Le Wall Street Journal a rapporté mercredi 29 janvier que des pirates informatiques chinois et iraniens ont utilisé des produits d’intelligence artificielle (IA) américains pour mener des cyberattaques.
Ce rapport intervient au moment où la nouvelle version du système d’IA chinois, « DeepSeek », a changé la perception mondiale des capacités de la Chine dans ce domaine.
Selon des responsables américains cités par le Wall Street Journal, des pirates informatiques liés aux gouvernements de la Chine, de l’Iran et de plusieurs autres pays exploitent considérablement les capacités de l’IA pour améliorer leurs cyberattaques contre les États-Unis.
Le chatbot IA de Google, « Gemini », est l’une des technologies d’IA utilisées par ces pirates.
Bien que Gemini présente de nombreux avantages et applications positives, il a également été utilisé pour écrire du code malveillant, identifier les vulnérabilités des systèmes et rechercher des organisations et des cibles pour les cyberattaques.
Selon Google, au cours de l’année écoulée, des pirates informatiques de 20 pays ont utilisé le chatbot Gemini pour leurs cyberattaques.
Alors que les responsables occidentaux et les experts en cybersécurité mettent en garde depuis des années contre les abus potentiels de l’IA, les récentes conclusions de Google constituent le premier rapport détaillé sur l’utilisation de l’IA par des pirates informatiques liés à des puissances étrangères.
Selon le rapport, des groupes de pirates informatiques liés aux gouvernements de Chine, d’Iran, de Russie et de Corée du Nord ont utilisé le chatbot Gemini dans leurs cyberattaques.
Google affirme que ces pirates informatiques ont utilisé les capacités de Gemini pour améliorer diverses étapes opérationnelles, notamment dans la recherche, le soutien et l’identification des vulnérabilités de leurs cibles américaines.
Selon le Wall Street Journal, il existe encore de nombreuses inconnues concernant les capacités de l’IA, et l’utilisation de cette technologie par les pirates informatiques pourrait être bien plus importante qu’on ne l’estime actuellement.
Google affirme qu’à mesure que l’IA progresse, les pirates informatiques acquièrent également davantage de compétences et de capacités pour l’utiliser dans des attaques malveillantes, ce qui pose un défi de sécurité important pour les États-Unis et les pays occidentaux.
Le lien de ces pirates informatiques avec des gouvernements tels que la Chine, l’Iran, la Russie et la Corée du Nord a suscité de sérieuses inquiétudes parmi les responsables américains.
Les pirates informatiques utilisent également d’autres technologies d’IA, notamment « ChatGPT » développé par OpenAI, dans leurs attaques contre des cibles américaines.
Les recherches menées par OpenAI indiquent que les pirates n’ont pas utilisé ChatGPT pour des cyberattaques directes ou à grande échelle, mais plutôt pour améliorer et soutenir leurs opérations malveillantes.
Google déclare qu’après avoir identifié les pirates utilisant Gemini, il a supprimé les comptes associés.
Selon Google, les pirates informatiques chinois et iraniens ont utilisé le chatbot Gemini plus que les autres groupes de pirates informatiques.
Les pirates informatiques iraniens ont fait le plus grand usage de Gemini et ont exploité cette technologie pour identifier des cibles dans les organisations militaires et de défense, établir des voies d’infiltration et générer du contenu en anglais, en hébreu et en persan pour une utilisation dans des campagnes de phishing.

