Lundi 14 avril, l’Union européenne a annoncé de nouvelles sanctions contre sept responsables judiciaires et sécuritaires du régime iranien, ainsi que deux institutions affiliées, en réponse à la politique organisée de prises d’otages et de violations flagrantes des droits humains menée par l’Iran.
Selon Reuters, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont décidé, lors de leur récente réunion, de réagir fermement à la tendance croissante aux détentions arbitraires, en particulier celles visant des citoyens européens. L’UE a qualifié ces arrestations de « prises d’otages soutenues par l’État » et a exigé la cessation immédiate de cette pratique. Cette politique, combinée au sombre bilan du régime en matière d’exécutions massives, de torture et de conditions de détention effroyables, est devenue un symbole de la répression systématique de l’Iran.
Des sources diplomatiques ont confirmé que les sanctions comprennent des interdictions de voyager et des gels d’avoirs sur le territoire de l’UE. Toutes les personnes sanctionnées sont des personnalités clés de l’appareil judiciaire et sécuritaire iranien, directement impliquées dans la répression de la dissidence, les condamnations à mort et la mise en œuvre des politiques de prises d’otages.
Personnes sanctionnées par l’Union européenne
Les personnalités suivantes ont été citées parmi les personnes sanctionnées :
Abbasali Houzan, juge à la 36e chambre de la Cour d’appel de Téhéran, a joué un rôle central dans le maintien de lourdes peines prononcées contre des dissidents politiques, des femmes protestant contre les lois sur le hijab obligatoire et des minorités religieuses, notamment les bahaïs.
Hedayatollah Farzadi, directeur de la prison d’Evin, a été sanctionné pour avoir imposé de sévères restrictions aux prisonniers politiques, notamment la coupure des communications et des visites, et le recours généralisé à l’isolement.
Mehdi Nemati, responsable de la protection et du renseignement des prisons de la province de Fars, supervise la prison centrale de Chiraz (Adelabad), devenue un lieu d’exécutions massives, notamment de minorités ethniques et religieuses, et de détention d’otages étrangers.
Kamran Zare, juge à la cour d’appel de Chiraz, est accusé d’avoir rendu des jugements injustes à l’encontre de manifestants politiques et de fidèles de religions persécutées.
Violations des droits humains
Mahmoud Sadati, juge à Chiraz, a joué un rôle actif dans les condamnations à mort, l’obtention d’aveux forcés et la violation générale des normes d’équité des procès pour les militants politiques et les minorités religieuses.
Ali Salehi, procureur de Téhéran, est un acteur clé dans les poursuites systématiques contre les femmes manifestant contre le hijab obligatoire, les étudiantes et les militants du mouvement civil. Il est également accusé d’avoir émis et appliqué des ordres d’exécution et d’avoir eu recours à la torture.
Mohammad Khosravani, procureur spécial près le tribunal de Chiraz, est impliqué dans des détentions arbitraires, des pressions exercées sur des accusés politiques et la répression des minorités.
Outre ces personnes, deux institutions ont également été sanctionnées :
La prison centrale de Chiraz (Adelabad), pour violations systématiques des droits humains, exécutions massives, conditions de détention inhumaines et emprisonnement illégal d’otages européens.
La première chambre du tribunal de Chiraz, pour avoir rendu des jugements injustes, réprimé les manifestants et les minorités, et mis en œuvre les politiques répressives du régime iranien.
Un sombre bilan de violations des droits humains
Ces sanctions constituent une réponse symbolique à une fraction seulement de l’appareil répressif du régime iranien, un régime qui a une longue tradition de prises d’otages, de diplomates et de binationaux à des touristes et des journalistes, et qui affiche l’un des taux d’exécution les plus élevés au monde.
Les dernières sanctions de l’UE, ainsi que plus de 70 résolutions internationales condamnant le régime iranien pour violations des droits humains, montrent que la communauté internationale ne peut plus rester silencieuse face à la répression persistante.
Bien que ces mesures n’aient pas encore inclus de mesures plus décisives, comme la déférer des responsables du régime devant les tribunaux internationaux, elles mettent en évidence l’érosion croissante de la légitimité du régime sur la scène internationale.

