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Accord sur une nouvelle résolution du Conseil de sécurité contre l’Iran

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AFP, Berlin, 23 janvier – Par Sylvie Lanteaume – Six puissances sont convenues mardi à Berlin du texte d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité pour dissuader l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, a annoncé le ministre allemand des Affaires étrangères.

« Nous sommes convenus du texte d’une résolution du Conseil de sécurité », qui sera présentée dans les prochaines semaines, a déclaré le ministre Frank-Walter Steinmeier après une réunion à Berlin avec ses homologues des Etats-Unis, de Russie, de Chine, de Grande-Bretagne et de France, les membres permanents du Conseil de sécurité.

Selon un haut responsable américain qui a requis l’anonymat, « la résolution sur laquelle ils sont tombés d’accord accentue la sévérité des sanctions » déjà adoptées contre l’Iran, comme les refus de visas à certains dirigeants iraniens et le gel des avoirs des entreprises liées au programme nucléaire, et « ajoutera de nouveaux éléments ».

« Les Etats-Unis sont enchantés, parce que c’est notre réponse aux Iraniens: vous n’êtes pas encore sortis du bois », a déclaré ce haut responsable à la presse.

A Washington, le département d’Etat, sans donner de détails sur le texte, a exprimé sa satisfaction. L’accord « envoie un message fort à l’Iran pour lui dire qu’il doit se conformer aux résolutions de l’ONU », a déclaré Gonzalo Gallegos, un porte-parole du département d’Etat.

Les Iraniens « deviennent de plus en plus isolés, et cela montre qu’ils sont incapables de nous diviser dans notre effort » pour les empêcher d’enrichir de l’uranium, a-t-il ajouté.

Le projet de résolution prévoit que « des négociations directes sur le règlement de toutes les questions liées au programme nucléaire iranien » seront lancées entre l’Iran et les Six, y compris les Etats-Unis, si Téhéran accepte les propositions des Six, a déclaré à l’issue de la réunion de Berlin le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, cité par l’agence de presse russe Ria-Novosti.

La communauté internationale soupçonne l’Iran de poursuivre en secret un programme nucléaire militaire. Téhéran soutient que son programme est purement civil et ne vise qu’à satisfaire ses besoins croissants en énergie.

Dans ses résolutions 1737 (décembre 2006) et 1747 (mars 2007), le Conseil a imposé, puis alourdi, des sanctions économiques et commerciales contre l’Iran, pour le contraindre à suspendre ses activités sensibles, l’enrichissement d’uranium et le retraitement.

Depuis de longs mois, Moscou et Pékin s’étaient montrés réticents à toute idée de nouvelles sanctions. La publication en décembre d’un rapport des services de renseignement américains selon lequel l’Iran a suspendu son programme d’armement nucléaire en 2003 avait encore compliqué les discussions sur une troisième résolution du Conseil de sécurité.

Selon ce haut responsable américain, deux heures de discussions ont suffi à régler les problèmes en suspens à l’ouverture de la réunion. Les participants les plus actifs ont été l’Américaine Condoleezza Rice et le Russe Sergueï Lavrov, selon lui.

Avec le Britannique David Miliband, le Français Bernard Kouchner, le Chinois Yang Jiechi et M. Steinmeier, ils sont tombés d’accord pour ne pas diffuser le texte avant de l’avoir montré aux 10 autres membres du Conseil de sécurité, a-t-il ajouté.

Le texte sera formellement présenté par les Européens et soutenu par les six participants à la réunion, a précisé ce responsable.

La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont pris en 2003 la tête des efforts de la communauté internationale pour régler cette question par la voie diplomatique et éviter que les Etats-Unis ne soient tentés de lancer une opération militaire.

A Téhéran, le porte-parole du gouvernement a affirmé mardi que son pays ne suspendrait pas ses activités nucléaires, même en cas de nouvelle résolution du Conseil de sécurité.

« L’Iran poursuit ses objectifs (nucléaires) dans le cadre de ses droits légaux et légitimes et l’adoption d’une éventuelle nouvelle résolution n’aura aucun effet sur l’attitude du peuple iranien », a affirmé Gholamhossein Elham.

Le porte-parole iranien a estimé qu’une implication du Conseil de sécurité était d’autant moins justifiée que son pays traite directement avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le patron de l’AIEA, Mohammed ElBaradei, a annoncé le 13 janvier s’être mis d’accord avec Téhéran sur un délai de quatre semaines pour qu’il apporte toutes les clarifications demandées sur ses activités nucléaires suspectes.

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