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Un colonel syrien affirme que des snipers iraniens tiraient sur la foule

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AFP: Par Nicolas CHEVIRON – Un colonel syrien déserteur confirme des dissensions au sein de l’armée et affirme avoir protégé des habitants de Jisr al-Choughour, ville du nord-ouest de la Syrie où les troupes syriennes ont donné l’assaut dimanche.

« A Jisr al-Choughour. L’armée syrienne avançait, avec les unités d’infanterie devant et les tanks derrière. J’ai essayé de protéger les civils », a déclaré à l’AFP le colonel Hussein Harmoush, réfugié depuis jeudi à la frontière turque, près du village turc de Güveççi.

« Avec moi, il y a des groupes (de soldats) qui ont déserté », a poursuivi l’officier. « Nous ne disposions que d’armes légères et de mines ».

« Nous avons tendu des pièges à l’armée syrienne pour la retarder et permettre aux civils de prendre la fuite et de quitter la ville », a-t-il ajouté, indiquant avoir posé des mines sur les points de passage des troupes.

Des témoins avaient déjà fait état de heurts entre différentes factions de l’armée dans cette ville de 50.000 habitants, soumise à une violente répression depuis plusieurs jours.

L’un deux a évoqué des combats dimanche entre quatre tanks entrés en dissidence et le reste des troupes loyales au régime du président Bachar al-Assad. Un autre a mentionné la destruction de ponts pour empêcher l’avance des militaires.

Le colonel Harmoush a démenti cette dernière information, indiquant que les tanks avaient bien pénétré dans la ville par les ponts, intacts.

L’officier, désormais vêtu en civil mais qui s’est identifié en présentant sa carte d’identité militaire, affirme avoir fui jeudi depuis Damas en direction de la frontière turque, où est également installée sa famille, en profitant d’une permission.

Le militaire dit avoir quitté l’armée en raison de ses « attaques contre des civils innocents, qui ne portent dans leurs mains qu’un rameau d’olivier ». Car il ne fait pas de doutes pour lui que, dans toutes les villes où il a été envoyé, les protestataires étaient parfaitement désarmés.

« L’armée a reçu l’ordre d’empêcher à tout prix les manifestations d’avoir lieu et de faire taire les gens. On nous a ordonné de faire feu sur les gens si les manifestations continuaient », relate-t-il.

« Je n’ai pas accepté les ordres. Mais j’ai vu ce qu’ont fait certains soldats », continue le colonel: « J’ai vu les tanks tirer sur les villes, j’ai vu l’artillerie tirer, les hélicoptères faire feu avec des armes automatiques ».

« L’armée syrienne tue des civils, et chasse les gens de leurs maisons (…). Les villages sont vidés, les habitants chassés à la frontière et dans les pays étrangers », affirme l’officier.

Hussein Harmoush espère entraîner d’autres officiers sur la voie de la désertion.

« Certaines personnes sont entrées en contact avec moi, et, si dieu le veut, ils vont déserter », dit-il.

Le choix est cependant difficile. « De nombreux officiers et soldats veulent faire défection mais ils ne le font pas car ils ont peur de se faire tuer, eux et leurs familles », explique le militaire.

« Un agent des services de renseignement avait reçu l’ordre de tuer des civils et il ne l’a pas fait. Sa femme a été violée », donne-t-il en exemple.

Interrogé sur la présence aux côtés de l’armée syrienne de soldats iraniens ou de miliciens du groupe armé libanais pro-iranien Hezbollah, évoquée par de nombreux témoignages, le colonel assure avoir lui aussi avoir eu affaire à ces unités.

« Je m’en souviens bien, à Damas, dans le secteur de Sakba, j’ai vu les gens qui manifestaient et je les ai vus en action », déclare-t-il. « J’ai vu de mes yeux les snipers installés dans les étages supérieurs, des snipers iraniens et du Hezbollah qui tiraient sur la foule. »

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