IranIran (actualité)La nature des difficultés de l'Iran

La nature des difficultés de l’Iran

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Iran Focus, 14 mars – Éditorial – Le régime iranien continue sa course folle vers la bombe atomique, déclenchant un enfer de violence et de chaos en Irak et dans le reste du Moyen-Orient le long de son chemin. En attendant, la majorité de la population iranienne s’est retrouvée confinée dans la tempête économique qui fait rage à l’intérieur des frontières de l’Iran.

Les prix élevés des matières premières de base étranglent une population déjà écrasée par un niveau de vie incroyablement bas. Le peuple iranien a à peine l’occasion de se plaindre et d’exprimer sa misère. Alors que durant sa campagne en 2005, Mahmoud Ahmadinejad avait promis de mettre les revenus pétroliers, un record de 69 milliards de dollars l’an dernier, sur les tables de cuisine du peuple.

Du pain à la viande, des couches culottes au linge de maison, il n’y a presque aucun produit qui ne se soit transformé en article luxueux hors de portée pour la majorité.

Par exemple, les importations croissantes de farine par le régime, ainsi que des agriculteurs durement frappés par des parasites, sont les causes principales d’une hausse de 60 % du prix du pain en à peine quelques mois. Le produit alimentaire le plus commun sur les tables iraniennes, le riz, a connu une hausse de près de 150 %.

Sur les places principales de Téhéran, des femmes au chômage marquées par des tchadors noirs sont assises sur le chemin, offrant désespérément tout et n’importe quoi à vendre aux badauds, des chaussettes aux épingles à cheveux. Leurs yeux las restent néanmoins en alerte pour les Forces de sécurité de l’Etat (FSE) qui ont tendance à les disperser avec violence ou à les arrêter en public. Mais, certaines finissent par oublier leur environnement, trop occupées à calme leurs bébés affamés qui pleurent.

Les jeunes critiquent le manque d’emplois et les personnes âgées se plaignent de n’avoir pas accès aux soins médicaux et à des médicaments.

La pauvreté et les difficultés économiques poussent beaucoup de gens à trouver refuge dans la drogue ou à s’enfoncer dans d’autres types de fléau social. Des histoires de jeunes déprimés, tués par l’alcool ou la drogue, des jeunes femmes se suicidant par le feu et de médicaments trafiqués qui finissent par tuer ou nuire à des milliers, sont si courantes, qu’elles remplissent les colonnes des journaux.

Les loyers sont montés en flèche ces derniers mois, jusqu’à sept fois plus chers dans certains quartiers de la capitale, rendant difficile ou impossible pour beaucoup d’acheter ou de louer un toit. Les experts affirment qu’il manque plus de trois millions de logements en Iran et les demandent augmentent de jour en jour. Selon des estimations officielles, presque un quart des familles iraniennes ne possèdent pas de maison, la moitié ayant des revenus trop bas.

La situation économique et sociale lugubre, et le voile sombre de la répression, ont formé la base d’un bouillonnement de protestations. Selon des sources de l’opposition iranienne, plus de 5000 protestations et manifestations hostiles au pouvoir ont secoué l’Iran uniquement l’an passé. Au milieu des pendaisons publiques et télévisées, que le régime utilise pour répandre la peur dans une population désabusée, le nombre de protestations ne cesse néanmoins de grandir.

Saisissant le potentiel dévastateur du mécontentement populaire, le régime iranien continue à gouverner avec une poigne de fer impitoyable. Par exemple, les témoins oculaires rapportent que près de la place Haft-Hoz à Téhéran, où il y avait avant environ quatre ou cinq voitures des FSE qui manœuvraient dans la rue, le nombre est aujourd’hui proche de 13 ou 14, avec davantage d’agents à pied gardant l’œil sur les sur les emplacements voisins. Des policiers en civils se mélangent aussi aux citoyens ordinaires dans les endroits où il y a de grandes chances de voir éclater des manifestations, comme les cités universitaires.

À l’apogée de la Deuxième Guerre mondiale, l’auteur George Orwell écrivait : “Une des principales caractéristiques du régime fasciste est le nombre incroyable de policiers qu’il emploie.” Leur simple existence, ajoutait Orwell, montre la nature des difficultés des Nazies. La situation en Iran lui ressemble de manière saisissante. Il y a des forces de sécurité de toutes sortes dans le pays, y compris une pour les « mal-voilées » et même une pour la montagne, afin de contenir une population de plus en plus amère. On gaspille ainsi inévitablement des ressources de la nation dans la machine de la répression tandis qu’une population agitée attend l’occasion de se lever sur les cendres d’une économie en ruines.

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