Une conférence internationale s’est tenue près de Paris le 10 avril pour protester contre la récente recrudescence des exécutions en Iran. Cet événement a rassemblé des personnalités politiques et juridiques européennes, d’anciens prisonniers politiques et des membres de la diaspora iranienne.
Intitulée « Appel à une action immédiate pour mettre fin aux exécutions des membres de l’OMPI et des prisonniers politiques dissidents », la conférence s’est concentrée sur l’exécution de six membres de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) et de sept jeunes manifestants. Les intervenants ont présenté ces cas comme s’inscrivant dans un contexte plus large de répression de la dissidence politique.
Il est désormais établi que la guerre principale se déroule entre le peuple iranien et la tyrannie religieuse. Nous nous félicitons du cessez-le-feu, et notamment de l’arrêt des frappes contre les infrastructures et installations civiles. Nous espérons que ce cessez-le-feu de… pic.twitter.com/9dPVMCk6KY
— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) April 10, 2026
Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, a ouvert la conférence en décrivant ces exécutions comme la preuve que les autorités iraniennes continuent de considérer l’opposition intérieure organisée comme leur principal adversaire. Elle a souligné la prolifération des « Unités de résistance » à travers le pays, de Téhéran à Zahedan, comme un signe de l’expansion des réseaux d’opposition à l’intérieur du pays.
Radjavi a déclaré que l’avenir de l’Iran dépendait de son organisation interne plutôt que d’une action militaire étrangère ou de négociations diplomatiques. Elle a également appelé à ce que la question des exécutions soit incluse dans tout engagement international futur avec Téhéran.
L’orientation juridique de la conférence a été renforcée par la professeure Herta Däubler-Gmelin, ancienne ministre allemande de la Justice. Elle a affirmé que les exécutions exigeaient une réponse juridique et morale internationale et a décrit les prisonniers politiques et les manifestants comme la « voix d’une société qui refuse d’être réduite au silence ».
Elle a averti que le silence de la communauté internationale risquait de se transformer en complicité. Mme Däubler-Gmelin a également évoqué le Plan en dix points du CNRI comme un cadre pour une gouvernance démocratique fondée sur l’État de droit.
Plusieurs intervenants ont opposé le programme du CNRI au système politique actuel et aux alternatives monarchistes. L’ancien président de la Chambre des communes britannique, John Bercow, a déclaré que « l’idée de liberté ne peut être exécutée », arguant que la persévérance des militants de l’opposition survivrait à l’appareil répressif.
Bercow a également minimisé la pertinence politique de Reza Pahlavi, présentant les récits monarchistes comme déconnectés de la réalité iranienne. L’ancien ministre fédéral allemand Franz Josef Jung a, de son côté, apporté son soutien au Plan en dix points du CNRI, soulignant son accent sur les élections libres, la liberté de la presse et le pluralisme politique.
Les participants français ont élargi le débat à la politique internationale. Jean-François Legaret, ancien maire du 1er arrondissement de Paris, a mis en garde contre l’idée que de simples ajustements diplomatiques ou des frappes étrangères puissent à eux seuls induire un changement en Iran. Il a affirmé, au contraire, que le soulèvement populaire demeure essentiel.
Jean-Pierre Béquet, ancien maire d’Auvers-sur-Oise, a tenu des propos similaires. Il a déclaré que le peuple iranien est souvent négligé dans les calculs géopolitiques et a insisté sur le fait que le changement démocratique doit résulter de la poursuite de sa lutte et non d’une force extérieure.
D’anciens prisonniers ont livré lors de la conférence certains de ses témoignages les plus poignants. Nasrollah Marandi, rescapé des « couloirs de la mort » de 1988 dans les prisons iraniennes, a établi un lien entre les membres de l’OMPI récemment exécutés et les générations précédentes de prisonniers ayant résisté sous le Shah et la République islamique.
Reza Shemirani, qui affirme avoir passé plus de 4 000 jours en prison, a décrit Evin et Gohardasht comme des symboles de la continuité des institutions répressives iraniennes. Les deux intervenants ont présenté les Unités de résistance actuelles comme les héritières de cette tradition de résistance carcérale.
Des représentants de la diaspora iranienne ont apporté un éclairage extérieur. Minoosh Mashhadi, s’exprimant depuis les Pays-Bas, a décrit la confrontation de l’État avec son peuple comme un conflit de quatre décennies et a appelé à la fermeture des ambassades iraniennes en Europe, les accusant de servir à surveiller les exilés.
Mohsen Kasechi a mis l’accent sur la participation des jeunes générations, affirmant que l’engagement de la génération Z et des millennials dans les Unités de résistance démontre que le message du mouvement continue de trouver un écho malgré les risques.
Dans l’ensemble, la conférence a véhiculé un message clair : la condamnation des récentes exécutions, l’accent mis sur la résistance intérieure organisée et le soutien réaffirmé au Plan en dix points du CNRI comme alternative démocratique. Par des arguments juridiques, des discours politiques et des témoignages directs, les participants ont cherché à placer les exécutions en Iran au cœur de l’attention internationale.

