Le 24 août, une conférence internationale intitulée « Crimes contre l’humanité : il est temps de rendre des comptes et de mettre fin à l’impunité » a réuni d’anciens responsables de l’ONU, des experts juridiques et des défenseurs des droits de l’homme pour souligner la nécessité de rendre justice aux victimes du massacre de 1988 en Iran. La conférence, à laquelle participait Maryam Rajavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, a souligné les efforts en cours pour demander des comptes aux responsables du régime iranien pour leurs crimes passés et présents.
Le discours de Maryam Rajavi s’est concentré sur les violations continues des droits de l’homme en Iran, appelant à une action internationale contre le régime. Elle a opposé les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme aux actions du régime iranien, qu’elle a décrit comme reposant sur la répression des droits de l’homme et la violence. Mme Radjavi a souligné le massacre de 1988, au cours duquel 30 000 prisonniers politiques, principalement des membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK), ont été exécutés, le qualifiant de l’une des violations des droits de l’homme les plus importantes en Iran. Elle a mis l’accent sur le mouvement de recherche de justice alimenté par cette atrocité et a présenté un livre documentant 5 000 des victimes de l’OMPI.
Le professeur Javaid Rehman, rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme en Iran de 2018 à 2024, a présenté un rapport détaillé sur les atrocités commises par le régime iranien, notamment le massacre de 1988. Il a souligné les attaques systématiques et généralisées contre les civils, qui ont donné lieu à des exécutions massives et à des disparitions forcées, visant en particulier les membres de l’OMPI. Rehman a soutenu que ces actions avaient été menées avec une intention génocidaire, car le régime considérait l’OMPI comme un groupe religieux déviant, justifiant son extermination. Il a appelé à la mise en place d’un mécanisme international d’enquête et de responsabilisation pour traiter ces crimes, soulignant l’importance de prévenir de nouvelles violations et de garantir la justice pour les victimes.

Le Dr Chile Eboe-Osuji, ancien président de la Cour pénale internationale (CPI), a souligné que le droit international n’accorde plus l’immunité aux fonctionnaires gouvernementaux qui commettent des crimes atroces. Il a souligné que la CPI a compétence sur les crimes commis dans ses États membres si ces États n’agissent pas. Eboe-Osuji a félicité le professeur Rehman pour avoir révélé la vérité sur le massacre de 1988 et a suggéré que les assassinats ciblés de membres de l’OMPI pourraient correspondre à la définition juridique du génocide, soulignant encore davantage la nécessité d’une action internationale.

La professeure Leila Nadya Sadat, ancienne conseillère spéciale pour les crimes contre l’humanité auprès du procureur de la CPI, a évoqué le besoin urgent de rendre des comptes pour le massacre de 1988 et d’autres crimes commis par le régime iranien. Elle a averti que l’impunité pour les crimes de 1988 avait encouragé le régime à poursuivre ses pratiques oppressives. Sadat a plaidé pour la création d’un mécanisme d’enquête international pour recueillir des preuves et faciliter les poursuites, similaire à ceux mis en place pour la Syrie et le Myanmar. Elle a également souligné l’importance de la compétence universelle, exhortant les pays à poursuivre les auteurs de ces crimes sur leur territoire. Tout en reconnaissant les difficultés que pose la définition juridique du massacre de 1988 comme génocide, Sadat a soutenu que la poursuite de telles accusations est essentielle pour mobiliser le soutien mondial et faire pression sur la communauté internationale pour qu’elle agisse.
Le Dr Mark Ellis, directeur exécutif de l’Association internationale du barreau, a souligné l’importance de la compétence universelle dans la poursuite de crimes tels que le génocide et les crimes contre l’humanité. Il a souligné le précédent créé par le procès d’Hamid Noury en Suède, la première procédure judiciaire liée aux massacres de 1988, et a exhorté les autres pays à adopter des cadres similaires. Ellis a appelé les pays européens à utiliser la compétence universelle pour enquêter sur les responsables iraniens et les poursuivre pour leurs crimes, soulignant que les suspects et les victimes sont bien connus et qu’une action décisive est nécessaire.
Tahar Boumedra, président de JVMI et ancien chef du Bureau des droits de l’homme des Nations Unies en Irak, a livré un témoignage poignant sur les atrocités dont il a été témoin contre les dissidents iraniens au camp d’Ashraf. Boumedra a raconté ses expériences pendant son séjour au sein de la mission des Nations Unies en Irak, où il avait un accès illimité au camp, où vivent de nombreux membres de l’OMPI. Il a décrit son rôle dans la documentation des crimes contre les résidents et a critiqué l’inaction de l’ONU, qui a finalement conduit à sa démission. Malgré les tentatives de l’ONU de le faire taire, Boumedra a continué à dénoncer les abus dont il a été témoin. Il a exprimé son soutien aux efforts du professeur Rehman pour documenter les crimes du régime. Les remarques de Boumedra ont souligné la nécessité constante de rendre des comptes et de faire preuve de solidarité internationale avec le peuple iranien.
La conférence a également permis de recueillir les témoignages des familles des victimes du massacre de 1988. Elles ont partagé leurs expériences personnelles et leurs griefs, brandissant des photos de leurs proches disparus et soulignant les immenses souffrances qu’elles ont endurées. Leurs récits ont souligné le coût humain de la brutalité du régime et renforcé le besoin urgent de justice et de responsabilité de la part de la communauté internationale.

