IranNucléaireLes Nations unies resserrent l'étau sur l'Iran

Les Nations unies resserrent l’étau sur l’Iran

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Le Figaro, 16 mars – Par Jean-Louis Turlin – Misant sur son unité, le Conseil de sécurité espère voter prochainement un nouveau texte renforçant les sanctions pour convaincre Téhéran de suspendre ses activités d’enrichissement de l’uranium.

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, n’a pas attendu la mise en circulation, hier, du nouveau projet de résolution des Nations unies à l’encontre de son pays pour accuser le Conseil de sécurité de n’avoir aucune « légitimité parmi les peuples de la planète ». Les cinq membres permanents (le « P 5 » plus l’Allemagne, en fait) de l’organe exécutif de l’ONU se sont mis d’accord sur un texte qui donne un peu plus de muscle aux sanctions destinées à forcer l’Iran à revenir à la table des négociations et à suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium. Le fait que la Russie et la Chine soient sur la même ligne que les Occidentaux ne manquera pas d’influencer favorablement les dix autres membres du Conseil, qui vont maintenant entamer avec leurs collègues du « P 5 » les négociations en vue d’une mise au vote possible la semaine prochaine.

Fatalement, l’Iran fait face à un isolement international croissant, et c’est ce qui semble agacer son président : « Ils (les membres du Conseil de sécurité) pensent qu’ils sont les représentants de la communauté internationale, mais le peuple iranien ne prête aucun crédit à leurs décisions », a affirmé Ahmadinejad. Celui-ci avait fait le même genre de déclaration au moment de l’adoption de la précédente résolution (la 1737) en décembre dernier.

Conséquences économiques

Il n’ignore sans doute pas le risque d’isolement politique interne, mis en évidence par les éléments modérés iraniens hostiles à la confrontation, sur lequel semble jouer le nouveau projet onusien.

Le texte ne fait que réaffirmer les menaces de sanctions prévues dans la 1737 en les renforçant modestement. Il impose un embargo sur les exportations d’armes iraniennes ou de « tout matériel connexe » et demande à « tous les États d’exercer leur vigilance et leur retenue » concernant l’entrée sur leur territoire de personnes iraniennes ou de représentants d’entreprises liées à la prolifération d’« activités nucléaires sensibles ou au développement de systèmes d’armement nucléaire ». Les noms de dix entreprises clés et de douze responsables iraniens, dont les avoirs financiers seraient gelés, étaient déjà mentionnés en annexe de la résolution 1737. Une autre liste est prévue en marge du nouveau projet.

Ce qui est de nature à inquiéter les Iraniens soucieux des conséquences économiques des sanctions avant même leur mise en application, c’est l’appel lancé aux États et aux institutions financières « de ne pas entrer dans de nouveaux engagements en matière de subventions, d’assistance financière et de prêts au gouvernement de la République islamique d’Iran ». Celle-ci ressentirait déjà l’effet d’une mesure qui reste hypothétique : le texte repose sur le principe de la double suspension, celle des sanctions étant automatiquement consécutive à celle du programme d’enrichissement nucléaire iranien.

En resserrant l’étau d’un cran, juste assez pour maintenir la pression sur l’Iran sans compromettre le soutien de Moscou et de Pékin nécessaire à sa crédibilité, le Conseil de sécurité laisse la balle dans le camp de Téhéran, qui aura soixante jours, à compter de l’adoption de la nouvelle résolution, pour se mettre en conformité. Présent hier à l’ONU, Dominique de Villepin a estimé que « les Iraniens sont en face d’un choix clair : ou bien ils acceptent leurs obligations internationales, et nous mettrons en oeuvre les mesures promises en matière de développement économique et nucléaire civil ; ou bien ils refusent et nous appliquerons les sanctions ».

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