran ne cédera pas. Hier, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a rejeté implicitement l’idée de suspendre l’enrichissement d’uranium avant même la formulation officielle de nouvelles propositions des grandes puissances.

Dans un discours retransmis à la télévision, le numéro un iranien a estimé que son pays ne devait pas abandonner ses «avancées scientifiques». «Nous ne devrions pas céder cette ressource précieuse face aux menaces des ennemis et ne devrions pas être dupés par les pots-de-vin de l’ennemi», a-t-il martelé, qualifiant même le programme nucléaire d’«investissement historique».

Ces déclarations n’ont rien de vraiment surprenantes. Dès samedi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait affirmé que la question de l’enrichissement d’uranium n’était pas négociable, tout en précisant que Téhéran restait prêt à examiner les propositions des grandes puissances. Les paroles d’Ali Khamenei, la plus haute autorité de l’État, ne font que renforcer la ligne du régime. L’ayatollah a d’ailleurs également brandi la menace d’une possible utilisation de l’arme du pétrole en représailles à une éventuelle action américaine contre son pays : «Si vous faites une seule erreur au sujet de l’Iran, l’approvisionnement en énergie sera certainement en sérieux danger.»

«Pots-de-vin» et «menaces»

Jeudi dernier, les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, associés à l’Allemagne, s’étaient mis d’accord sur une offre à l’Iran, visant à le convaincre de suspendre son enrichissement d’uranium. Le texte précis de la proposition internationale n’a pas été rendu public mais elle contiendrait à la fois des mesures incitatives et des mesures contraignantes du Conseil de sécurité de l’ONU en cas de rejet par les Iraniens. Ce marché doit être transmis au gouvernement iranien par le haut représentant de l’Union européenne (UE) pour la politique extérieure, Javier Solana.

L’ayatollah Khamenei n’a guère semblé séduit par cette offre en deux volets qualifiés de «pots-de-vin» pour l’un et de «menaces» pour l’autre. Il a averti : «Quiconque menace nos intérêts constatera la dureté de notre colère.» Mais plus que sur ce ton martial, le guide suprême iranien semble compter sur les divisions de la communauté internationale pour imposer son point de vue. Selon lui, «il n’y a pas de consensus contre l’Iran», car la pression sur la République islamique est le seul fait «des Américains et de leurs alliés». En revanche, a-t-il assuré, l’Iran peut s’appuyer sur le soutien du mouvement des non-alignés et des pays de l’Organisation de la conférence islamique (OCI). Quant aux Européens, «qui agissent en médiateurs», ils ne reprennent d’après lui «les positions américaines» que «sous la pression». «Ils nous disent en secret qu’ils ne croient pas non plus à l’existence d’un consensus» a-t-il affirmé.

Téhéran apparaît également parier sur les divergences d’intérêts entre les États-Unis d’une part, et les Européens et les Russes d’autre part. «Nous avons de bonnes et saines relations avec l’Europe et dès qu’ils auront besoin de notre gaz, ces relations seront encore meilleures.» Dans la Russie, le guide voit son allié le plus stable avec «des intérêts communs», notamment dans son opposition aux Américains.

Hier, Condoleezza Rice a minimisé les menaces proférées par Téhéran, notamment celle d’utiliser «l’arme du pétrole». «Je pense qu’il ne faut pas trop donner d’importance à ce type de menace, a expliqué la secrétaire d’État américaine. Après tout, l’Iran est aussi très dépendant des revenus pétroliers.»

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