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L’ombre pesante des sanctions de type « snapback » pèse sur le régime iranien

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Jeudi 28 août, les trois puissances européennes ont déclenché le mécanisme de « snapback » (rétablissement des sanctions onusiennes), lançant ainsi le processus de rétablissement des sanctions internationales antérieures.

Le 27 août, un rapport d’analyse du Département des affaires internationales de la Chambre de commerce iranienne a été publié dans les médias et sur les réseaux sociaux. Il présente trois scénarios pour l’économie du pays en cas de mise en œuvre des sanctions de type « snapback ».

Les trois scénarios « non confirmés » de la Chambre de commerce
Le rapport, s’appuyant sur l’expérience des sanctions passées et des pressions multilatérales, a examiné les perspectives d’indicateurs tels que le taux de change, l’inflation, la croissance économique et le chômage.

Selon le rapport, dans le « scénario optimiste », l’économie iranienne, même avec le retour des sanctions, pourrait au mieux enregistrer une croissance positive de 1,5 %. Dans ce cas, le dollar (actuellement autour de 1 060 000 rials) grimperait à environ 1 150 000 rials, l’inflation atteindrait 60 %, le chômage atteindrait 10,5 % et la valeur boursière augmenterait d’environ 120 milliards de dollars.

Selon le « scénario probable », le résultat le plus probable serait une stagflation. Le dollar grimperait à 1 350 000 rials, l’inflation culminerait à 75 %, la croissance économique chuterait à -1 %, le chômage atteindrait 12 % et la valeur boursière se contracterait à 90 milliards de dollars.

Le rapport a également présenté un « scénario pessimiste », décrivant les perspectives les plus sombres comme une envolée du dollar à 1 650 000 rials, une inflation supérieure à 90 % et un chômage à 14 %. La croissance économique chuterait de 3 %, aggravant la récession, tandis que la bourse s’effondrerait à 65 milliards de dollars. Le rapport attribue ces perspectives à la combinaison de la diminution des réserves de devises étrangères, des restrictions sur les ventes de pétrole, des anticipations inflationnistes accrues et des risques géopolitiques.

Le rapport « non confirmé » de la Chambre de commerce a été publié à un moment où le marché des changes traversait une période de turbulences, le dollar dépassant déjà la barre des 1 060 000 rials.

Le récit de Tasnim sur « l’effet psychologique » du retour à la normale
En revanche, l’agence de presse Tasnim, affiliée au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), a rejeté l’analyse non confirmée de la Chambre de commerce, la jugeant « attisant les tensions », affirmant que les « effets psychologiques » du retour à la normale l’emportent sur son impact réel.

Tasnim a également jugé inexacte la comparaison de la situation actuelle avec celle du début des années 2010, arguant que l’économie iranienne avait déjà subi certains effets des sanctions et développé des mécanismes alternatifs pour les ventes de pétrole et le commerce extérieur.

Tasnim a également affirmé que les exportations de pétrole ne dépendaient plus des intermédiaires européens, affirmant que l’Iran avait créé de nouvelles routes et que, malgré les récompenses américaines pour l’identification d’acheteurs de pétrole iranien, il avait réussi à stabiliser ses ventes à 1,8 million de barils par jour.

La mise en œuvre du « snapback » entraînerait, au moins sur le plan diplomatique, un isolement accru du régime iranien. Le retour officiel des sanctions de l’ONU pourrait renforcer la légitimité internationale des mesures prises contre le régime et donner aux pays occidentaux davantage de poids pour coordonner leurs pressions.

D’un point de vue économique, même si une grande partie des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU avaient déjà porté leurs fruits, l’impact psychologique et politique de leur retour pourrait peser davantage sur les investissements étrangers, les transactions financières et le climat des affaires.

L’économie iranienne étant déjà aux prises avec une inflation galopante, des déficits budgétaires chroniques et des fluctuations monétaires, tout nouveau choc pourrait accentuer cette fragilité.

Ce qui est certain, en revanche, c’est que l’économie iranienne, que le scénario soit optimiste ou pessimiste, est sur une trajectoire difficile.

Conséquences du « snapback » pour l’économie iranienne
Le « snapback » est un mécanisme prévu dans l’accord nucléaire de 2015 avec le régime iranien. Il permet à tout membre de l’accord (JCPOA) de rétablir toutes les sanctions suspendues de l’ONU contre l’Iran en cas de « violation grave », sans possibilité de veto du Conseil de sécurité, dans un délai maximum de 30 jours.

Une fois le « snapback » activé, toutes les sanctions antérieures du Conseil de sécurité de l’ONU – y compris l’interdiction d’achat et de vente d’armes conventionnelles, les sanctions liées aux missiles et la liste noire d’individus et d’entités – redeviennent juridiquement contraignantes, obligeant tous les pays à s’y conformer.

Le retour des sanctions de l’ONU ne constitue pas nécessairement une autorisation d’action militaire contre l’Iran, mais il accentue l’isolement politique du régime et renforce des coalitions plus larges. Parallèlement, Téhéran a menacé de limiter sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), voire de proposer des options plus dures en réponse – des mesures qui pourraient réduire encore davantage la marge de négociation et accroître le risque de guerre.

L'ombre pesante des sanctions de type « snapback » pèse sur le régime iranienAvec le retour en arrière activé, non seulement les risques juridiques vont s’accélérer, les coûts de transaction augmenter et les canaux financiers et commerciaux se resserrer, mais les divisions politiques vont également s’approfondir, rendant tout retour au dialogue plus coûteux.

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