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Le régime iranien restreint l’accès à Internet face à la montée des manifestations

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Avec l’intensification des manifestations à travers l’Iran, l’accès à Internet des citoyens est fortement restreint. Bien qu’aucun coup de réseau officiel n’ait été instauré à l’échelle nationale, contrairement à la guerre civile iranienne, l’accès des utilisateurs est, dans les faits, soit totalement interrompu, soit fortement perturbé. Cette situation a conduit les organisations internationales de surveillance d’Internet à s’abstenir de constater une coupure totale d’Internet en Iran.

Depuis samedi 3 janvier au soir, des rapports font état d’une forte baisse, voire d’une interruption, de l’accès à Internet dans diverses régions du pays, notamment dans les villes et les zones où les manifestations sont les plus importantes. Les rares utilisateurs qui ont réussi à envoyer des messages depuis ces zones indiquent que même l’envoi d’un simple SMS a parfois nécessité des heures d’efforts.

Les enquêtes montrent que la principale caractéristique de ces restrictions est leur application ciblée et localisée. Par exemple, à Téhéran, les zones où les manifestations ont été les plus nombreuses ont subi des restrictions d’Internet plus sévères. Ce schéma a entraîné des interruptions de l’accès à Internet mobile dans certaines villes, voire dans certains quartiers, tandis que dans d’autres zones, Internet restait disponible. La question principale est de savoir pourquoi Internet n’est pas totalement coupé en Iran. Lors des manifestations de novembre 2019, une coupure nationale d’Internet a suscité de vives réactions de la part des acteurs économiques et des entreprises dépendantes du numérique, exerçant une forte pression sur le gouvernement. À cette époque, le ministère des Communications et la Société d’infrastructure des télécommunications ont entrepris une refonte de la gestion de l’accès à Internet.

Dans ce cadre, l’accès à Internet des utilisateurs a été défini de manière hiérarchisée. Grâce au développement et à la modernisation des outils de filtrage, le trafic national et international a été séparé au niveau des opérateurs, permettant ainsi d’imposer des restrictions aux niveaux provincial, voire local.

Cette expérience semble avoir permis au régime iranien, lors des périodes de protestation, de maintenir un niveau d’utilisation d’Internet jugé à faible risque, tout en perturbant l’accès à l’Internet ouvert, aux plateformes de messagerie et aux outils de contournement du filtrage. Dans ces conditions, les organisations internationales de surveillance d’Internet, lorsqu’elles évaluent la situation en Iran, enregistrent les connexions actives, les performances des tests de débit et les données statistiques, mais dans les faits, les utilisateurs sont dans l’incapacité d’utiliser de nombreux services, notamment les applications de messagerie.

Ce type de perturbation, qui vise à réduire considérablement la qualité et l’efficacité d’Internet plutôt qu’à l’interrompre complètement, est appliqué de manière sélective et ciblée. Par exemple, dans les villes où des manifestations éclatent, l’accès à Internet est perturbé dans ces mêmes zones ; ou à Téhéran, lorsque la présence des manifestants dans les rues s’intensifie, l’accès à Internet mobile d’opérateurs tels que Hamrah-e Aval (la société de télécommunications mobiles d’État iranienne) et Irancell (l’un des principaux opérateurs mobiles du pays) est restreint, tandis que l’accès à Internet fixe à haut débit reste actif.

Il semble que le régime iranien ait cherché, autant que possible, à éviter le coût politique d’une coupure totale d’Internet, comme ce fut le cas pendant la guerre des douze jours. C’est pourquoi les perturbations sont appliquées de manière ciblée et technique.

Parallèlement, certains protocoles spécifiques, dont QUIC, utilisé par de nombreuses applications, navigateurs et outils de contournement du filtrage, ont été explicitement visés. En clair, Internet est théoriquement accessible, mais en pratique, son fonctionnement est loin d’être fiable.

Cette tendance montre qu’Internet, principal vecteur de communication pour les citoyens, Le régime iranien restreint l'accès à Internet face à la montée des manifestationsest soumis à des restrictions de sécurité en période de troubles sociaux. Dans les années 1980, le régime iranien coupait les communications téléphoniques internationales et les lignes câblées ; en 2009, les téléphones portables et les SMS étaient visés ; et depuis 2016, Internet est devenu le principal outil de contrôle des communications en temps de crise.

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