Iran Focus, Londres, 23 septembre Ce qui suit est la transcription de linterview de la ministre des Affaires étrangères britannique, Margaret Beckett, dans lémission Today Programme sur Radio 4 le 20 septembre :
INTERVIEWER :
Le monde, ou tout du moins lOccident qui inclut la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, pense que lIran poursuit un programme de développement darmes nucléaires, et veut que cela sarrête. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, affirme que son programme denrichissement nucléaire a pour objectif la génération dénergie nucléaire pacifique et quil na pas lintention de le stopper. De plus, hier soir, il a prononcé un discours devant les Nations Unies, sur un ton de défi comme à son habitude, et est même allé plus loin en disant que la Grande-Bretagne et lAmérique se servaient du Conseil de Sécurité de lONU pour arriver à leurs fins.
Notre correspondant Mike Wooldridge était présent.
PRESENTATEUR :
Jai lhonneur daccueillir aux Nations Unies Son Excellence M. Mahmoud Ahmadinejad
MIKE WOOLDRIDGE (CORRESPONDANT BBC) :
Le leader iranien a soulevé beaucoup de controverses ici lannée dernière lorsquil a déclaré quIsraël devait être rayé de la carte. Cette fois, lONU faisant pression pour que son pays cesse ses activités denrichissement duranium, le président Ahmadinejad a consacré pratiquement tout son discours à remettre en question la légitimité du Conseil de Sécurité.
PRESIDENT MAHMOUD AHMADINEJAD (TRADUCTION DE LINTERPRETE) :
Toutes nos activités nucléaires sont transparentes, pacifiques et sous lil vigilant des inspecteurs de lAIEA. Pourquoi y a-t-il donc des objections à nos droits légalement reconnus ? Quels gouvernements protestent contre ces droits ? Les gouvernements qui bénéficient eux-mêmes de lénergie nucléaire grâce au cycle du combustible. Certains dentre eux ont abusé de la technologie nucléaire à des fins non pacifiques, avec par exemple la production de bombes nucléaires, et certains mêmes les ont utilisées dans le passé contre lhumanité.
MIKE WOOLDRIDGE :
Dans une attaque préventive contre la menace de sanctions en raison de ses activités nucléaires, M. Ahmadinejad a évoqué certains membres permanents du Conseil de Sécurité en menaçant délibérément les autres dune action du Conseil. Il a abordé le sujet du dernier conflit au Liban et a déclaré que le monde avait été témoin que le Conseil de Sécurité était quasiment dans lincapacité même dappeler à un cessez-le-feu en raison de certaines puissances. Puis il a poursuivi en demandant si dans le cas où les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, en tant que membres permanents du Conseil de Sécurité, commettaient une agression, le Conseil dont ils sont des membres privilégiés pouvait leur demander des comptes.
PRESIDENT MAHMOUD AHMADINEJAD :
Nous devons admettre que tant que le Conseil est incapable dagir au nom de la communauté internationale toute entière de façon transparente, juste et démocratique, il ne sera ni légitime ni efficace.
MIKE WOOLDRIDGE :
Plus tôt dans la journée, tandis que le président Bush prononçait son discours au siège de lONU, les écriteaux brandis vers le ciel par des manifestants dans la rue portaient linscription « Pas de guerre contre lIran ».
Le fossé entre les commentaires de M. Bush sur lIran et le discours du président Ahmadinejad na fait que renforcer lidée quune solution rapide à la crise nucléaire nétait pas dactualité.
La ministre des Affaires étrangères britannique, Margaret Beckett, a rencontré son homologue iranien dans la journée, mais lorsque je lui ai parlé ensuite, elle a déclaré ne pas connaître clairement les intentions de lIran.
MARGARET BECKETT :
Et bien, je pense que nous avons été très patients. La communauté internationale est vraiment désireuse de négocier, nous pensons que cest la meilleure stratégie à adopter. Il nest toujours pas évident pour moi que lIran veuille vraiment négocier.

