IranIran (actualité)Bush désigne l'Iran comme l'ennemi numéro un

Bush désigne l’Iran comme l’ennemi numéro un

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Le Figaro, 17 mars – Par Philippe Gélie – La nouvelle «Stratégie de sécurité nationale» américaine, publiée hier par la Maison-Blanche, réaffirme l’option de frappes préventives.

LES LEÇONS de l’Irak n’ont pas toutes été apprises. En faisant une part plus grande à la coopération internationale, la nouvelle «Stratégie de sécurité nationale» (NSS) américaine, publiée hier par la Maison-Blanche, maintient l’action militaire préventive, justifiée par le «droit inhérent à l’autodéfense», comme l’un des pivots de la protection des États-Unis. Le reste du syllogisme devrait faire réfléchir les dirigeants iraniens engagés dans la course à l’atome : «Aucun pays ne pose un plus grand défi que l’Iran», souligne le document, avant cette mise en garde : «L’effort diplomatique doit réussir, si l’on veut éviter la confrontation.»

Au moment où le contentieux sur le nucléaire iranien est porté devant l’ONU, les accusations américaines sonnent comme un écho du dossier à charge monté contre l’Irak il y a trois ans. «Le régime iranien soutient le terrorisme, menace Israël, cherche à entraver la paix au Proche-Orient, perturbe la démocratie en Irak et repousse les aspirations de son peuple à la liberté», écrit le conseiller à la sécurité nationale, Steve Hadley, principal auteur du texte.

Devant une telle équation, «l’objectif ultime» de Washington est de «changer ces politiques, ouvrir le système et procurer la liberté» aux Iraniens. L’instrument privilégié pour y parvenir n’est certes pas une intervention armée, même si elle n’est pas explicitement qualifiée de «dernier recours». En revanche, la résolution demeure intacte : «Nous sommes déterminés à maintenir les armes les plus dangereuses hors de portée des individus les plus dangereux dans le monde», souligne la NSS.

Pour écarter le moindre doute, le dogme de «l’action préventive» adopté en 2002 est réaffirmé en 2006 : «Plus la menace est grande, plus l’inaction est risquée et plus impérieuses sont les raisons d’une action anticipée pour nous défendre, même si l’incertitude demeure sur le moment et le lieu d’une attaque ennemie.» Cette formule, énoncée un an après les attentats du 11 septembre 2001 et six mois avant l’invasion de l’Irak, a supplanté des décennies de «dissuasion» et «d’endiguement» comme axes principaux de la stratégie de défense américaine.

Ses effets pervers en Irak sont globalement assumés par la Maison-Blanche : «Cette Administration a hérité d’une menace irakienne non résolue. (…) L’élimination de Saddam Hussein a réglé le problème, une fois pour toutes», note le document. Quant aux prochains sur la liste, qu’ils ne s’imaginent pas être protégés par le précédent sur les armes de destruction massive introuvables en Irak : «Il y aura toujours des incertitudes sur le statut de programmes secrets», plaide la NSS. «Le bluff, les dénégations et le mensonge sont un jeu dangereux auquel les dictateurs se livrent à leurs risques et périls.»

LE ROLE ACCRU DES ALLIANCES INTERNATIONALES

Sous l’angle des menaces et des moyens d’y répondre, la nouvelle stratégie n’est qu’une «mise à jour» du document de 2002, souligne Steve Hadley. Actualisation théoriquement exigée par le Congrès chaque année, mais qui a traîné pour donner le temps à George W. Bush de peaufiner sa vision du monde.

Depuis la réponse guerrière au 11 Septembre, l’analyse s’est enrichie d’un message positif sur la propagation de la démocratie. Désormais, «le progrès de la liberté et de la dignité humaine à travers la démocratie constitue la solution à long terme du terrorisme transnational», résume le document. La lutte contre les terroristes et les «États voyous» qui les soutiennent vise à donner à la démocratie «le temps et l’espace de prendre racine». Sept «systèmes despotiques» sont nommément visés : la Corée du Nord, l’Iran, la Syrie, Cuba, la Biélorussie, la Birmanie et le Zimbabwe.

Dans cette démarche globale, qui veut inclure «la bataille des idées», l’accent est mis, plus qu’avant, sur les alliances internationales. Ce qui n’empêche pas Washington de critiquer des partenaires cruciaux de sa diplomatie, comme la Russie et la Chine. La première pour ses régressions «sur les libertés démocratiques», la seconde pour son «mode de pensée et d’action dépassé» et ses velléités de «verrouiller les sources d’énergies» mondiales. En contrepoint du syllogisme fatal brandi face à l’Iran, la Maison-Blanche propose à tous un cercle vertueux : la liberté mène à la démocratie, qui mène à la paix. Au reste du monde de choisir son camp.

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