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Ouverture en Egypte d’une conférence internationale sur l’Irak réunissant Téhéran et Washington

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Le Monde, 3 mai – Les hauts responsables d’une cinquantaine de pays et d’organisations internationales sont réunis, jeudi 3 et vendredi 4 mai, à Charm el-Cheikh, en Egypte, avec la lourde tâche d’aider à rétablir la stabilité de l’Irak.

La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a, dès son arrivée mercredi dans la station balnéaire égyptienne, rencontré le premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, qui a appelé la communauté internationale à soutenir son pays dans la lutte contre le terrorisme. C’est dans ce contexte que Mme Rice a prévenu les voisins de l’Irak, dont la Syrie, l’Iran, mais aussi l’Arabie saoudite, qu’ils avaient « tout à perdre » s’ils n’usaient pas de leur influence pour stabiliser ce pays, où la tension serait une source d' »instabilité » pour tout le Moyen-Orient.

Mme Rice a cependant averti d’emblée : « N’entretenons pas d’espoirs excessifs. Il faudra du temps pour surmonter les suspicions dans la région », s’est-elle confiée aux journalistes qui l’accompagnent en Egypte.

Les spéculations vont bon train sur un éventuel entretien, en marge de la conférence, entre Mme Rice et son homologue iranien, Manouchehr Mottaki, qui représenterait le premier à ce niveau entre les deux pays depuis vingt-sept ans. La secrétaire d’Etat s’y est dit prête, précisant que cet entretien porterait sur la situation en Irak, mais qu’elle ne couperait pas court à une conversation au sujet du programme nucléaire iranien.

La Syrie pourrait aussi se retrouver au centre de toutes les attentions. Selon un haut responsable du département d’Etat, Condoleezza Rice doit rencontrer son homologue syrien Walid Mouallem. « Je m’attends à ce qu’ils aient une discussion sur des questions de sécurité des frontières. Nous verrons si cela arrive », a déclaré ce responsable sous couvert de l’anonymat. Les Etats-Unis accusent régulièrement la Syrie de ne pas faire assez pour empêcher l’infiltration des insurgés dans l’Irak voisin.

Ces contacts marqueraient un changement d’attitude de Washington, qui a rejeté l’an dernier la recommandation d’une commission bipartisane en faveur d’un dialogue avec Téhéran et Damas dans la perspective d’un apaisement en Irak.

Une telle éventualié est accueillie favorablement par les membres de la communauté internationale. A Londres, le sous-secrétaire d’Etat Nicholas Burns a estimé que les discussions de Charm el-Cheikh « seraient importantes car la secrétaire d’Etat Rice sera assise à la même table que le ministre des affaires étrangères syrien et, nous l’espérons et nous le pensons, avec le ministre des affaires étrangères iranien, bien que les Iraniens aient été quelque peu ambivalents ».

PLAN QUINQUENNAL POUR REDRESSER L’ÉCONOMIE IRAKIENNE

Si la plupart des diplomates jugent peu probable que la sécurité puisse être améliorée à court terme en Irak, certains espèrent que ces réunions accentueront les pressions visant à supprimer les soutiens extérieurs à différentes factions et favoriseront des programmes de reconstruction.

De son côté, l’Irak a appelé les participants à la conférence à annuler sa dette. La conférence, qui doit durer deux jours, doit commencer jeudi avec le lancement du Contrat international d’objectifs pour l’Irak (ICI), un plan quinquennal destiné à redresser l’économie irakienne.

Les réformes-clés que les autorités américaines tiennent à voir mettre en œuvre rapidement sont une loi sur le partage des revenus pétroliers, une loi de réintégration de l’ancien parti Baas dans la vie publique et une autre sur les élections aux postes de gouverneurs qui permettrait de fixer une date pour des élections provinciales. Washington table sur ces mesures pour favoriser la réconciliation, arracher la minorité sunnite à l’insurrection et la réintégrer dans le processus politique.

Vendredi, une rencontre consacrée essentiellement à la sécurité réunira les pays voisins de l’Irak – Iran, Jordanie, Koweït, Arabie saoudite, Syrie et Turquie – ainsi que Bahreïn, l’Egypte, la Ligue arabe, l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et les Nations unies.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, des ministres des affaires étrangères et représentants d’une cinquantaine de pays, dont ceux du G8, participent à la conférence. Une précédente réunion de cette envergure avait eu lieu en novembre 2004, également à Charm el-Cheikh.

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