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Répression ciblée des femmes iraniennes : des arrestations massives aux condamnations à mort

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Les femmes en Iran sont confrontées à une vague d’arrestations généralisées et de répression ciblée ; une vague qui témoigne d’une intensification planifiée du contrôle sur fond de crise. Cette période se caractérise notamment par des arrestations massives, le prononcé de lourdes peines judiciaires, ainsi qu’un harcèlement et une pression accrus sur les familles des prisonniers politiques, des personnes exécutées et de celles tuées lors du soulèvement de janvier 2026.

Ce rapport dresse un tableau de la situation des femmes dans un contexte où les crises politiques et les restrictions à l’information ont rendu encore plus opaque l’ampleur réelle des violations de leurs droits.

Le régime iranien a, une fois de plus, exploité le climat de tension et de crise guerrière qu’il a imposé au peuple iranien pour intensifier la répression intérieure. Alors que l’attention publique était en partie focalisée sur les développements régionaux et la guerre, les appareils de sécurité ont systématiquement élargi le champ de leur contrôle et de leur répression à l’intérieur du pays.

Des rapports de terrain font état d’une vague d’arrestations quotidiennes, touchant notamment des femmes et des jeunes filles. Ces arrestations sont souvent effectuées sur la base de vagues chefs d’accusation liés à la sécurité et en l’absence de procédures judiciaires transparentes. Dans de nombreux cas, ces femmes et ces jeunes filles sont arrêtées conjointement avec leur mari ou d’autres membres de leur famille.

Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre d’une politique délibérée visant à instiller la peur et l’intimidation, et à prévenir l’émergence d’un soulèvement.

Le 19 avril 2026, Ahmadreza Radan, commandant en chef des Forces de sécurité de l’État du régime, a annoncé lors d’une interview télévisée l’arrestation de 1 800 personnes. Sur ce nombre, 700 ont été placées en détention pour des activités menées sur les réseaux sociaux. (Agence de presse Fars, 19 avril 2026 ; agence de presse iranienne d’État). Il n’a pas précisé la période durant laquelle ces arrestations avaient eu lieu, mais on estime qu’elles sont survenues soit depuis le début de la guerre, soit après le soulèvement de janvier.

Le système judiciaire iranien justifie généralement ces arrestations par des chefs d’accusation tels que la collaboration avec l’ennemi, le *moharebeh* (l’« inimitié envers Dieu », une accusation passible de la peine de mort) ou la propagande contre le régime, qualifiant ces affaires de dossiers relevant de la sécurité nationale. En raison des coupures généralisées d’Internet — ou des restrictions sévères et du contrôle étroit exercé sur la circulation de l’information —, les chiffres exacts des arrestations ne sont pas disponibles ; toutefois, les estimations font état de l’arrestation et de l’emprisonnement de nombreuses femmes et jeunes filles. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement du régime iranien, a exhorté à cet égard les forces gouvernementales, déclarant : « N’abandonnez pas les points de blocage stratégiques dans la rue. » (Agence de presse Tasnim, 30 mars 2026 ; un média proche du Corps des gardiens de la révolution islamique). Des médias proches des institutions de sécurité ont également souligné l’importance d’une présence continue des forces dans les rues afin de maîtriser les manifestations.

Parallèlement, le Conseil national de la Résistance iranienne a annoncé, dans un communiqué, que lors des manifestations nationales qui se sont déroulées du 28 décembre 2025 au 14 janvier 2026, plus de 50 000 personnes ont été arrêtées. Parmi elles figure un nombre important de femmes, de jeunes et d’étudiants ; beaucoup ont fait l’objet de disparitions forcées et subissent actuellement la torture, tout en étant confrontés à des procès iniques et à des condamnations à mort. À ce jour, neuf manifestants détenus, arrêtés lors du soulèvement de « Dey » (janvier), ont été exécutés.

Auparavant, Masoumeh Ebtekar, ancienne responsable de la Vice-présidence du régime iranien chargée des affaires des femmes et de la famille, avait indiqué dans une note que 77 % des personnes arrêtées lors des manifestations nationales de janvier avaient moins de 30 ans, dont 17 % de lycéens et 6 % d’étudiants universitaires. (Journal *Etemad*, 15 avril 2026 ; un quotidien d’État).

L’exécution comme outil d’intimidation : des femmes sous la menace de la peine de mort
La peine de mort continue d’être utilisée comme l’un des principaux outils du régime pour instiller la peur et empêcher l’extension des mouvements de contestation sociale. Entre le 19 mars et le 25 avril 2026, huit membres politiques de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) — la principale force d’opposition au régime — ainsi que neuf jeunes manifestants arrêtés lors du soulèvement de janvier ont été exécutés.

Parmi les détenus, des dizaines de manifestantes ont été soit condamnées à mort, soit inculpées de chefs d’accusation graves susceptibles d’entraîner leur exécution.

Mahboubeh Shabani, 33 ans et originaire de Mashhad, est actuellement détenue à la prison de Vakilabad sous l’accusation de « moharebeh » (guerre contre Dieu). Ce chef d’accusation, passible de la peine de mort, est lié au fait d’avoir aidé à transporter des manifestants blessés vers des centres médicaux durant le soulèvement de janvier. Fatemeh Abbasi, 34 ans et mère d’une fille de 13 ans — arrêtée en compagnie de son père lors des manifestations nationales de janvier —, a récemment été transférée au quartier des femmes de la prison d’Evin, après avoir subi des semaines de torture et d’interrogatoires visant à lui extorquer des aveux forcés. Fatemeh a été condamnée à 25 ans de prison, tandis que son père, condamné à mort, a été exécuté il y a deux jours.

Les familles se voient privées de la possibilité d’organiser des cérémonies de deuil et de commémoration
Ces mesures témoignent d’une volonté systématique d’empêcher l’émergence de tout mouvement en quête de justice, ainsi que de toute solidarité sociale autour des victimes. Un tel comportement ne constitue pas seulement une violation des droits fondamentaux des familles ; il exerce également une pression émotionnelle et psychologique extrême sur les femmes survivantes, et tout particulièrement sur les mères.

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