Dans un rapport spécial publié le jeudi 1er mai 2025, l’agence de presse Reuters a révélé des documents confidentiels obtenus auprès de l’ambassade d’Iran à Damas. Ces documents révèlent l’ampleur du plan ambitieux du régime iranien visant à reconstruire l’économie syrienne et à faire du pays un pôle d’influence régionale. Le rapport illustre les ambitions expansionnistes de Téhéran en Syrie, qui ont finalement échoué avec la chute du régime de Bachar el-Assad.
Depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011, le régime iranien est devenu l’un des principaux soutiens du régime de Bachar el-Assad. L’Iran a fourni un soutien logistique, financier et en matière de formation, et a déployé des forces militaires, notamment des unités de la Force Al-Qods et des milices chiites, jouant un rôle crucial dans le maintien d’Assad au pouvoir. Ces efforts visaient à maintenir l’influence régionale de l’Iran, à sécuriser les voies d’approvisionnement du Hezbollah au Liban et à contrer ses rivaux régionaux tels qu’Israël et les États arabes.
Pendant la guerre civile syrienne, le régime iranien a dépensé des milliards de dollars pour soutenir Assad. Ces investissements comprenaient des projets d’infrastructures, la reconstruction des zones ravagées par la guerre et la création de réseaux économiques visant à consolider l’influence économique et politique de l’Iran en Syrie. Abbas Akbari, nommé en 2012 à la tête du Centre de développement des relations économiques Iran-Syrie, a joué un rôle clé dans l’avancement de ces projets. Des documents révèlent qu’il s’est inspiré du plan Marshall américain (le programme de reconstruction européenne de l’après-Seconde Guerre mondiale) comme modèle pour la reconstruction de la Syrie.
Cependant, ces ambitions se sont heurtées à de nombreux obstacles. La corruption financière, la mauvaise gestion et la résistance des groupes d’opposition en Syrie, ainsi que les pressions et sanctions internationales, ont empêché la pleine réalisation de ces plans. En décembre 2024, avec l’offensive des rebelles et la chute de Damas, le régime d’Assad s’est effondré. Les documents restants à l’ambassade du régime iranien, découverts par les forces d’opposition et les médias, ont révélé les détails de ces ambitieux programmes.
En avril 2024, une frappe aérienne attribuée à Israël a visé le consulat iranien à Damas, tuant sept hauts responsables de la Force Al-Qods, dont le général de brigade Mohammad Reza Zahedi, et aggravant les tensions entre le régime iranien et Israël. L’attaque a été condamnée par de nombreux pays, mais Israël a affirmé qu’il s’agissait d’une base militaire secrète de la Force Al-Qods.
Selon Reuters, un document de 33 pages préparé en mai 2022 par le département politico-économique de l’ambassade d’Iran à Damas révèle que l’Iran avait un plan ambitieux pour reconstruire la Syrie et y établir un empire économique. Le document détaille les investissements iraniens de plusieurs milliards de dollars dans les infrastructures, l’agriculture et l’industrie.
Le document évoque des opportunités économiques en Syrie s’élevant à plus de 400 milliards de dollars et suggère que l’Iran pourrait accroître son influence sur le gouvernement d’Assad grâce à la reconstruction du pays. Cependant, la chute rapide du régime d’Assad face aux rebelles de l’opposition, ainsi que le retrait précipité des diplomates et des milices du régime iranien, ont anéanti ces ambitions.
Des rapports indiquent également que d’autres documents, notamment des dossiers contenant des informations de renseignement, ont été découverts par un journaliste israélien de la chaîne israélienne Channel 12 à l’ambassade d’Iran. Ces documents révèlent les activités secrètes de l’Iran en Syrie, notamment la surveillance des groupes d’opposition et la coordination avec des milices mandatées par lui.

Ces plans ont complètement échoué avec la chute du régime d’Assad et les changements politiques rapides en Syrie. Cet échec a rendu inutiles les coûts financiers et humains considérables de l’Iran en Syrie et a mis en évidence les risques élevés des interventions régionales de Téhéran.

