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L’économie iranienne commence à sentir les effets des sanctions bancaires (ANALYSE)

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AFP, Téhéran, 2 novembre – L’économie iranienne commence à sentir les effets des sanctions bancaires appliquées depuis plusieurs mois par les Etats-Unis et suivies par de grands établissements internationaux.

« Pratiquement toutes les banques européennes ont cessé leur coopération avec l’Iran », affirme à l’AFP un responsable de la Banque iranienne pour le développement des exportations, sous couvert d’anonymat.

« Il n’y a plus de virement en dollars vers l’Iran et pour les virements en euros il ne reste plus que trois banques européennes. Elles peuvent à tout moment cesser leur contact avec nous », ajoute ce responsable.

Ces derniers mois, sous la pression des Etats-Unis, de nombreuses banques étrangères, notamment les allemandes Deutsche Bank et Commerzbank ainsi que la française BNP-Paribas, ont gelé toute nouvelle opération avec l’Iran. La britannique HSBC, les suisses UBS et Crédit Suisse avaient entamé le mouvement dès 2006.

Parallèlement Washington a placé fin octobre sur sa liste noire les principales banques iraniennes Melli, Mellat et Saderat. Une décision les coupant du circuit de financement en dollars, et en faisant de véritables « moutons noirs » aux yeux de leurs homologues étrangères.

Les Etats-Unis accusent ces établissements de soutenir les programmes nucléaire et balistique iraniens.
Mellat a dénoncé les « allégations illégales et sans fondement qui visent à perturber le système bancaire du pays ».

Alors que les autorités iraniennes continuent d’assurer que ces mesures sont sans effet sur l’économie du pays, Mellat a admis qu’elles « peuvent causer des dommages à la vie des gens ordinaires qui utilisent les services bancaires ».

Elles visent surtout les entreprises utilisant les services des banques pour leurs importations et exportations de biens et matières premières.

De nombreuses banques étrangères, qui ont cessé d’accepter récemment des lettres de crédit émises par des banques iraniennes, refusent désormais de simples opérations de virement.

« Nous voulions importer des équipements pour la construction de maisons préfabriquées mais les banques australiennes ont refusé d’accepter les lettres de crédits », déclare Touraj, un homme d’affaires préférant ne pas dévoiler son nom.

Même les banques asiatiques de pays ayant pourtant des relations commerciales importantes avec l’Iran, comme la Corée du sud et la Chine, imposent des restrictions.

« Les grandes banques de Chine, désormais premier partenaire économique du pays, refusent aujourd’hui de traiter avec l’Iran car elles ont des intérêts importants aux Etats-Unis et craignent des représailles », affirme Mehrdad Mahmoudi, un important vendeur de devises.

« Les banques iraniennes peuvent encore utiliser les services de petites banques asiatiques ou du Golfe Persique mais cela ne va pas durer longtemps », estime pour sa part Bijan Khajepour, directeur d’Atieh Consulting groupe, basé à Téhéran.

Les Américains font pression sur les banques en expliquant que le fait de traiter avec un pays soutenant, selon eux, le terrorisme met en danger leurs intérêts financiers aux Etats-Unis, précise-t-il.
Ces sanctions officieuses renchérissent le coût des affaires dans le pays.

« De plus en plus de sociétés doivent payer en liquide ou passer par un pays tiers pour importer leurs produits, ce qui rend plus cher le prix du produit fini », selon M. Khajepour.

L’Iran, second pays membre de l’Opep, dépend aussi du système bancaire international pour ses revenus pétroliers, qui devraient atteindre cette année 70 mds USD.

« L’objectif des Américains est de couper les liens financiers de l’Iran avec le reste du monde », estime un expert bancaire, sous couvert de l’anonymat.

« La grande leçon de la Corée du nord est que les Américains ont compris qu’ils n’avaient pas forcément besoin de résolution du Conseil de sécurité et peuvent exercer le maximum de pressions en imposant des sanctions financières à travers leur système bancaire », ajoute-t-il.

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