Alors que la crise de l’eau s’intensifie en Iran, Mohammad Darvish, militant écologiste, a déclaré que la restauration des ressources en eaux souterraines du pays nécessiterait au moins 65 000 à 70 000 ans. Parallèlement, une publication britannique a averti que Téhéran pourrait n’être qu’à quelques semaines du « Jour Zéro », le jour où les robinets de la ville seront à sec.
Le journal d’État Etemad a publié le samedi 2 août un rapport intitulé « Nous devons attendre 70 000 ans pour le retour des eaux souterraines », citant Mohammad Darvish, expert environnemental et professeur d’université. L’article soulignait que l’Iran avait atteint un stade de désertification si avancé que même si l’extraction d’eau cessait, les aquifères ne pourraient pas être restaurés.
M. Darvish a expliqué que les Iraniens ont extrait 150 milliards de mètres cubes de plus que ce qui a été naturellement rechargé dans les aquifères au cours des trois dernières décennies. Cela a entraîné un affaissement de terrain sur au moins 57 000 kilomètres carrés, d’un centimètre par an en moyenne.
Dans une interview accordée à Etemad, à la question : « Ne faut-il donc jamais espérer une restauration des eaux souterraines ?», Darvish a répondu : « On peut attendre encore au moins 65 000 à 70 000 ans. Avec un peu de patience, on peut espérer que les eaux souterraines retrouveront leur état idéal.»
Selon Darvish, la situation actuelle de l’Iran est le résultat d’années d’extraction excessive et de négligence dans la reconstitution des aquifères.
Il a décrit la situation de l’Iran comme le « stade final de la désertification », affirmant que de nombreuses terres ne sont plus propices à la construction, à la construction de routes, ni même à la pose de pipelines et de pylônes, et sont donc inutilisables.
Selon Darvish, basé sur un rapport du Service géologique d’Iran, l’affaissement annuel du sol touche désormais 100 000 kilomètres carrés, atteignant un rythme de deux centimètres par an, contre seulement 11 000 kilomètres carrés en 2016. Cette croissance alarmante témoigne de l’accélération rapide de la crise.
À quelques semaines du Jour Zéro
Le magazine britannique The Week a évoqué la situation critique de l’eau en Iran, affirmant que Téhéran, ville de 10 millions d’habitants, pourrait n’être qu’à quelques semaines du Jour Zéro.
La publication a défini le Jour Zéro comme le jour où les robinets d’eau seront complètement à sec dans une grande partie de Téhéran.
Selon le rapport, l’Iran est au bord de la faillite hydrique, une crise alimentée par la sécheresse, le changement climatique et la mauvaise gestion des ressources. Les analystes préviennent que cela pourrait devenir une menace sérieuse pour le régime iranien.
Dans le même temps, l’autorité de l’eau de Téhéran a annoncé la fermeture des toilettes publiques en raison de pénuries d’eau, une décision qui impacte gravement la vie quotidienne des enfants, des travailleurs, des patients et des usagers de la ville.
Masoud Pezeshkian, le président du régime iranien, a averti le 31 juillet que le pays était « au bord d’une grave crise de l’eau ».
Il avait précédemment déclaré : « Si des décisions urgentes ne sont pas prises, nous serons confrontés à une situation insoluble. »
The Week, se référant aux déclarations de responsables du régime, a écrit que la crise de la pénurie d’eau n’est pas seulement due à des sécheresses récurrentes, mais aussi au prélèvement excessif d’eaux souterraines, à des pratiques agricoles inefficaces et à une consommation d’eau urbaine incontrôlée.
Les experts avertissent que sans une planification à long terme et une réforme immédiate des modes de consommation, la crise de l’eau pourrait non seulement alimenter les troubles sociaux, mais aussi constituer une grave menace pour la stabilité environnementale et politique du pays.

