Mai Sato, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits de l’homme en Iran, a exprimé sa profonde inquiétude face aux informations faisant état du transfert forcé de cinq prisonniers politiques condamnés à mort du quartier 4 de la prison d’Evin vers la prison de Ghezel Hesar.
Le jeudi 17 avril, Mme Sato a publié sur X (anciennement Twitter) un message rappelant que, dans son dernier rapport au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, elle avait également mis en garde contre les conditions de détention à la prison d’Evin.
Elle a réitéré ses inquiétudes concernant les informations faisant état de troubles et d’instabilité dans la prison suite au transfert de détenus, affirmant que cette situation a créé un environnement dangereux.
Par ailleurs, la prisonnière politique Golrokh Iraee, dans une lettre envoyée depuis la prison d’Evin, a mis en garde contre l’« insensibilité » de la société face aux nouvelles d’exécutions, suite au transfert de Hamid Hosseinnezhad Heydaranlou.
Critiquant la réaction générale face au prononcé, à la confirmation et à l’exécution des condamnations à mort en Iran, elle a écrit : « Nous qui nous opposons à la peine de mort, nous sommes assis librement chez nous ou derrière nos bureaux, surveillant nos moindres faits et gestes depuis nos téléphones haute sécurité de peur d’être identifiés.»
La Rapporteuse spéciale des Nations Unies a souligné l’impact considérable des exécutions, soulignant que le préjudice va au-delà des victimes directes : il dévaste les familles, cause des dommages psychologiques aux autres prisonniers et déclenche des vagues de chagrin et d’anxiété dans toute la société. Elle a qualifié ces conséquences d’« incommensurables ».
Sato a conclu en soulignant les préoccupations persistantes concernant le recours à la peine de mort par le régime iranien, affirmant que ces cas soulignent une fois de plus la nécessité d’une surveillance et d’une responsabilisation. Elle a ajouté : « Je suivrai de près cette situation. La communauté internationale ne doit pas rester silencieuse face à ces événements.»
Cinq prisonniers politiques risquent d’être exécutés
Par ailleurs, des avertissements ont été émis concernant le transfert possible d’un groupe de prisonniers politiques détenus à la prison d’Evin à Ghezel Hesar.
Parmi eux figurent cinq prisonniers politiques – Babak Alipour, Vahid Bani-Amerian, Pouya Ghobadi, Mohammad Taghavi et Ali-Akbar Daneshvarkar – condamnés à mort pour « soutien à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK) ».
Les forces de sécurité avaient prévu de transférer ces cinq prisonniers politiques condamnés à mort d’Evin à Ghezel Hesar, mais le transfert a été interrompu en raison des protestations d’autres prisonniers.
Si ces prisonniers sont transférés à Ghezel Hesar, le risque d’exécution augmente.
Les exécutions ont doublé ces derniers mois
Au cours des trois premiers mois de 2025, le régime iranien a pendu au moins 230 prisonniers dans ses prisons. Ce chiffre est plus du double des 110 exécutions enregistrées à la même période l’année dernière.
Selon le rapport annuel d’Amnesty International, l’Iran a représenté plus de 64 % de toutes les exécutions documentées dans le monde en 2024, avec au moins 972 cas enregistrés, plaçant le régime iranien en tête du classement mondial des exécutions.

