Le média d’État Tabnak a publié le 11 avril un article intitulé « Un cerveau blessé mais vivant : le commandement renaît de ses cendres ». Cet organe de presse examine l’ampleur du coup porté à l’appareil de commandement et la façon dont le régime iranien a été plongé dans la tourmente après l’assassinat d’Ali Khamenei, guide suprême du régime, et de hauts commandants lors d’un conflit à l’étranger.
Le message principal de l’article est clair : la priorité du régime n’est pas de répondre aux besoins d’une population meurtrie par la guerre, mais de maintenir son emprise sur le pouvoir face à une population qui réclame un changement de régime.
Tabnak écrit : « Maintenant qu’il y a soi-disant un cessez-le-feu, que l’Amérique et Israël n’attaquent plus l’Iran, le moment est venu de reconstruire et de rétablir les forces de commandement centrales, ces cerveaux qui étaient profondément impliqués dans la guerre et qui sont désormais épuisés et meurtris. »
Selon Tabnak, média d’État : « On reconnaît toujours la guerre à la fumée et au feu, mais c’est dans des pièces invisibles que se joue véritablement son destin. Alors que le cessez-le-feu n’est qu’une façade, dans ces mêmes pièces, un cerveau blessé se répare ; un cerveau qui, s’il retrouve son fonctionnement normal, peut renverser le cours des opérations. »
Tabnak révèle involontairement les réalités de cette guerre à l’étranger
Le média poursuit : « Dans les premiers jours du conflit, tout s’est enchaîné très vite. Si vite que certaines décisions ont été prises avant même que toutes les informations soient disponibles. La pression était intense. Non seulement sur les forces armées, mais aussi sur le réseau même qui devait décider, coordonner et réagir. C’est au sein de ce réseau de commandement et de contrôle que quelques minutes de dysfonctionnement suffisent à propager les effets sur l’ensemble du champ de bataille. »
Ce numéro illustre plus directement l’assassinat de Khamenei dès les premières minutes de la guerre et la manière dont le ciblage du dirigeant du régime iranien a affecté l’ensemble du système ; jusqu’à présent, le gouvernement, et ce média également, ont tenté de dissimuler cette blessure.
Tabnak poursuit : « Les États-Unis et Israël l’avaient bien compris. C’est pourquoi leur objectif ne se limitait pas à la destruction matérielle. Ils visaient aussi le mental. Cyberattaques, tentatives d’infiltration, perturbation des communications et pressions sur les nœuds clés du réseau. Le but était de ralentir la prise de décision, voire de la rendre erronée. Mais c’est la nature même de la guerre : elle n’attend jamais que tout soit terminé.»
Le régime iranien se prépare-t-il à la reprise des hostilités ?
En publiant des analyses tactiques, Tabnak définit les orientations pour l’après-cessez-le-feu et écrit : « Ce cessez-le-feu n’est pas une simple reconstruction, mais une redéfinition. C’est comme si le système se remettait en question. Si le même coup est porté à nouveau, comment réagira-t-il cette fois-ci ? Où devra-t-il faire preuve de flexibilité, où devra-t-il agir de manière indépendante, et où devra-t-il se soustraire à toute forme d’obéissance ? »
Tabnak écrit également : « L’un des changements les plus importants qui se dessinent dans cette phase est l’abandon de la centralisation absolue. Les systèmes centralisés sont puissants, mais aussi fragiles. Il suffit qu’un seul maillon clé tombe en panne pour que toute la chaîne vacille. C’est pourquoi la transition vers des structures distribuées est devenue plus cruciale. Cela signifie que les unités ne doivent pas se contenter d’exécuter des tâches. Cela signifie qu’en cas de coupure de communication, de non-réception des ordres ou de changement de situation, elles doivent pouvoir prendre des décisions de manière autonome, en s’appuyant sur un cadre défini.
Parallèlement, la question des communications est comme une plaie ouverte qu’il faut soigner. Dans une guerre où l’ennemi a investi dans la surveillance et le brouillage, chaque signal représente un risque. Chaque message peut être vu, entendu ou intercepté. C’est pourquoi les réseaux doivent être multicouches, flexibles et emprunter des itinéraires imprévisibles.»
Le cerveau blessé mais vivant Le commandement renaît de ses cendres
L’expression « cerveau blessé mais vivant » désigne analytiquement le système de commandement du régime, qui s’est effondré dès les premières phases de la guerre, notamment après la mort de Khamenei, son chef, lors des premières opérations militaires. Cependant, après les douze jours de guerre, conscient de l’imminence d’un nouveau conflit, Khamenei a orchestré le massacre de janvier pour combler le vide laissé par les soulèvements internes, qui ont coûté la vie à des milliers de jeunes Iraniens. Par ailleurs, selon certaines sources et commandants du régime, les Gardiens de la révolution iraniens avaient déjà décentralisé le commandement et délégué l’autorité aux niveaux provincial et régional afin de pouvoir frapper des cibles prédéfinies en toute circonstance, sans attendre d’ordres.
Un regard en coulisses et l’utilisation du cessez-le-feu pour la reconstruction
Tabnak conclut : « Ces jours-ci, en coulisses, des équipes se réunissent et simulent différents scénarios. Que faire si ceci se produit ? Si ce nœud tombe en panne, quel système de remplacement avons-nous ? Si les communications sont coupées, qui décide ? Ce sont des questions qu’on ne peut pas se poser en temps de guerre. Il faut y répondre à l’avance.
Pour ce cerveau meurtri, le cessez-le-feu est une opportunité. Une opportunité de souffler, de se reconstruire, de se renforcer ; et si cette reconstruction est menée à bien, le prochain conflit ne ressemblera plus au précédent. Cette fois, les décisions seront plus rapides. Moins d’erreurs, et les réactions plus précises – et à la guerre, parfois, quelques secondes de différence font toute la différence.»
Tabnak passe délibérément sous silence la situation douloureuse du peuple iranien, qui paie le prix de cette guerre perfide dont le régime a besoin pour sa survie et qui consume des vies. C’est pourquoi il faut affirmer que le slogan de paix et de liberté est la seule arme véritablement efficace contre une dictature fasciste et belliciste.
Bien entendu, tout ce scénario imaginé par Tabnak vise à présenter le cessez-le-feu comme une tactique du régime pour préparer la prochaine phase de la guerre. Il occulte délibérément la faiblesse et l’affaiblissement des forces du régime.

