Gholamhossein Mohseni Ejei, chef du pouvoir judiciaire iranien, a de nouveau, sur un ton autoritaire, appelé les tribunaux à examiner les affaires à une vitesse anormale et en dehors des cadres habituels – une approche qui revient de fait à supprimer les normes minimales d’un procès équitable. Dans ses dernières déclarations, il est allé plus loin en qualifiant d’avance les détenus de « soldats de l’ennemi », une désignation qui indique que nombre d’entre eux ont été de facto condamnés avant même le début de toute procédure judiciaire.
L’insistance persistante d’Ejei sur l’accélération des procédures intervient alors qu’une vague d’exécutions a eu lieu ces dernières semaines, suscitant de vives inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains. Dans ce contexte, insister sur l’abandon des procédures normales alimente non seulement la suspicion, mais donne également l’image d’un processus précipité et opaque.
En revanche, les arrestations massives fondées sur des accusations stéréotypées telles que l’espionnage et la trahison – sans que l’identité des accusés ni les détails des affaires ne soient divulgués – soulèvent la question de l’existence d’une justice véritablement indépendante, ou si tout n’est pas au service d’un scénario prédéterminé.
Les récentes déclarations d’Ejei – de l’exigence de la transmission des dossiers en quelques heures à la demande d’interrogatoires en prison pour accélérer les mises en accusation – s’apparentent davantage à la gestion d’une chaîne de verdicts qu’à l’administration de la justice.

