IranNucléaireL'Iran refuse de suspendre l'enrichissement avant des négociations (Annan)

L’Iran refuse de suspendre l’enrichissement avant des négociations (Annan)

-

AFP, Téhéran, 3 septembre – Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé dimanche au secrétaire général des Nations unies Kofi Annan que l’Iran refusait toute suspension de son enrichissement d’uranium avant des négociations sur son programme nucléaire.

Il a en revanche assuré M. Annan que Téhéran apportait son « complet soutien » à la résolution 1701 qui a mis fin aux hostilités au Liban entre Israël et les forces du Hezbollah.

Par ailleurs, le parlement iranien va commencer à examiner une proposition de loi pour « suspendre » les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) si le Conseil de sécurité de l’Onu décide de « priver l’Iran de ses droits légaux » en matière nucléaire, a déclaré dimanche à l’AFP un responsable parlementaire.

« Le président m’a assuré que l’Iran était prêt à négocier et à trouver une solution à la crise (…), (mais) il n’accepte pas la suspension avant des négociations », a dit M. Annan à la presse, à l’issue d’un entretien avec le président iranien.

Il avait évoqué le dossier nucléaire dès son arrivée à Téhéran samedi, au cours d’un entretien avec le négociateur du nucléaire iranien Ali Larijani.

Selon ce dernier, « les deux parties se sont accordées sur le fait que la meilleure solution est de résoudre les questions à travers des négociations ».

L’Iran a refusé de suspendre son enrichissement d’uranium comme l’exigeait une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, et risque de ce fait des sanctions internationales.

M. Annan avait expliqué avant son arrivée, dans une interview au journal français Le Monde, que la patience était plus efficace que les sanctions pour amener l’Iran à suspendre son programme nucléaire.
« Je ne crois pas que les sanctions soient la solution à tous les problèmes. Il y a des moments où un peu de patience produit beaucoup d’effets », avait-il déclaré.

Dimanche, le porte-parole de la diplomatie iranienne Hamid Reza Assefi a repris ce message en expliquant que « le dialogue est la seule façon d’atteindre une solution, les autres moyens seront frappés d’impotence et ne fourniront aucun résultat ».

Mais les interlocuteurs de Téhéran doutent fortement que ce dernier soit prêt à engager des négociations sérieuses, et surtout à se plier à la demande du Conseil de sécurité de suspendre son enrichissement d’uranium.

Les cinq membres permanents du Conseil (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) et l’Allemagne (groupe 5+1) doivent se retrouver à Berlin jeudi pour des discussions sur le refus de Téhéran de renoncer à suspendre cette activité.

Les Européens sont néanmoins convenus de donner encore une chance à l’Iran. Le haut représentant de l’Union européenne pour la politique extérieure, Javier Solana, a annoncé que l’UE donnait à l’Iran un délai « court », mais sans date-butoir, pour aller vers la suspension de ses activités d’enrichissement.

La perspective croissante de sanctions a amené le dépôt au Parlement d’un projet de loi « pour suspendre l’entrée des inspecteurs de l’AIEA en Iran », selon un responsable du Majlis.

L’Iran a averti samedi les grandes puissances qu’il réviserait sa politique de coopération avec l’AIEA, chargée d’inspecter ses installations nucléaires, si le Conseil de sécurité de l’Onu décidait de sanctions à son encontre.

Sur le Liban, le président iranien « a réaffirmé son complet soutien à la résolution 1701 », a dit M. Annan.
Selon le secrétaire général, le président iranien l’a assuré que l’Iran « fera tout pour soutenir l’intégrité territoriale du Liban et l’indépendance du Liban ».

« Téhéran travaillera avec nous dans un effort collectif pour reconstruire le Liban », a dit encore M. Annan.
L’Iran a été considéré par les Occidentaux comme un des protagonistes du conflit à cause de son soutien au Hezbollah. Ils l’ont accusé d’armer et financer le parti chiite libanais, ce que les Iraniens ont toujours démenti, en évoquant un unique soutien moral.

7,062FansLike
1,165FollowersFollow
0SubscribersSubscribe

Dernières nouvelles

De sombres nouvelles pour de Téhéran après l’approbation d’une mission pour l’Iran à l’ONU

Après de nombreuses discussions et débats, le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a approuvé une mission...

La résistance populaire iranienne a changé la politique de complaisance

Peu de temps après que le nouveau gouvernement américain a commencé ses obligations en janvier 2021, main dans la...

Les crimes d’Ali Khamenei à Piranshahr et Javanrud en Iran

Au 67e jour de la révolution iranienne, le régime iranien a tenté de mettre un terme aux manifestations dans...

Iran : médecine chère, vie humaine bon marché

Un regard sur les armes que le régime iranien utilise contre son peuple pour réprimer les protestations sociales, révèle...

Qui est le juge meurtrier du régime iranien Abolqasem Salavati ?

La semaine dernière, le cas de plusieurs personnes arrêtées lors du soulèvement du peuple iranien a été renvoyé au...

Le régime iranien est incapable d’arrêter les protestations

Les gouvernements totalitaires, qu'il s'agisse d'une monarchie ou d'un régime clérical, et leurs partisans internationaux poursuivent le même objectif,...

Doit lire

Iran : la sécurité, un pari dans lequel Khamenei a perdu

Dans son dernier discours, le guide suprême du régime...

Fissures mortelles et indiscernables dans le système iranien

La présence prévue du Guide suprême du régime iranien...

vous pourriez aussi aimer EN RELATION
Recommandé pour vous