Le porte-parole du gouvernement irakien, Haider al-Aboudi, a annoncé lundi 29 juin que le gouvernement avait donné aux groupes armés chiites soutenus par le régime iranien jusqu’au 30 septembre de cette année pour déposer les armes.
Cette date butoir coïncide avec la fin de la mission de la coalition internationale dirigée par les États-Unis contre l’État islamique (EI) en Irak.
Cette annonce intervient à la veille de la visite du Premier ministre irakien Ali al-Zaidi aux États-Unis, alors que Washington fait pression sur Bagdad pour obtenir le désarmement de ces groupes.
La date limite imposée aux groupes soutenus par l’Iran a été annoncée au lendemain de la visite à Bagdad du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Haider al-Aboudi, porte-parole du gouvernement irakien, a déclaré lors de sa conférence de presse hebdomadaire : « Une date précise a été communiquée à tous les groupes armés pour régler cette question (du désarmement)… Cette date est le 30 septembre, ce qui coïncide également avec la fin de la présence de la coalition internationale. »
Il a ajouté qu’après cette date, toute détention d’armes échappant à l’autorité de l’État entraînerait des poursuites judiciaires.
Parallèlement à la visite d’Araghchi en Irak, les forces de sécurité irakiennes, appuyées par l’armée, ont mené un raid dans la Zone verte de Bagdad tôt dimanche pour arrêter plusieurs hauts responsables. Selon l’Agence de presse irakienne (INA), 47 personnes, dont des responsables gouvernementaux et plusieurs députés, ont été arrêtées dans le cadre d’une campagne de lutte contre la corruption.
Certaines informations indiquent que plusieurs des personnes arrêtées sont des figures soutenues par Téhéran.
L’Irak abrite des dizaines de groupes armés puissants soutenus par l’Iran, dont beaucoup font partie des Forces de mobilisation populaire (FMP), également connues sous le nom de *Hashd al-Shaabi*.
Bon nombre de ces groupes ont été formés à la suite de l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 2003 et ont accru leur puissance et leur influence après 2014, durant la campagne contre l’État islamique (EI).
Ces derniers mois, sous une forte pression américaine, les responsables irakiens ont annoncé leur intention d’intégrer pleinement toutes les factions des Forces de mobilisation populaire aux forces de sécurité de l’État, afin que le gouvernement détienne l’autorité exclusive sur le port d’armes. Le gouvernement de Bagdad a également l’intention d’inclure dans ce processus d’intégration des brigades qui opèrent actuellement en dehors de la structure officielle des Forces de mobilisation populaire (FMP).
Cette initiative intervient après que certaines factions des FMP ont lancé des attaques contre des intérêts américains en Irak, à la suite du déclenchement de la guerre entre les États-Unis et Israël d’une part, et l’Iran d’autre part, en mars 2026.
En réponse, Washington a mené des frappes contre ces groupes et a par la suite suspendu le transfert des revenus pétroliers irakiens, prévu par un accord établi après l’invasion de 2003 menée par les États-Unis.
Durant les quarante jours de conflit et la période de cessez-le-feu qui a suivi, des informations ont également fait état d’attaques perpétrées par ces groupes contre d’autres pays. En mai 2026, les Émirats arabes unis ont annoncé que des drones lancés en direction de l’une de leurs centrales nucléaires provenaient d’Irak.
Les groupes chiites irakiens n’étaient pas la seule force par procuration du régime iranien impliquée dans le conflit. Le Hezbollah libanais a lui aussi commencé à tirer des roquettes vers le nord d’Israël peu après le début des hostilités, déclenchant d’importantes opérations aériennes et terrestres israéliennes à travers le Liban.
Les autorités irakiennes travaillaient à l’intégration complète des Forces de mobilisation populaire au sein des forces de sécurité de l’État bien avant le début de la guerre avec l’Iran. Toutefois, certains de ces groupes ont fait valoir que le maintien des forces américaines en Irak justifiait un report du processus de désarmement.
Début juin, des responsables irakiens ont annoncé avoir reçu des informations concernant l’armement détenu par Kataib Imam Ali — un groupe armé soutenu par le régime iranien —, une mesure considérée comme la première étape du plan visant à intégrer ces groupes aux forces de sécurité de l’État.
Peu avant cela, deux groupes proches du régime iranien — Kataib Imam Ali et Asaib Ahl al-Haq — avaient annoncé qu’ils transféreraient au gouvernement irakien le contrôle de leurs brigades au sein des Forces de mobilisation populaire.

