Isa Bozorgzadeh, porte-parole du secteur iranien de l’eau, a mis en garde contre la gravité sans précédent de la crise de l’eau, affirmant que 70 % des plaines iraniennes sont dans un état « interdit » ou « gravement interdit » et que plus de 300 plaines, dont Téhéran, sont exposées à un risque sérieux d’affaissement de terrain.
Bozorgzadeh a déclaré au magazine d’État Payam-e Ma : « La crise de l’eau en Iran a dépassé la 110e minute de jeu. »
Il a décrit l’affaissement de terrain comme une conséquence directe de l’extraction excessive des eaux souterraines, précisant qu’une part importante de cette surexploitation est due à « une gestion inefficace, à des lacunes juridiques et à un manque de coordination entre les institutions responsables ».
Bozorgzadeh a souligné que la réduction de la consommation d’eau dans le secteur agricole est la solution la plus importante pour contenir cette crise et que, sans diminution des surfaces cultivées, une véritable conservation sera impossible.
Somayeh Rafiei, présidente du groupe environnemental du Majlis (Parlement) iranien, a averti en mai 2025 que l’extraction excessive des eaux souterraines avait provoqué des affaissements de terrain dans 30 provinces et transformé 66 % des zones humides du pays en zones sensibles aux tempêtes de poussière.
La surexploitation des puits menace Téhéran
Le porte-parole du secteur de l’eau du pays a qualifié le septième plan de développement iranien de dernière chance de réformer la gestion des ressources en eau, avertissant que négliger cette opportunité entraînerait une perte de sécurité hydrique et constituerait une grave menace pour l’écosystème.
Bozorgzadeh, évoquant le rôle de la municipalité de Téhéran dans cette crise, a déclaré qu’une cinquantaine de puits d’eau potable sous son contrôle devraient être raccordés au réseau d’eau potable, tandis que les autres devraient être obturés afin de contribuer à l’équilibre de la nappe phréatique.
Selon lui, la surexploitation de ces puits est l’un des facteurs contribuant à l’affaissement des sols dans la capitale.
Soudabeh Najafi, présidente du Comité de la santé du conseil municipal de Téhéran, a déclaré le 9 mai : « Selon les estimations, le taux d’affaissement des sols à Téhéran atteint 24 à 25 centimètres par an.»
Le porte-parole du secteur de l’eau a souligné la nécessité de cesser le forage et l’exploitation de nouveaux puits à Téhéran, et que l’utilisation des sources d’eau existantes devrait être réservée à l’alimentation en eau potable ou à la protection de la nappe phréatique.
Bozorgzadeh a ajouté : « Le nombre de puits dans la nappe phréatique de Téhéran dépasse sa capacité, ce qui a aggravé l’affaissement des sols. »
Auparavant, Mehdi Chamran, président du conseil municipal de Téhéran, avait déclaré : « L’affaissement du sol existe dans le pays et affecte les tunnels du métro, et pour cette raison, nous sommes préoccupés. »

