Deux membres du Congrès américain, Sean Casten et Gregory Meeks, ont demandé, dans une lettre officielle adressée au gouvernement des États-Unis, des explications concernant le rôle de la plateforme d’échange de cryptomonnaies Binance dans des transferts de devises numériques à grande échelle.
Dans cette lettre, publiée le jeudi 14 mai, il est allégué qu’environ 1,7 milliard de dollars en cryptomonnaies auraient été transférés via Binance vers des portefeuilles numériques liés à des groupes armés et des forces affiliés au régime iranien. Selon les législateurs, une partie de ce réseau financier aurait probablement servi à contourner les sanctions américaines.
Le rapport fait également référence à des groupes soutenus par Téhéran, tels que les Houthis au Yémen. Les membres du Congrès ont souligné que ces transactions avaient eu lieu alors même que Binance faisait l’objet d’une surveillance accrue de la part des autorités américaines, à la suite d’accords réglementaires et d’engagements visant à mettre en œuvre des règles strictes de lutte contre le blanchiment d’argent.
Ils ont par ailleurs rappelé que Binance avait admis en 2023 avoir enfreint certaines lois financières américaines ; or, en dépit des accords réglementaires conclus, des rapports indiquent que des transactions suspectes ont perduré, certaines d’entre elles ayant été attribuées à des activités liées au régime iranien.
Les deux membres du Congrès ont demandé au ministère de la Justice et au département du Trésor des États-Unis de s’expliquer sur l’efficacité des contrôles imposés à Binance, ainsi que sur les raisons éventuelles de l’incapacité à prévenir ces transferts financiers.
La lettre exprime également des inquiétudes quant à l’utilisation des cryptomonnaies pour contourner les sanctions imposées au régime iranien, et sollicite un rapport exhaustif sur les modalités de surveillance des opérations de Binance.

