IranNucléaireIran : des sanctions progressives visant d'abord le nucléaire

Iran : des sanctions progressives visant d’abord le nucléaire

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Le Figaro, 2 septembre – Par Alain Barluet – Les grandes puissances ont mis au point une liste de mesures contraignantes à l’encontre du régime iranien.

Au lendemain de la date butoir fixée à l’Iran pour abandonner l’enrichissement de l’uranium, on en sait un petit peu plus sur les sanctions qui pourraient frapper Téhéran. Selon le New York Times, Washington, Paris, Londres et Berlin ont mis au point des mesures progressives qui débuteraient par un embargo sur la vente de matériel lié au nucléaire, un gel des avoirs de l’Iran à l’étranger et une interdiction de voyager pour les responsables du programme nucléaire iranien. Les sanctions pourraient ensuite être étendues et frapper les vols commerciaux et les prêts de la Banque mondiale à l’Iran, indique le journal.

«ATTITUDE DE DEFI»

La publication dans la presse américaine des coercitions envisagées par les grandes puissances ne semble en rien fortuite. La veille, George W. Bush a réclamé, dès l’échéance du 31 août, que l’«attitude de défi» de l’Iran ne reste pas sans «conséquences». Toutefois, si à Washington on entend ainsi enfoncer le clou, la mise au point par les «Six», – et a fortiori l’application des sanctions – n’en demeure pas moins problématique. À l’exception des États-Unis, le club des puissances apparaît en proie à un dilemme, doutant, d’un côté, de l’efficacité des sanctions tout en ayant conscience, d’un autre côté, qu’à ce stade de la crise, il n’y a pas d’autre solution que de les envisager sérieusement.

HOSTILITE DE LA RUSSIE AUX SANCTIONS

Campant sur sa ligne traditionnelle, la Russie a rappelé, par la voix du chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, son hostilité de principe aux sanctions. La France, elle aussi, entend maintenir ouverte la porte du dialogue, ainsi que l’a rappelé Philippe Douste-Blazy.

Sur le fond, la diplomatie française ne prise guère les sanctions et, s’agissant du cas iranien, les appréhende sans grand enthousiasme. Certes, la résolution 1696 du 31 juillet évoque, dans son paragraphe 8, des «mesures» contre Téhéran dans le cadre de l’article 41 de la Charte des Nations unies – c’est-à-dire excluant des moyens militaires. Mais on insiste bien, à Paris, sur le fait que le processus n’a rien d’automatique.

Et on entend manifestement, sur ce sujet névralgique, se donner le temps nécessaire. «La liste des sanctions est longue et nous n’en sommes qu’au début du processus», soulignait hier un diplomate français.

Un de ses confrères, proche du Conseil de sécurité, pronostiquait, il y a quelques jours, des tractations approfondies sur le «degré» et le «rythme» de ces éventuelles mesures. Selon lui, la position des grandes puissances, qui se retrouveront jeudi prochain à Berlin, ne devrait pas être arrêtée avant la première quinzaine du mois, un horizon coïncidant avec l’ouverture de l’assemblée générale de l’ONU.

Le Conseil de sécurité devrait alors se réunir pour faire suite à la résolution 1696. Mais à ce moment encore, les pourparlers seraient possibles, insiste-t-on à Paris.

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