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Les randonneurs américains dénoncent le cauchemar de leur détention en Iran

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AFP – Les deux randonneurs américains libérés par l’Iran qui les accusait d’espionnage ont qualifié dimanche de « cauchemar » leurs 781 jours de détention et clamé leur innocence, en expliquant qu’ils avaient été « pris en otage » simplement parce qu’ils étaient Américains.

De retour à New York, Josh Fattal et Shane Bauer, 29 ans tous les deux, ont raconté lors d’une conférence de presse qu’ils avaient été maintenus à « l’isolement quasi-complet durant plus de deux ans ». Durant ce « cauchemar », seuls dans une cellule de 9m2, ils n’ont pu parler que « 15 minutes au total à leur famille, et avoir une courte visite de leur mère », a raconté Josh Fattal, encore très ému et buttant régulièrement sur ses mots.

« Cet isolement solitaire a été la pire expérience de notre vie », a-t-il ajouté, racontant avoir entendu « trop souvent les cris d’autres prisonniers en train d’être battus ».

« Nous avons dû suivre plusieurs grèves de la faim, simplement pour pouvoir recevoir les lettres de nos proches », a-t-il précisé, ajoutant qu’ils avaient vécu dans un monde de « mensonges et de faux espoirs », et n’étaient autorisés à se voir « qu’une heure par jour ».

Josh Fattal, qui avant son arrestation à la frontière irano-irakienne en 2009 travaillait dans le développement durable dans l’Oregon (nord-ouest), a estimé qu’ils avaient été « pris en otage », pour « la seule raison que nous sommes Américains ».

« Il était clair depuis le tout début que nous étions otages », a-t-il déclaré. « C’est le terme le plus juste, car en dépit d’une certaine connaissance de notre innocence, l’Iran a toujours lié notre cas à ses disputes politiques avec les Etats-Unis ».

Josh Fattal et Shane Bauer sont arrivés dimanche à New York en provenance du sultanat d’Oman, où ils avaient passé trois jours avec leur famille, après leur libération mercredi de la prison iranienne d’Evine.

Le sultanat a fait office de médiateur dans ce dossier et payé la caution de 400.000 dollars chacun réclamée par la justice iranienne pour leur libération.

« Nous sommes complètements innocents », a insisté Shane Bauer, qui avant son arrestation était journaliste indépendant et vivait en Syrie avec Sarah Shourd.

« Aucune preuve n’a jamais été présentée contre nous, parce qu’il n’y en a pas, parce que nous sommes complètement innocents », a-t-il ajouté, qualifiant de « supercherie totale » leurs deux comparutions devant un tribunal iranien.

« Nous ne savons pas si nous avons franchi la frontière irano-irakienne lors de notre randonnée en juillet 2009, mais même si nous sommes entrés en Iran, cela n’a jamais été la raison pour laquelle les autorités iraniennes nous ont gardés si longtemps en prison (…) Nous avons été condamnés pour espionnage, parce que nous sommes Américains ».

« L’ironie, a-t-il ajouté, c’est que Sarah, Josh et moi, sommes hostiles à la politique américaine envers l’Iran, qui perpétue l’hostilité ».

Les jeunes gens, passionnés de voyages et de randonnées, avaient été arrêtés le 31 juillet 2009 à la frontière irano-irakienne, lors d’une randonnée dans les montagnes du Kurdistan irakien.
Josh Fattal et Shane Bauer avaient été condamnés le 21 août à huit ans de prison pour « entrée illégale en Iran » et « espionnage », condamnation dont ils ont fait appel.

Sarah Shourd avait été libérée en septembre 2010 pour raisons médicales après plus de 400 jours de détention.

Soulignant « la cruauté du gouvernement iranien et son non respect des droits de l’homme », Shane Bauer a demandé « la libération de tous les prisonniers politiques et prisonniers de conscience en Iran, qui méritent leur liberté autant que nous ». « Comment pouvons-nous pardonner au gouvernement iranien quand il continue d’emprisonner tant de personnes innocentes et de prisonniers de conscience », a-t-il interrogé.

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