Le système de tarification de l’essence à trois niveaux est entré en vigueur dans tout le pays samedi 13 décembre. L’essence subventionnée reste proposée à 15 000 et 30 000 rials, tandis que la surconsommation, ainsi que l’essence destinée aux véhicules gouvernementaux, aux voitures importées et à certains véhicules haut de gamme, seront facturées à 50 000 rials.
Avec la mise en œuvre de la nouvelle résolution du gouvernement, la tarification de l’essence en Iran entre dans une nouvelle phase. Fereydoun Yasemi, directeur de la branche téhéranaise de la Compagnie nationale iranienne de distribution de produits pétroliers, a déclaré lors d’un entretien avec la télévision d’État que, dès ce jour, l’essence est vendue à trois tarifs : 15 000, 30 000 et 50 000 rials.
Le gouvernement iranien justifie cette mesure par la forte augmentation de la consommation d’essence et le déséquilibre entre l’offre et la demande. Selon les statistiques officielles, la consommation quotidienne d’essence en Iran atteint environ 135 millions de litres, tandis que la production nationale est estimée à environ 110 millions de litres au mieux.
Ce déficit contraint le gouvernement à dépenser chaque année des milliards de dollars en importations d’essence, un montant qui, d’après les responsables du régime, pèse lourdement sur les réserves de change du pays.
Selon ces mêmes responsables, le prix de chaque litre d’essence importée est d’environ 660 000 rials, et le coût de production national avoisine les 100 000 rials. Ils avancent ainsi l’argument selon lequel, même avec un tarif de 50 000 rials, la majeure partie des coûts de carburant reste prise en charge par l’État.
En vertu de cette résolution gouvernementale, le nouveau tarif correspond à 10 % du prix d’achat de l’essence auprès des raffineries.
Les autorités iraniennes affirment que le gouvernement achète chaque litre d’essence à 340 000 rials. Or, des évaluations indépendantes antérieures estiment ce prix à 250 000 rials, dont seulement 35 000 rials environ correspondent au coût de production de l’essence, hors matières premières – soit environ 90 % de moins que le chiffre annoncé par le gouvernement.
Du point de vue des décideurs politiques, ce déséquilibre persistant dans le marché des carburants aggrave non seulement le déficit budgétaire, mais favorise également la contrebande et la surconsommation.
Un autre pilier de cette nouvelle politique consiste à réduire la dépendance aux cartes carburant des stations-service et à encourager les automobilistes à utiliser leurs cartes carburant personnelles. Le gouvernement affirme qu’en limitant l’offre d’essence bon marché et en instaurant une taxe plus élevée sur la surconsommation, il sera possible de mieux contrôler les habitudes de consommation et de lutter contre la contrebande.
Quant aux conséquences, le gouvernement assure que la mise en œuvre de ce plan aura un impact inflationniste limité. Les estimations officielles évaluent l’impact inflationniste du système de tarification de l’essence à trois niveaux à environ 0,2 %, et les autorités affirment que plus de 80 % des véhicules consomment la même quantité mensuelle de 160 litres.
Il a également été annoncé que les recettes générées par la vente d’essence à 50 000 rials seraient utilisées pour distribuer des bons d’achat et soutenir les ménages les plus modestes.
Cependant, le souvenir des précédents reste vivace. La dernière hausse importante du prix de l’essence, en novembre 2019, accompagnée d’une annonce soudaine des nouveaux tarifs, avait provoqué des manifestations et un climat de tension généralisée à travers le pays.
Suite à cet événement, le régime iranien a abordé la réforme des prix des carburants avec une plus grande prudence. Depuis, la hausse des prix de l’essence demeure l’un des sujets économiques et sociaux les plus sensibles.
Massoud Pezeshkian, président du régime iranien, avait déclaré que la hausse des prix de l’essence ne devait pas être une décision prise à la légère et qu’elle devait être mise en œuvre progressivement, en tenant compte des moyens de subsistance de la population. Il a également souligné les limites des ressources en devises étrangères et l’iniquité de la répartition des subventions sur les carburants.
Le régime iranien présente la mise en œuvre du système de tarification de l’essence à trois niveaux comme une combinaison de « préservation du modèle de soutien existant » et d’une réforme progressive de la structure de la consommation d’énergie.
Malgré les affirmations des responsables gouvernementaux selon lesquelles ils avaient planifié et préparé la mise en œuvre de ce plan, des images reçues par Iran International vendredi soir montrent de longues files d’attente devant certaines stations-service.

