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Etonnamment, le voyage de Rice au Moyen-Orient commence à Beyrouth

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The New York Times

De JAD MOUAWAD

BEYROUTH, 24 juillet – La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a rencontré les dirigeants libanais ici lundi afin de tenter de venir au secours du gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora et de rassurer les alliés arabes de plus en plus anxieux face aux bombardements israéliens qui ont fait près de 400 morts, la plupart étant des civils libanais.

Alors que la banlieue sud de Haret Hreik à Beyrouth a été bombardée lundi, la capitale assiégée est restée relativement calme pendant la visite de Mme Rice. Elle a mené des pourparlers avec M. Siniora au bâtiment du Grand Sérail du gouvernement au centre-ville de Beyrouth pendant près d’une heure, mais ni Rice ni M. Siniora n’a fait de commentaires.

Le long convoi de véhicules utilitaires sport blindés et aux vitres teintées de Mme Rice s’est ensuite dirigé vers l’ouest de Beyrouth au palais de Nabih Berri, président influent du Parlement libanais et allié politique du Hezbollah. La réunion a eu lieu à un peu plus d’un kilomètre de la zone pilonnée par la force aérienne d’Israël, car c’est là que se situe le bastion du Hezbollah à Haret Hreik.

Une fois de plus, aussi bien Mme Rice que son hôte sont restés silencieux.

M. Berri, leader politique chiite, fait partie des rares dirigeants libanais à être en contact avec le chef du Hezbollah, le cheikh Hassan Nasrallah, depuis le début des bombardements. Pour des raisons de sécurité, M. Siniora a déclaré que ni lui ni son gouvernement n’avait eu de contacts directs avec le chef du Hezbollah.

M. Siniora a appelé à plusieurs reprises à un cessez-le-feu immédiat et à la libération des deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah. Le Premier ministre a également affirmé que la communauté internationale avait besoin de donner plus de pouvoir au Liban afin de lui permettre d’établir son autorité dans le sud du pays.

Le gouvernement libanais, dans lequel le Hezbollah a deux ministres, cherche à expulser les forces d’occupation israéliennes des fermes de Shebaa, hameau situé entre le Liban et la Syrie, la libération des détenus libanais des prisons israéliennes et une carte des mines terrestres israéliennes laissées par les troupes d’occupation à leur départ en 2000.

Plus tard lundi soir, Mme Rice a pris l’avion pour Israël où elle a discuté avec le ministre des Affaires étrangères du pays, Tzipi Livni.

Pendant que Mme Rice était à Beyrouth, deux jets israéliens tournaient dans le ciel dégagé de Beyrouth, en direction du sud. Au loin, une colonne de fumée noire épaisse provenant d’une centrale électrique masquait la montagne au sud de la capitale.

Un groupe d’au moins 30 manifestants a suivi Mme Rice du Sérail à Ain al-Tineh.

« Il ne s’agit pas d’une guerre contre le Hezbollah, il s’agit d’une guerre contre le Liban et son peuple », a déclaré Shereen Sadeq.

Beaucoup de manifestants portaient des pancartes. On pouvait lire sur l’une d’entre-elles : « 500 000 réfugiés : les dollars de l’impôt américain au travail ».

Une autre disait simplement « Soyez indignés ».

« Elle est partie plus vite qu’elle n’est arrivée et personne n’a voulu l’écouter », a déclaré Jad Al-Ali, un autre manifestant.

Après le départ de Mme Rice, M. Berri a rencontré M. Siniora.

Avant de quitter le Liban, Mme Rice a rencontré les membres de l’alliance du 14 mars à l’ambassade américaine à Awkar, au nord de Beyrouth. Ces hommes politiques, dont le leader druse Walid Jumblatt fait partie, ont formé l’opposition qui a forcé à l’expulsion des troupes syriennes du Liban.

La guerre a fait près de 380 morts au Liban et a coûté la vie à au moins 37 Israéliens en 13 jours.

Mme Rice est arrivée lundi au Liban tandis que les forces terrestres israéliennes s’enfonçaient plus loin dans le pays dans un combat intense, capturant deux miliciens du Hezbollah, tandis que ce groupe poursuit ses tirs de barrage de missiles contre le nord d’Israël, 10 ayant été lancés dans plusieurs zones peuplées, a rapporté The Associated Press.

Mme Rice a déclaré à la presse pendant son vol de Washington vers le Moyen-Orient qu’elle avait l’intention de discuter avec M. Siniora à propos de la mise en place d’un corridor humanitaire afin de fournir des secours dans le sud du Liban. Elle va certainement entendre de sa bouche, une fois de plus, le désir du Liban d’un cessez-le-feu immédiat, auquel l’administration Bush résiste afin de donner plus de temps à Israël pour remplir ses objectifs militaires de destruction des forces du Hezbollah.

Mme Rice a qualifié le meeting dimanche à la Maison Blanche avec les diplomates saoudiens de « constructif », même si les Saoudiens se sont plaints que M. Bush n’ait pas encore réclamé un cessez-le-feu.

« Nous sommes tous d’accord sur le fait que c’est urgent », a affirmé Mme Rice à propos d’une halte des hostilités, « mais le but est de faire cela de telle façon à aider le gouvernement libanais à exercer son pouvoir sur tout son territoire ».

Ailleurs dans la région, les efforts diplomatiques se concentrent sur des discussions à propos d’une force multinationale armée placée dans la zone.

Dimanche, le ministre de la Défense Amir Peretz a déclaré qu’Israël était intéressé par une force menée par l’OTAN, et le Premier ministre Ehud Olmert a évoqué une force formée de membres de l’Union Européenne ayant une expérience des combats et le pouvoir de prendre le contrôle de la frontière libanaise et des points de passage.

Israël et les Etats-Unis ont répondu initialement de manière sceptique à l’idée d’une force internationale, proposée d’abord par le Premier ministre britannique Tony Blair le 17 juin et par le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan.

Lundi à Londres, M. Blair a affirmé pendant une conférence de presse avec le Premier ministre irakien, Nuri Kamal al-Maliki, que dans les tout prochains jours, il espérait que les dirigeants puissent dire que le plan devait amener une cessation des hostilités, qui au Liban « saccagent le pays et sa démocratie fragile ».

M. Blair a qualifié la destruction provoquée par les bombardements israéliens de « catastrophe », mais a affirmé que tout cessez-le-feu devait comporter des engagements de la part du Hezbollah mais aussi d’Israël.

« Tout le monde veut que ça s’arrête, mais cela doit venir des deux côtés », a-t-il dit. « Et cela ne va pas se produire en l’absence de plan. »

M. Blair a également affirmé qu’un cessez-le-feu devait être suivi par une conférence régionale visant à persuader les pays tels que l’Iran et la Syrie de ne pas intervenir chez leurs voisins. Un « plan à court terme visant à stopper les hostilités » doit mener à « un plan à long terme visant à venir à bout des difficultés dans la région », a-t-il ajouté.

M. Maliki, qui s’est arrêté pour rencontrer M. Blair avant de se rendre à Washington pour une réunion avec M. Bush mardi, a déclaré que l’assaut israélien au Liban pouvait « avoir l’effet inverse » et amplifier l’hostilité arabe.

Le ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier et le ministre des Affaires étrangères français Philippe Douste-Blazy étaient aussi en Israël dimanche.

Helene Cooper de Beyrouth et Christine Hauser et John O’Neil de New York ont participé à la rédaction de cet article.

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