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La visite en Iran d’un éminent démocrate provoque la stupéfaction

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Iran Focus, Londres, 13 octobre – La visite ce mois-ci d’un haut responsable de l’administration Clinton pendant cinq jours en Iran a alimenté les rumeurs parmi les experts politiques iraniens selon lesquelles certains leaders du Parti démocrate tenteraient de mettre en place des voies de communication non officielles avec Téhéran, dans le but de déjouer les plans de l’administration Bush dans le dossier épineux iranien.

Un haut membre du ministère des Affaires étrangères iranien aurait déclaré jeudi selon les journaux gouvernementaux de Téhéran que James Rubin, porte-parole en chef du département d’Etat américain entre 1997 et 2000, s’était rendu récemment en Iran pour rendre visite à un parent de sa femme d’origine iranienne, Christiane Amanpour, correspondante internationale en chef de CNN.

Ce haut responsable iranien a indiqué que Rubin était entré en Iran après « avoir reçu un visa et à la suite de procédures légales » ajoutant que Rubin n’avait rencontré aucun officiel iranien pendant sa visite.

Aussi bien cette annonce que la demande officielle d’anonymat de ce haut responsable constitue un fait inhabituel pour les Iraniens. Le haut responsable du ministère des Affaires étrangères réagissait en fait aux informations qui étaient apparues plus tôt cette semaine sur Baztab, site Internet en persan appartenant à Mohsen Rezai, ancien commandant des Gardiens de la Révolution très proche du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

« Baztab a appris que James Rubin… était venu en visite secrète en Iran la semaine dernière », a rapporté mardi le site Internet. « Les autorités iraniennes n’ont fait aucun commentaire jusqu’à présent confirmant ou non ces informations et les efforts visant à en savoir plus sur les personnes que Rubin a rencontrées en Iran sont restés sans résultat. »

Le site Internet cite l’envoyé spécial à Téhéran du Britannique Sky News (pour lequel Rubin travaille régulièrement en tant que reporter) affirmant que l’ancien haut responsable américain était parti en visite en Iran en compagnie de sa femme et avait visité les villes de Téhéran, Qom et Ispahan.

« Il ne s’agissait que d’une visite familiale ; ils n’ont rencontré aucune personnalité officielle », a affirmé Siamak Zand, correspondant à Sky News, au site Baztab.

Sa visite surprise au milieu de tensions croissantes entre l’administration du président George W. Bush et le gouvernement radical iranien a provoqué la stupéfaction de beaucoup des deux côtés de l’Atlantique.

« Sa venue est probablement aussi insignifiante que le gouvernement iranien le dit : une visite familiale banale », a déclaré Hassan Baradaran, spécialiste des affaires iraniennes basé à Paris. « Mais si les Démocrates avaient voulu envoyer quelqu’un à Téhéran pour prendre la température, Rubin était l’homme idéal. »

Baradaran a fait remarquer que du point de vue de Téhéran, Rubin avait les références adéquates: il était haut conseiller en politique étrangère de l’ancien président Bill Clinton et conseiller à la sécurité nationale du candidat démocrate à la présidentielle, John Kerry. Aussi bien Kerry que Clinton critique sévèrement la politique iranienne de l’administration Bush, et prône une approche plus conciliatrice de Téhéran ainsi que la recherche d’un éventuel « grand pacte ».

« L’Iran et la manière de gérer la crise croissante produite par le programme nucléaire de Téhéran, son rôle en Irak et au Liban et les autres points d’ignition au Moyen-Orient pourraient devenir le débat de politique étrangère le plus important des prochaines élections présidentielles aux Etats-Unis », a déclaré Baradaran. « L’Iran sera certainement un point à débattre très important pour tout candidat démocrate en 2008 et certains pourraient être tentés de se pré-positionner. »

Alors que le moment et les circonstances de la visite de Rubin à Téhéran donnent lieu à bien des conjectures parmi les Iraniens en Iran et ailleurs, les experts mettent en garde contre toute comparaison à la « Surprise d’octobre », prétendu complot dans lequel les représentants de la campagne présidentielle de Ronald Reagan de 1980 s’étaient entendus avec la République islamique d’Iran pour retarder la libération des otages américains à Téhéran jusqu’au lendemain des élections présidentielles de 1980 aux USA. Ces accusations n’ont jamais été avérées.

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