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L’influence clandestine et les réseaux d’infiltration du régime iranien en Europe

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Selon une enquête approfondie publiée par le quotidien français « Le Diplomate », un vaste réseau d’influence clandestine, finement structuré et mis en œuvre par le régime iranien, a profondément infiltré les sociétés, les élites et les centres de décision européens. Cette enquête détaillée révèle comment Téhéran, notamment depuis les négociations nucléaires de 2013-2015, a habilement combiné diplomatie traditionnelle et tactiques d’infiltration secrètes, utilisant les milieux universitaires, les think tanks, les associations culturelles et les réseaux parlementaires pour façonner la politique occidentale. Ces manœuvres stratégiques interviennent à un moment critique. Suite aux bouleversements géopolitiques de l’été 2025, les alliés régionaux de l’Iran sont considérablement affaiblis. Face à un isolement interne sans précédent après le massacre sanglant de manifestants lors des soulèvements populaires de décembre 2025 et janvier 2026, Téhéran s’appuie de plus en plus sur ses réseaux européens pour rompre son isolement diplomatique, contourner les sanctions et légitimer son emprise sur le pouvoir.

Les fondements de cette opération d’influence ont été mis au jour par de récentes fuites internationales, notamment les milliers de courriels de Mostafa Zahrani, ancien directeur du ministère iranien des Affaires étrangères, obtenus par Semafor. Ces communications ont révélé l’existence de l’« Initiative des experts iraniens » (IEI), un effort coordonné orchestré par des diplomates iraniens, dont Saeed Khatibzadeh, pour constituer un noyau d’Iraniens de la « seconde génération » vivant en Occident. Ces individus ont été stratégiquement placés au sein de prestigieux think tanks et institutions gouvernementales occidentaux afin de relayer le discours de Téhéran sous couvert d’analyses universitaires indépendantes. Parmi les personnalités impliquées dans ce réseau figurent Ariane Tabatabai, qui a obtenu des postes de haut niveau, assortis d’une habilitation de sécurité, au Pentagone et au sein de l’équipe de négociation nucléaire de Robert Malley, ainsi que Dina Esfandiary et Ali Vaez, de l’International Crisis Group. Leur rôle principal, selon le rapport, a consisté à influencer subtilement les capitales occidentales afin qu’elles se plient aux exigences de Téhéran concernant le programme nucléaire et les sanctions, tout en diffusant systématiquement le récit mensonger selon lequel aucune opposition démocratique crédible et organisée n’existerait contre le régime clérical.

La cartographie institutionnelle de cette infiltration est corroborée par le rapport des « Amis d’un Iran libre » (FoFI), présenté au Parlement européen en novembre 2023, et notamment par une enquête exhaustive de 86 pages intitulée « L’infiltration de la République islamique d’Iran en France », réalisée par Gilles Platret pour le think tank « France 2050 » à l’automne 2025. Ce dernier rapport identifie la France comme un laboratoire privilégié pour les opérations de Téhéran, et désigne l’ambassade d’Iran à Paris comme la plaque tournante continentale de ces activités. La stratégie repose largement sur des « acteurs hybrides » opérant à la croisée de la diplomatie, du monde universitaire et de la société civile. Alireza Khalili, qui cumule les fonctions de chef de cabinet de l’ambassadeur d’Iran à Paris, de président du Centre franco-iranien (CFI) et de professeur de géopolitique à l’université, en est un exemple frappant. Ce chevauchement savamment orchestré permet à des agents iraniens d’infiltrer les milieux universitaires, médiatiques et politiques français, utilisant des événements culturels en apparence anodins comme tremplins pour recruter des personnalités influentes et promouvoir l’agenda stratégique du régime. Le rapport rappelle également, de façon inquiétante, que ce « soft power » est intrinsèquement lié au terrorisme d’État, évoquant le cas d’Assadollah Assadi, un officier du renseignement iranien opérant sous couverture diplomatique et condamné en Belgique pour avoir orchestré un attentat à la bombe déjoué contre un rassemblement de l’opposition iranienne à Paris en 2018.

