La baisse de la pression de l’eau, les coupures de courant fréquentes et la pénurie de réservoirs de stockage rendent l’approvisionnement en eau de plus en plus difficile.
Malgré les efforts continus pour assurer un approvisionnement durable en eau dans la capitale, Téhéran est au bord d’une grave crise hydrique. L’épuisement continu des ressources en eau souterraine, la sécheresse persistante et l’affaissement des sols ont sonné l’alarme quant à l’avenir de l’approvisionnement en eau de la ville. Les responsables et experts du secteur de l’eau ont mis en garde contre la diminution de la capacité d’approvisionnement en eau et ont qualifié la situation actuelle d’« extrêmement préoccupante ».
Selon un rapport de l’agence de presse Mehr, affiliée au régime, la forte dépendance de Téhéran aux ressources en eaux de surface et souterraines, ainsi que le prélèvement excessif d’eau dans les puits, ont poussé ces ressources dans un état critique. Le PDG de la Compagnie des eaux et des eaux usées de la province de Téhéran a déclaré que le prélèvement d’eau souterraine était passé de 10 mètres cubes par seconde en 2020 à 17,5 en 2023. Bien qu’il ait diminué à 14,5 en 2024, ces ressources ne sont plus considérées comme fiables.
De plus, la faible pression de l’eau, les coupures d’électricité répétées et le manque de réservoirs de stockage ont encore compliqué l’approvisionnement en eau.
Parallèlement, des initiatives telles que la construction de canalisations de transport d’eau, l’exploitation du dénivelé entre le nord et le sud de Téhéran pour le transfert d’eau par gravité, l’utilisation des eaux usées traitées et l’intégration de sources d’énergie renouvelables comme les centrales solaires sont menées dans le cadre de stratégies de gestion de crise. Cependant, les responsables ont souligné que le succès de ces efforts dépend d’une coordination totale entre les organes exécutifs et de la coopération du public pour réduire la consommation.
Le gouverneur de Téhéran, citant le changement climatique et la croissance démographique, a décrit la crise de l’eau comme le défi le plus important de la province. Il
a appelé à une application stricte des lois, à la séparation de l’eau potable et de l’eau de pluie, à de vastes campagnes de sensibilisation du public et à l’utilisation d’outils de contrôle pour gérer la consommation. Les experts préviennent que si la tendance actuelle se poursuit, les conséquences environnementales, sociales et même sécuritaires de la crise de l’eau à Téhéran seront irréversibles. Dans ces circonstances, une gestion intelligente des ressources et la participation citoyenne sont les seules solutions pour sortir de la crise.

