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Un responsable de l’AIEA discute à Téhéran du programme nucléaire iranien

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Le début des entretiens à Téhéran du directeur-adjoint de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Olli Heinonen, a coïncidé avec une attaque de l'influent quotidien conservateur iranien Kayhan accusant M. Heinonen d'être aux ordres des Etats-Unis et d'Israël, pays ennemis de l'Iran.

Selon l'AIEA, basée à Vienne, les rencontres de M. Heinonen doivent porter sur les "études" à caractère militaire iraniennes. Ces études, dont Téhéran nie l'existence, portent selon l'AIEA sur la confection d'ogives, la possible conversion du missile Shahab-3 en missile nucléaire ou encore des installations pour des essais nucléaires souterrains.

Téhéran a qualifié ces documents d'"allégations sans fondement" et s'est refusé à en discuter la teneur.

M. Heinonen, arrivé dimanche soir à Téhéran, a eu dans l'après-midi des discussions avec le vice-directeur de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Saïdi, et le représentant de l'Iran à l'AIEA Ali Asghar Soltaniyeh, a indiqué l'agence officielle iranienne Irna.

Mais selon Irna, Javad Vaïdi, l'adjoint du chef des négociateurs nucléaires iraniens, n'était "pas présent" aux discussions, contrairement à ce qu'avaient annoncé les médias iraniens. Aucune explication n'a été fournie pour son absence.

Les discussions devraient se poursuivre mardi pour le second et dernier jour. Aucune précision n'a été donnée sur la teneur exacte des discussions.

Mais avant le début des discussions, le quotidien Kayhan a accusé M. Heinonen de venir en Iran pour "jouer le deuxième acte de la pièce de thétre ridicule", qu'il aurait entamée à la dernière réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA fin février.

C'est à cette réunion qu'il avait fait état des "études", fournies par des pays tiers et aussi obtenues par l'Agence, se rapportant à la militarisation de l'atome.
Pour le directeur et éditorialiste de Kayhan, Hossein Shariatmadari, nommé par le guide suprême Ali Khamenei, la présentation de M. Heinonen était "le premier acte (…) d'une pièce écrite par Israël et réalisée par les Etats-Unis".

Il juge "surprenant" que les autorités aient accepté la visite de M. Heinonen qui devrait, selon lui, "présenter ses excuses".

Pour lui, les autorités devraient exiger "une autre personne que M. Heinonen" pour parler du programme nucléaire iranien.
Les craintes de l'AIEA sont étayées par une documentation détaillée présentée par M. Heinonen à des diplomates à Vienne le 25 février, et suggérant que Téhéran a mené ces travaux après 2003, date à laquelle, selon des analyses des services de renseignement américain (NIE, National Intelligence Estimates), l'Iran n'avait plus de programme nucléaire.

Dans son dernier rapport, datant de février, comme dans les précédents, l'AIEA a indiqué n'être toujours pas en mesure de certifier la nature exclusivement pacifique de ce programme.
De nombreux pays soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran dément.

Le chef de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, avait déclaré que l'Iran devrait "prendre des mesures pour fournir l'assurance à la communauté internationale que son programme est exclusivement pacifique".

Le Conseil de sécurité de l'ONU a déjà adopté quatre résolutions, dont trois assorties de sanctions, sans réussir à contraindre l'Iran à suspendre son programme d'enrichissement d'uranium.

 
 

 

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