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Iran : Hausse de l’inflation et des taux de change, économie au bord de l’effondrement

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Selon le dernier rapport officiel du Centre de statistiques du régime iranien, le taux d’inflation en février a battu son record des 12 derniers mois, dépassant les 4 % pour la première fois en un an.

Au-delà de l’inflation de cette année, les données extraites des rapports indiquent une hausse continue de l’inflation au cours des six premiers mois de l’année prochaine. Cela suggère que la valeur du dollar américain continuera de s’apprécier face au rial iranien, l’une des méthodes fondamentales de calcul de la valeur intrinsèque du dollar étant basée sur la différence de taux d’inflation entre l’Iran et les États-Unis.

Indice des prix à la consommation (IPC)
Selon le dernier rapport du Centre de statistiques iranien sur l’inflation de février, les prix des biens et services consommés par le public ont augmenté de 4,1 % par rapport à novembre 2024. Cette flambée des prix est sans précédent depuis un an.

Le rapport indique également que l’inflation annuelle s’élève à 35,3 %, ce qui signifie que les ménages du pays ont dû dépenser en moyenne 35,3 % de plus qu’en février 2024 pour acheter le même ensemble de biens et services.

Selon le rapport officiel du Centre iranien des statistiques, les prix des produits alimentaires, notamment des légumes, des fruits secs et des fruits frais, ont augmenté davantage que ceux des autres biens et services. Cela indique que le poids de l’inflation est particulièrement ressenti par les ménages à faibles revenus. Le fait que l’inflation en zones rurales ait dépassé celle des zones urbaines confirme cette réalité.

Les données du Centre iranien des statistiques montrent que l’inflation en zones rurales a atteint 36 %, contre 35,2 % en zones urbaines.

Indice des prix à la production (IPP)
L’inflation à la production mesure l’évolution des prix du point de vue des producteurs (plutôt que des consommateurs) et est généralement considérée comme un indicateur avancé de l’inflation future à la consommation.

Le Centre iranien des statistiques a indiqué que l’inflation à la production en janvier était même supérieure à celle à la consommation en février. Cela indique une hausse des coûts de production, qui sera à terme répercutée sur les consommateurs, entraînant une réduction des marges bénéficiaires et, à terme, une hausse de l’inflation et des prix dans les mois à venir.

Les données du Centre iranien des statistiques indiquent une hausse de l’inflation à la production dans tous les secteurs, y compris l’industrie, les mines et l’agriculture. En janvier, l’inflation à la production dans le secteur minier a atteint 33 %, tandis que le taux d’inflation général dans le secteur industriel s’élevait à 36,9 %. Le secteur agricole a connu une forte hausse de 11,4 points de pourcentage, portant son taux d’inflation à 38 %.

Croissance des liquidités
Un rapport récemment publié sur le site web de la Banque centrale du régime iranien indique que le volume total des liquidités a atteint 9 723 000 milliards de tomans fin janvier, soit une augmentation de 23,4 %. Cela signifie que la croissance des liquidités au cours des dix premiers mois de cette année est presque égale à la liquidité totale du pays fin 2018.

Malgré une croissance de 23,4 % en janvier, ce chiffre a encore augmenté en février, atteignant 27,4 %. Cette accélération de la croissance, combinée à la grave crise de production causée par de fréquentes coupures de courant et des problèmes structurels, annonce une aggravation de la tendance inflationniste pour l’année à venir.

Déficit budgétaire et augmentation de la dette publique
Ebrahim Bahadorani, conseiller principal à la Chambre de commerce de Téhéran, a estimé le déficit budgétaire opérationnel pour 2025 à environ 1 805 000 milliards de tomans. Il a réalisé cette estimation en novembre 2024, avant que Donald Trump ne menace l’Iran d’une forte réduction de ses ventes de pétrole. Compte tenu du taux d’inflation actuel et de la forte probabilité de concrétisation des menaces de Trump, ainsi que du renforcement des sanctions pétrolières et financières américaines, il est fort probable qu’une part importante des recettes gouvernementales prévues dans le budget 2025 ne se matérialise pas, aggravant encore un déficit budgétaire déjà massif.

De plus, la dette publique a augmenté de 32 % par rapport au même mois de l’année dernière. Ne parvenant pas à atteindre ses prévisions de recettes, le gouvernement fait pression sur les banques pour obtenir des financements, ce qui entraîne une hausse des liquidités, de l’inflation et, in fine, une hausse des prix dans l’ensemble de l’économie.

Les données de la Banque centrale indiquent que les contraintes budgétaires du gouvernement, notamment en matière de ventes de pétrole, l’ont contraint à dépendre des banques et, in fine, de la Banque centrale pour son financement. En réponse, la Banque centrale a eu recours à la planche à billets.

Calcul du taux de change du dollar avec une estimation optimiste de l’inflation
Les facteurs mentionnés dans ce rapport indiquent fortement une hausse de l’inflation pour l’année à venir, ce qui suggère à son tour une hausse du taux de change du dollar américain. Une méthode pour estimer la valeur réelle du dollar consiste à utiliser la différence entre les taux d’inflation en Iran et aux États-Unis.

En utilisant cette méthode, si l’on suppose une inflation américaine de 3,1 % et que le taux d’inflation moyen iranien au premier semestre de l’année civile iranienne (à partir du 21 mars) est estimé de manière optimiste à 37 %, avec un taux de change de 930 000 rials pour un dollar d’ici la fin de l’année, l’ajout du différentiel d’inflation de 33,9 % au taux de change actuel donne une valeur intrinsèque estimée du dollar à 1 245 000 rials pour l’année à venir.

Il s’agit d’un chiffre stupéfiant, qui dépendra sans aucun doute de la tenue de négociations entre l’Iran et les États-Unis, ainsi que de la politique de la Banque centrale. En fonction du taux d’inflation de l’année prochaine et du taux de change à la fin de l’année, le temps nécessaire pour atteindre ce taux projeté pourrait varier.

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