IranIran (actualité)L'Iran blâmé pour ses menaces contre Israël

L’Iran blâmé pour ses menaces contre Israël

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Le Figaro, 28 octobre – Par Pierre Prier – LES CONDAMNATIONS ont continué hier dans le monde entier après les déclarations du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a appelé à «rayer Israël de la carte» au cours d’une conférence sur «le monde sans le sionisme» prononcée mercredi à Téhéran. Selon le premier ministre israélien Ariel Sharon, «un Etat qui appelle à l’extermination d’un autre peuple ne peut être membre des Nations unies. Un tel Etat, qui détient l’arme nucléaire, est un danger non seulement pour Israël et le Proche-Orient, mais également pour l’Europe».

Les dirigeants de l’Union européenne, réunis hier à Hampton Court, près de Londres, ont évoqué le même problème, sans toutefois demander l’expulsion de Téhéran de l’ONU : «Les appels à la violence et à la destruction de quelque Etat que ce soit sont manifestement en contradiction avec l’affirmation que l’on est un membre mûr et responsable de la communauté internationale», ont déclaré les Européens dans un texte élaboré par la présidence britannique, au nom de tous les pays membres.

Dans le même temps, les représentants diplomatiques iraniens en Europe ont été convoqués. L’ambassadeur à Paris, Sadegh Kharrazi, s’est vu «rappeler que le droit d’Israël à exister ne peut pas être contesté» et que «la question du conflit israélo-palestinien ne saurait servir de prétexte à la remise en cause de ce droit fondamental».

La Russie, pour sa part, a laissé percer publiquement son embarras. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a qualifié les déclarations de Mahmoud Ahmadinejad d’«inacceptables», avant d’ajouter : «Je ne peux pas ne pas reconnaître que ceux qui insistent sur le renvoi du dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité de l’ONU bénéficient d’un argument supplémentaire.» Moins d’une heure plus tard, Lavrov se rattrapait en précisant que la position de la Russie, opposée à l’examen de la question nucléaire iranienne par le Conseil de sécurité de l’ONU, «n’avait pas changé».

Durcissement du régime

Mais Téhéran n’a pas fini de gêner ses alliés. Les premières déclarations officielles depuis les propos présidentiels ne semblent pas encourager l’apaisement. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Manouchehr Mottaki, a réfuté hier les protestations occidentales en dénonçant la «recrudescence des crimes du régime sioniste». Selon le communiqué, «les ambassades iraniennes ont été chargées de transmettre la protestation de la République islamique contre l’indifférence des gouvernements européens face à la répression des Palestiniens et la violation des droits de l’homme dans les Territoires occupés». Le texte ajoute que le «soutien inconditionnel au régime sioniste complique encore la situation au Proche-Orient». Rappelant que, traditionnellement, Téhéran «ne reconnaissait pas l’existence de l’Etat hébreu», Manouchehr Mottaki s’est pourtant gardé de renouveler les appels d’Ahmadinejad à la disparition d’Israël.

En renouant avec cette rhétorique, le nouveau président ultraconservateur pourrait exprimer le durcissement d’un régime qui contrôle maintenant tous les leviers du pouvoir. Elu en juin par une base populaire contre son prédécesseur modéré Mohammad Khatami, Ahmadinejad, ancien dirigeant de la milice des gardiens de la révolution, le bras armé et idéologique des mollahs, est en phase avec le guide suprême Ali Khamenei, qui détient la véritable direction du pays.

Selon une autre théorie, Ahmadinejad a pu vouloir utiliser le thème de la disparition d’Israël dans un but de politique intérieure, pour dévier un certain mécontentement de ses électeurs, déçus de ne pas voir le gouvernement tenir les promesses de la campagne présidentielle sur l’amélioration de leur niveau de vie, malgré la flambée des prix du pétrole.

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