Quatre années de non-paiement des salaires échus dans le secteur des télécommunications ont poussé les moyens de subsistance des employés au bord de l’effondrement. Selon un rapport de l’agence de presse étatique ILNA daté du 21 mai, l’Association des travailleurs des télécommunications de la province de Téhéran, dans une lettre adressée au PDG de la Compagnie des télécommunications d’Iran, a exigé le versement des arriérés de prestations sociales mensuelles et annuelles gelées au cours des quatre dernières années, ainsi que leur paiement intégral et inconditionnel, conformément au règlement sur l’emploi du personnel n° 89/24, et ce, depuis le début de l’année en cours. Poursuivant la vague de protestations sociales qui touche divers secteurs d’activité et de services, les employés des télécommunications de la province de Téhéran ont réclamé le paiement de leurs créances en souffrance et la pleine application des réglementations en matière d’emploi.
La question des salaires impayés dans le secteur des télécommunications est devenue, à maintes reprises ces dernières années, l’un des principaux sujets de protestation des employés de l’entreprise. Les travailleurs affirment qu’une partie de leur rémunération légale n’a pas été versée au cours des quatre dernières années, et que la direction de l’entreprise n’a fourni aucune réponse claire quant à la date de règlement de ces créances.
La lettre de l’association faisait état des conditions de vie difficiles des employés. La hausse du coût de la vie, une inflation sévère et la baisse du pouvoir d’achat ont plongé de nombreux employés des télécommunications dans de graves difficultés économiques. Cette situation survient alors même qu’une part importante de leurs primes et prestations sociales demeure impayée.
Salaires impayés dans les télécommunications et crise des moyens de subsistance des employés
Les employés des télécommunications affirment que leurs revenus ne suffisent même pas à couvrir leurs dépenses vitales minimales. Selon les rapports publiés, le plafond salarial de nombreux travailleurs et employés, tant dans le secteur privé que dans les entreprises d’État, se situe plusieurs fois en dessous du seuil de pauvreté. Néanmoins, même ces salaires limités sont souvent versés en retard ou de manière incomplète.
Les protestations concernant les salaires impayés dans les télécommunications surviennent au moment où divers groupes de travailleurs — dans les secteurs du pétrole, de la sidérurgie, de l’éducation, des transports et des télécommunications — ont, ces derniers mois, manifesté à plusieurs reprises pour dénoncer leurs conditions salariales. Bon nombre de ces mouvements de protestation ont porté sur les salaires non versés, la suppression de primes et la dégradation de la sécurité de l’emploi.
Les employés protestataires estiment que la Compagnie des télécommunications a refusé d’honorer pleinement ses obligations légales. Ils soulignent que les prestations sociales et les compléments salariaux font partie intégrante des droits légaux des employés, et que leur suppression ou leur gel constitue une violation des réglementations en matière d’emploi.
Parallèlement, les militants syndicaux affirment que l’absence de syndicats indépendants, conjuguée aux restrictions imposées au droit de grève, figure parmi les raisons expliquant la persistance de cette situation. Selon eux, de nombreux travailleurs et employés ne disposent pas de la capacité de faire valoir leurs revendications de manière autonome, ce qui permet aux employeurs et aux cadres de bafouer leurs droits salariaux.
Les manifestations concernant les salaires impayés dans le secteur des télécommunications se poursuivent
Les employés du secteur des télécommunications à Téhéran ont averti que le mépris persistant à l’égard de leurs revendications salariales engendrerait un mécontentement généralisé. Ils exigent le paiement immédiat de toutes les sommes dues ainsi que l’application intégrale de la réglementation du travail.
La contestation relative aux salaires impayés dans les télécommunications ne se limite pas à une simple revendication syndicale ; elle s’inscrit dans le cadre plus large de la crise des moyens de subsistance qui frappe les travailleurs et les salariés en Iran. La crise économique, l’inflation et la corruption structurelle font peser une lourde pression sur la vie de millions de familles.
Ces dernières années, les mouvements de protestation ouvriers sont devenus l’une des manifestations les plus marquantes du mécontentement social. De nombreux employés et travailleurs estiment que les ressources du pays, au lieu d’être affectées à l’amélioration des conditions de vie de la population, sont dilapidées au profit de réseaux de pouvoir et de la corruption gouvernementale. Cette situation a creusé davantage encore le fossé entre la société et les structures dirigeantes.

