IranNucléaireBush et Ahmadinejad s'affrontent dans leurs discours à l'ONU

Bush et Ahmadinejad s’affrontent dans leurs discours à l’ONU

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AFP, New York (Nations Unies), 19 septembre – Par Christophe de ROQUEFEUIL – Les présidents américain George W. Bush et iranien Mahmoud Ahmadinejad se sont vivement opposés mardi à l’ONU, dans deux discours à quelques heures d’intervalle, sur fond de crise au sujet du programme nucléaire iranien.

M. Bush a accusé le régime iranien d’être le « principal obstacle » à la prospérité et la liberté de la population de son pays, M. Ahmadinejad lui répondant par un virulent réquisitoire contre la politique des « prétendus champions de la démocratie » au Proche-Orient.

Les deux hommes ont pris soin de s’éviter à New York, mais ces interventions le même jour devant la 61e Assemblée générale de l’ONU ont donné un relief particulier à leurs attaques réciproques.

S’adressant au peuple iranien, M. Bush a déclaré que « le principal obstacle entre vous » et un avenir meilleur, c’est que « vos dirigeants ont décidé de vous dénier votre liberté et d’utiliser les ressources du pays pour financer le terrorisme, alimenter l’extrémisme et se doter d’armes nucléaires ».

Les deux dirigeants ont toutefois donné peu d’indications sur la manière de dénouer la crise sur le programme nucléaire iranien.

M. Bush, qui a toujours refusé d’écarter le recours à la force militaire pour empêcher l’Iran de produire l’arme atomique, a cependant affirmé sa volonté de trouver une issue diplomatique.

M. Ahmadinejad a une nouvelle fois promis que son pays ne cherchait pas à se doter de la bombe. « Toutes nos activités nucléaires sont transparentes, pacifiques et sous l’oeil attentif des inspecteurs de l’AIEA », l’Agence internationale de l’énergie atomique, a-t-il assuré.

Le président iranien a fustigé le « triste bilan » de ceux qui ont déjà utilisé l’arme atomique, une allusion directe aux Etats-Unis, qu’il a aussi accusés de manipuler le Conseil de sécurité de l’ONU à leur profit.

M. Ahmadinejad a consacré une large partie de son temps à la tribune à pourfendre l’action américaine en Irak, où Washington est « incapable d’établir la sécurité » ou au Liban, où les Etats-Unis n’ont « pas appelé à un cessez-le-feu » après l’offensive israélienne contre le Hezbollah.

Le dossier du nucléaire iranien était examiné dans la soirée de mardi par les ministres des Affaires étrangères des six puissances engagées dans la recherche d’une solution (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne), plus l’Italie.

Le président français Jacques Chirac a développé son idée d’un double « geste de bonne volonté » pour relancer des négociations: suspension par l’Iran de l’enrichissement d’uranium, en échange d’une suspension des démarches pour obtenir des sanctions contre Téhéran à l’ONU.

Cette première journée des débats de l’Assemblée générale a également vu de nombreux appels en faveur d’une relance du processus de paix israélo-palestinien.

Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, MM. Bush et Chirac et le président pakistanais Pervez Musharraf, tout comme le roi de Jordanie Abdallah II, ont appelé à relancer urgemment les négociations de paix.

Le Quartette international (Etats-Unis, Russie, ONU, Union européenne) sur le Proche-Orient doit se réunir mercredi à New York pour décider de la marche à suivre à l’égard d’un gouvernement palestinien d’union nationale, sur fond de divergences entre Européens et Américains.

La crise au Darfour, dans l’ouest du Soudan, a également tenu une place importante dans les débats, avant un sommet mercredi à New York du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine sur ce sujet.

M. Bush a réclamé de l’ONU qu’elle agisse pour surmonter le refus de Khartoum d’une force onusienne au Darfour mais son homologue soudanais, Omar el-Béchir, a dénoncé un « complot sioniste » pour démembrer son pays et piller ses ressources.

Conséquence du coup d’Etat à Bangkok, le Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra, venu participer aux travaux de l’ONU, n’a pu que regarder impuissant son renversement à la télévision, depuis un grand hôtel de New York.

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