À l’heure où le régime iranien poursuit une politique de militarisme régional, une vaste vague d’activités terroristes présumées, liées aux Gardiens de la révolution (IRGC), s’intensifie dans les pays arabes du Golfe.
Un récent reportage du quotidien américain *The New York Times* a une fois de plus attiré l’attention sur les activités extraterritoriales de l’Iran et sur les réseaux liés au Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) à travers les États arabes du golfe Persique. Le reportage décrit une vague d’arrestations massives survenues dans plusieurs pays de la région. Les responsables de la sécurité de ces États ont accusé les détenus d’entretenir des liens avec les Gardiens de la révolution et de participer à une coopération sécuritaire avec le régime iranien. Parallèlement, le climat politique et médiatique de la région a également été affecté par l’inquiétude croissante suscitée par le terrorisme lié aux Gardiens de la révolution.
Selon ce reportage, plus de 100 agents présumés des Gardiens de la révolution ont été arrêtés dans les pays arabes du Golfe. Les principales charges retenues contre ces individus sont la trahison et la collaboration avec des réseaux affiliés au régime iranien. Le reportage précise que les gouvernements régionaux, suite à l’intensification des tensions militaires et sécuritaires avec l’Iran, ont mis en place une surveillance étendue des groupes et des individus proches de Téhéran.
Terrorisme des Gardiens de la révolution à Bahreïn : déchéance de nationalité et arrestations de religieux
Bahreïn a été identifié comme l’un des principaux foyers de cette affaire sécuritaire. Selon le reportage publié, les autorités bahreïnies ont révoqué la nationalité de 69 individus. Par ailleurs, 41 autres personnes ont été arrêtées, accusées d’entretenir des liens avec les Gardiens de la révolution. Parmi les détenus figurent des dizaines de religieux alignés sur le régime iranien.
Une organisation de défense des droits de l’homme a indiqué que 37 des personnes détenues à Bahreïn étaient des religieux. Cette situation a suscité de vives réactions dans les médias régionaux. Les organes de presse proches du gouvernement bahreïnien ont décrit ces individus comme faisant partie d’un « réseau d’influence douce » au service du pouvoir du Guide suprême. À l’inverse, certains groupes affiliés au régime iranien ont qualifié ces arrestations d’actes politiques.
Au cours des années précédentes également, Bahreïn a accusé à maintes reprises le régime iranien d’ingérence sécuritaire et d’organisation de groupes armés. Le gouvernement du pays avait précédemment déclaré que certains groupes d’opposition avaient été formés sur le sol iranien. Le dernier reportage du *New York Times* suggère désormais que les inquiétudes concernant le terrorisme lié aux Gardiens de la révolution à Bahreïn sont entrées dans une nouvelle phase.
Émirats arabes unis ; Publication des images des suspects et appels à des sanctions sévères
Une affaire similaire est actuellement en cours aux Émirats arabes unis. Selon un rapport du *New York Times*, 27 individus résidant dans le pays ont été accusés d’appartenance à une organisation terroriste chiite. Le gouvernement des Émirats arabes unis a publié les images de ces individus, les qualifiant de membres d’un réseau organisé.
Certaines personnalités proches des autorités émiraties ont également appelé à des mesures judiciaires sévères à l’encontre des accusés. Les médias émiratis ont présenté cette affaire comme s’inscrivant dans le cadre des efforts déployés par le régime iranien pour infiltrer les appareils de sécurité des pays arabes. Les responsables de la sécurité aux Émirats ont souligné que tout lien avec des réseaux affiliés aux Gardiens de la révolution (IRGC) est considéré comme une menace pour la sécurité nationale.
Ces dernières années, les relations entre le régime iranien et les États arabes du Golfe ont traversé de multiples crises. Les attaques contre des installations pétrolières, les affaires de contrebande d’armes et les activités de groupes par procuration figurent parmi les principaux points de discorde entre Téhéran et les gouvernements régionaux. Aujourd’hui, la question du terrorisme lié aux Gardiens de la révolution est redevenue l’une des préoccupations sécuritaires majeures des États arabes.
Une pression régionale croissante contre le régime clérical
Le rapport du *New York Times* indique que les pays arabes du Golfe ont adopté une approche plus stricte à l’égard des réseaux proches du régime iranien. Les institutions de sécurité de ces pays estiment que les Gardiens de la révolution tentent d’exploiter les divisions confessionnelles pour étendre leur influence.
Au cours des années passées, les gouvernements régionaux ont accusé à maintes reprises le régime iranien de semer l’instabilité. Bon nombre de ces pays sont convaincus que Téhéran utilise des milices et des forces par procuration pour faire avancer ses objectifs régionaux. Les récentes arrestations massives signalent désormais que le dossier du terrorisme lié aux Gardiens de la révolution est entré dans une nouvelle phase.
La montée des tensions dans le golfe Persique survient parallèlement aux crises internes que traverse le régime iranien. Ce dernier est confronté à des vagues de mécontentement populaire, à une crise économique et à des manifestations généralisées sur son propre territoire. Néanmoins, les rapports internationaux continuent de faire état d’opérations sécuritaires et régionales menées par les Gardiens de la révolution au-delà des frontières de l’Iran.

