Du 22 juin au 22 juillet, le régime iranien a pendu au moins 74 personnes dans les prisons du pays. Durant cette période, la justice a prononcé des condamnations à mort contre au moins 17 autres personnes, et la Cour suprême a confirmé les ordres d’exécution d’au moins deux autres personnes.
Le 23 juillet, le site web de défense des droits humains HRANA a publié son dernier rapport mensuel sur la situation des violations des droits humains en Iran. Il indique avoir recensé, sur une période d’un mois, 63 signalements liés au droit à la vie (exécutions), dont 74 exécutions, 17 condamnations à mort et deux verdicts d’exécution confirmés.
HRANA cite des exemples de condamnations à mort prononcées durant cette période par la justice du régime iranien, notamment cinq personnes arrêtées lors des manifestations nationales de 2022 dans la ville d’Ourmia et trois prisonniers politiques à Ahvaz.
HRANA a souligné que les violations du droit à la vie peuvent avoir des conséquences dévastatrices, notamment en favorisant un sentiment d’insécurité et d’instabilité au sein de la société. Elle a averti que de telles violations pourraient alimenter une culture de violence et saper davantage la confiance du public dans les institutions gouvernementales et judiciaires.
Outre les exécutions, les conditions de détention se sont encore dégradées. HRANA a signalé qu’entre le 22 juin et le 22 juillet, on a recensé 2 492 cas de détention dans des conditions inadaptées, 102 cas de vide juridique, 100 cas de déni du droit à la communication, 74 cas de détention au secret et 52 cas de pressions et de coercitions à l’encontre de prisonniers.
HRANA a également recensé, au cours de la même période, 13 cas de négligence médicale, 11 transferts de prisonniers à l’isolement, 8 grèves de la faim et un cas de meurtre de prisonnier.
Une autre partie du rapport de HRANA aborde l’usage excessif et meurtrier des armes et de la violence par les forces militaires et de sécurité.
Selon le rapport, au moins 12 civils ont perdu la vie suite aux tirs des agents de sécurité durant cette période, et 20 autres ont été blessés.
Par ailleurs, au moins trois kulbars (porteurs transfrontaliers, souvent d’origine kurde, qui transportent des marchandises à travers les frontières occidentales de l’Iran) et deux transporteurs de carburant ont été tués durant cette période. Un kulbar et trois transporteurs de carburant ont également été blessés. Des explosions de mines terrestres dans les zones frontalières ont causé la mort d’au moins deux civils et l’amputation d’un autre.
Parmi les incidents les plus choquants de ce mois-ci, on peut citer une fusillade perpétrée par des gardes dans une base militaire de Khomein (ville du centre de l’Iran), qui a causé la mort de quatre civils, dont une fillette de quatre ans nommée Raha Sheikhi. Lors d’un autre incident à Tarik-Darreh, dans la province de Hamedan, deux civils ont été tués et un autre blessé.
HRANA a conclu son rapport en soulignant que les violations généralisées des droits de l’homme en Iran – y compris les exécutions fréquentes, les conditions de détention inhumaines, la suppression de la liberté d’expression et la violence meurtrière des forces militaires – ne peuvent être enrayées que par la réforme des structures judiciaires et sécuritaires, la responsabilisation des responsables et une pression constante des organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme.

