Alors que la répression des manifestations se poursuit, des informations indiquent que d’importantes sommes d’argent sont exigées des familles des victimes pour la restitution des corps de leurs proches – une pratique que les observateurs qualifient de torture psychologique, de violation flagrante des droits humains et de poursuite des crimes contre l’humanité.
Alors que la répression des manifestations a atteint un stade sanglant, avec des tirs directs sur des civils, de nouveaux témoignages révèlent que le régime iranien continue de harceler les familles, même après la mort de manifestants. Selon des rapports de terrain, les forces de sécurité et les autorités judiciaires ont conditionné la restitution des corps des victimes au paiement de sommes exigées sous forme de « argent des balles », une pratique que les observateurs considèrent comme une torture psychologique infligée aux familles, une violation flagrante des droits humains et un crime contre l’humanité commis dans le cadre de la répression des manifestations.
Le 8 janvier seulement, 70 corps de personnes tuées lors des manifestations ont été transférés dans un hôpital de Rasht, ville du nord de l’Iran, et 40 autres dans un hôpital de l’est de Téhéran. Des témoins affirment que des agents de sécurité ont exigé 7 milliards de rials, soit environ 5 000 dollars, auprès des familles sous prétexte de « rémunération pour chaque balle », en échange de la restitution des corps.
Selon ces témoignages, la morgue de l’hôpital Poursina de Rasht était saturée et les agents ont réclamé cette somme exorbitante aux familles pour leur restituer les dépouilles des victimes.
D’après des sources bien informées, des responsables judiciaires et sécuritaires indiquent aux familles qu’elles doivent payer pour chaque balle ayant servi à tuer leurs proches.
Les montants exigés varient selon les cas, allant de 700 millions à 2,5 milliards de rials par balle. Au taux de change actuel, cela représente environ 480 à 1 720 dollars.
Alors que le revenu mensuel moyen d’un travailleur est inférieur à 100 dollars, de telles sommes sont pratiquement impossibles à payer pour de nombreuses familles.
Les familles qui n’ont pas les moyens de payer subissent des difficultés supplémentaires.
Des témoignages montrent que les familles incapables de payer ces sommes exorbitantes sont confrontées à des difficultés supplémentaires. Dans certains cas, les corps des personnes tuées ne sont pas rendus à leurs familles, et le lieu où ils sont détenus n’est pas divulgué.
Une famille a cherché pendant trois jours entiers la moindre trace de leur proche avant d’apprendre que le corps se trouvait à Kahrizak, un lieu de détention et d’inhumation tristement célèbre pour les exactions commises. Incapable de payer la rançon exigée pour récupérer le corps, la famille a été contrainte d’accepter que leur frère ait été membre du Bassidj, une force paramilitaire dépendant du Corps des gardiens de la révolution islamique.
À Mahabad, ville de l’ouest de l’Iran, il a également été rapporté que les corps de deux victimes de manifestations n’ont toujours pas été rendus à leurs familles, faute de moyens pour payer. On raconte que 2,5 milliards de rials par balle étaient exigés, et que les familles étaient contraintes d’inscrire leurs enfants auprès de la Fondation des martyrs, un organisme d’État.
Témoignages sur la restitution du corps de Golaleh Mahmoudi Azar
Selon un témoin oculaire présent à la cérémonie commémorative organisée au domicile familial de Golaleh Mahmoudi Azar, son corps a été remis à sa famille contre le versement de 7 milliards de rials, soit environ 5 000 dollars.
D’après ce témoin, les forces de sécurité et les Gardiens de la révolution ont enterré le corps de Golaleh dans un sac mortuaire noir et n’ont accordé à sa famille que trois minutes pour voir son visage.
La famille n’a pas été autorisée à laver le corps, à l’envelopper dans un linceul, à l’enterrer, à publier d’avis de décès ni à organiser de cérémonies de deuil. Des membres des Gardiens de la révolution et des unités spéciales de police étaient stationnés avec des véhicules et des armes devant la maison familiale, et plusieurs personnes auraient été arrêtées pendant la cérémonie.
Un proche de Golaleh Mahmoudi Azar a déclaré lors de la cérémonie commémorative que 2,5 milliards de rials étaient exigés pour chaque balle.
Répression des manifestations par des moyens économiques
L’exigence d’une compensation financière aux familles des victimes s’inscrit dans la continuité de la politique de répression des manifestations par divers moyens. À ce stade, après avoir tué des manifestants, des pressions économiques et psychologiques sont exercées sur les familles pour les réduire au silence.
Cette pratique constitue une forme de torture psychologique qui place les familles dans des conditions inhumaines : elles doivent soit payer pour récupérer le corps de leur proche, soit être privées de leur droit au deuil.