L’un des vecteurs les plus vulnérables et les moins contrôlés de cette ingérence étrangère réside au sein des institutions parlementaires européennes, notamment les groupes d’amitié. Le rapport porte un regard critique sur le groupe d’amitié France-Iran à l’Assemblée nationale française, récemment réactivé sous la présidence de la députée socialiste Ayda Hadizadeh. L’enquête met en lumière un manque préoccupant de transparence et de contrôle géopolitique au sein de ces instances parlementaires, qui peuvent aisément se transformer en chevaux de Troie pour le lobbying d’États étrangers. Hadizadeh a elle-même suscité la polémique avec des propositions qui correspondent étonnamment bien à la rhétorique officielle de Téhéran.

Alors que la diplomatie française s’efforce activement de libérer ses ressortissants retenus en otages en Iran, elle a suggéré d’inviter l’ambassadeur iranien à un échange de médias à l’Assemblée. Par ailleurs, dans un entretien avec Le Figaro, elle a proposé de faciliter un dialogue entre les forces démocratiques, incluant le fils de l’ancien Shah – figure associée à une dictature déchue – tout en excluant explicitement le principal mouvement de résistance organisé, les Moudjahidine du peuple (MEK). Cette exclusion systématique reflète parfaitement l’hostilité intense et les campagnes de propagande du régime iranien contre son opposition la plus structurée.

Les sphères universitaires et médiatiques sont également visées, les universités conférant souvent, souvent involontairement, une apparence de légitimité aux alliés de Téhéran. Le rapport examine un colloque organisé le 11 juin 2025 à la prestigieuse université de la Sorbonne. Ce colloque était discrètement co-organisé par « Asre Goftego Qalam », un institut basé à Téhéran et directement lié au ministère iranien de la Culture, récemment salué par la cyberpolice iranienne, en collaboration avec « Ferdossi Legal ». De tels événements visent à obtenir la levée des sanctions internationales sous couvert de débats intellectuels pluralistes. Les répercussions de cette infiltration étaient visibles à la télévision française, où des personnalités comme Kevan Gafaïti, également participant au colloque, sont apparues sur des chaînes comme LCI pour minimiser l’ampleur des massacres brutaux perpétrés par le régime contre des manifestants en janvier 2026. Le rapport d’enquête explique que Téhéran impose cette loyauté non pas nécessairement par un alignement idéologique, mais par un système sophistiqué de chantage et de « diplomatie des otages ». En contrôlant l’accès aux visas pour les binationaux, les journalistes et les chercheurs qui ont un besoin urgent de se rendre en Iran pour des raisons familiales ou professionnelles, le régime les contraint à se soumettre, les forçant à répéter la propagande officielle et à attaquer l’opposition – une tactique largement documentée par les services de renseignement intérieur allemands (BfV) et les journalistes indépendants.

En définitive, « Le Diplomate » alerte sur le fait que l’Europe souffre d’une dangereuse cécité structurelle, ayant concentré ses mécanismes de lutte contre l’ingérence presque exclusivement sur la Russie et la Chine, tout en négligeant gravement l’Iran. Le rapport conclut qu’une réponse purement morale ou juridique est insuffisante ; l’Europe doit adopter une position de « Realpolitik » absolue. Cela implique la mise en place immédiate de registres spécifiques pour les entités financées par des fonds étrangers, des obligations strictes de contrôle et de transparence pour les groupes d’amitié parlementaires, ainsi que des audits de sécurité rigoureux des partenariats universitaires avec les institutions L’influence clandestine et les réseaux d’infiltration du régime iranien en Europeiraniennes. En ne reconnaissant pas cette infiltration méticuleusement orchestrée comme une arme de guerre asymétrique peu coûteuse et très efficace, les démocraties occidentales accordent de fait au régime iranien un pouvoir sans limites pour manipuler l’opinion publique, neutraliser les voix de l’opposition et façonner les politiques mêmes destinées à le contenir.

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