IranNucléaireNucléaire: Téhéran évoque un "compromis", Washington "sceptique"

Nucléaire: Téhéran évoque un « compromis », Washington « sceptique »

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Téhéran a d’abord appelé par la voix d’Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, à un "compromis" négocié, dans un texte publié dans le quotidien français Libération.
 
"La technologie et la maîtrise du nucléaire civil iranien doivent être préservées. Elles constituent un acquis pour les objectifs pacifiques de l’Iran et un héritage de la génération de la révolution", y écrit l’ancien ministre des Affaires étrangères.

Plus tard, depuis les Nations unies à New York, l’actuel chef de la diplomatie, Manouchehr Mottaki, a évoqué la perspective nouvelle de solution négociée.

"Nous percevons de nouvelles capacités, nous voyons la possibilité d’arriver à une solution à multiples facettes", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’ONU.

Il a indiqué que Téhéran était en train d’"examiner" l’offre de coopération présentée à la mi-juin par les grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Allemagne) impliquées à l’ONU dans les négociations avec Téhéran. M. Mottaki a précisé que son pays donnerait une réponse "prochainement".

Téhéran avait présenté à la mi-mai un ensemble de propositions pour régler les "problèmes du monde", et notamment celui de la prolifération nucléaire. Les grandes puissances n’ont pas commenté son contenu.

Ces signes d’apaisement ont toutefois été tempérés par la menace lancée à Madrid lors du XIXe congrès du pétrole par le ministre iranien du Pétrole, Gholam Hossein Nozari, de riposte "féroce" iranienne à toute attaque militaire contre son sol — une hypothèse qu’Israël et les Etats-Unis n’excluent pas si l’Iran poursuit son programme nucléaire.
 
"L’Iran ne resterait pas impassible et réagirait férocement" à toute action hostile extérieure contre son programme nucléaire, a déclaré le ministre, tout en écartant l’éventualité que l’Iran, quatrième exportateur de pétrole, cesse ses livraisons de brut.

La République islamique est visée par trois résolutions du Conseil, assorties de sanctions, à cause de son refus de suspendre son enrichissement d’uranium et les grandes puissances agitent la menace de nouvelles mesures contre Téhéran s’il refuse de se plier à leur exigence.

Le président américain George W. Bush a réservé mercredi un accueil mitigé aux déclarations iraniennes: "J’ai toujours dit que toutes les options étaient sur la table. Mais la première option des Etats-Unis, c’est de résoudre ce problème par la diplomatie".

"Comme nous recevons très souvent des messages brouillés de leur part, je pense que nous avons toutes les raisons d’être sceptiques", a dit de son côté la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino.

A Moscou, une source au ministère russe des Affaires étrangères a estimé que "l’emploi de la force" serait "catastrophique pour tout le Proche-Orient".
Le chef d’état-major interarmées américain, l’amiral Michael Mullen, a toutefois estimé qu’"ouvrir un troisième front" en Iran "serait extrêmement stressant du point de vue militaire".

La France a réaffirmé la nécessité selon elle que l’Iran "suspende" ses activités nucléaires sensibles.
Le chef de la diplomatie de l’Union européenne, Javier Solana, a dit espérer une concrétisation de l’idée de compromis d’Ali Akbar Velayati.
 
"J’espère vraiment que ce sentiment, cette idée, qu’expriment (les Iraniens) se concrétisera, mais pour l’instant, je n’ai reçu aucun commentaire qui soit formalisé", a-t-il déclaré mercredi à quelques journalistes à Bruxelles.

 
 

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