IranDroits de l'hommeUn journaliste interdit d'exercer son métier pendant deux ans

Un journaliste interdit d’exercer son métier pendant deux ans

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RSF, 3 mars – Mohammad Hassan Alipour, journaliste indépendant, a été condamné, le 1er mars 2005, à six mois de prison avec sursis et à deux ans d’interdiction d’exercer son métier. Le quotidien Nedai Azarabadegan a été suspendu pour deux mois par le tribunal de la province d’Azerbaïdjan de oriental (au nord-est de l’Iran) tandis que neuf journalistes ont été convoqués par la justice. Reporters sans frontières dénonce l’acharnement des autorités contre la presse.
« À la veille de la 61e session de la Commission des droits de l’homme des Nations unies, l’Iran se situe encore une fois parmi les pays les plus répressifs en matière de liberté de la presse. Les convocations et des peines de prison avec sursis sont une épée de Damoclès qui plane constamment au-dessus des journalistes qui ne s’autocensurent pas. Au moindre écrit jugé blasphématoire, les autorités convoquent les journalistes pour les mettre en prison ou les empêcher de travailler », a déclaré l’organisation.
« Avec neuf journalistes en prison, l’Iran demeure la plus grande prison du Moyen-Orient pour les professionnels des médias. En 2004, plus d’une dizaine de titres ont été suspendus de manière temporaire ou définitive, et au moins une soixantaine de professionnels de l’information ont été convoqués par les autorités », a ajouté Reporters sans frontières.
La 26e Haute Cour de justice de Téhéran a confirmé, le 1er mars, la peine prononcée en mars 2004 contre Mohammad Hassan Alipour, directeur du quotidien Aban. Le journaliste avait été condamné à six mois de prison avec sursis. Cette peine pourrait être transformée en six mois de prison ferme dans le cas où M. Alipour viendrait à être interpellé pour une nouvelle affaire au cours des deux prochaines années, pendant lesquelles il n’est pas autorisé à exercer son métier.
Le 28 février dernier, le chef de la justice de Téhéran, Abbas Ali Alizadeh, avait affirmé que le chef de l’autorité judiciaire, l’ayatollah Mahmoud Hachémi Chahroudi, avait donné des instructions pour que « les journalistes ne soient pas traités comme des criminels ». Pourtant le lendemain, M. Mortazavi, procureur de la ville, avait démenti ces propos, affirmant qu’il n’avait reçu « aucun ordre pour l’arrêt des suspensions des journaux ».
Par ailleurs, la première chambre du tribunal de la province de l’Azerbaïdjan oriental (au nord-est de l’Iran) a ordonné, il y a près de dix jours, la suspension du quotidien Nedai Azarabadegan pour une durée de deux mois et le paiement d’une amende de 3 millions de rials (l’équivalent de 257 euros). Plusieurs administrations avaient porté plainte contre le journal pour « publication de fausses informations ». Ce quotidien avait notamment critiqué la gestion de certains ministères et révélé plusieurs affaires de corruption. Selon son directeur, Abolfazel Vesali, « toutes ces pressions cherchent à faire taire la voix indépendante et critique du journal ».
Dans une autre affaire, neuf journalistes ont été convoqués par la première chambre du tribunal de Sanandaj, au Kurdistan iranien (à l’ouest de l’Iran) pour « publication de fausses informations » et « blasphème » : l’ancien directeur de l’hebdomadaire Payam-e mardom-e Kurdestan, Mohammad Sadegh Kabovand, ainsi que huit journalistes de la rédaction, Tonya Kabovand, Ejlal Ghavami, Namo Hedayati, Yosef Azizi, Kaveh Hosinpanahi, Jahangir Hashemi Jamsid Vaziri, Hasan Amini et Majid Mohamadi. Les autorités ont publié l’avis de convocation dans les journaux locaux en affirmant que les journalistes étaient en fuite sans même prendre la peine d’adresser la convocation à leur domicile. Certains de ces journalistes avaient déjà été menacés d’arrestation en juin 2004, date à laquelle leur journal avait été suspendu

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