Cette semaine, la réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA à Vienne a été le théâtre de graves avertissements de la part de l’Europe et des États-Unis concernant l’état du programme nucléaire iranien.
Dans un communiqué, l’Union européenne a souligné que l’Iran devait immédiatement reprendre sa coopération avec l’AIEA, déclarant que le retrait de Téhéran de ses engagements au titre de l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA) et l’arrêt de sa coopération en matière de garanties avaient « gravement compromis » la capacité de l’agence à évaluer la nature du programme nucléaire iranien.
Le représentant de l’UE, évoquant le lancement du mécanisme de « snapback » au Conseil de sécurité de l’ONU, a déclaré qu’un moment critique était arrivé et que Téhéran devait prendre des mesures immédiates et concrètes pour montrer sa recherche d’une solution diplomatique.
L’Europe a également salué le récent accord entre l’Iran et l’AIEA sur la reprise des inspections, rappelant que sa mise en œuvre immédiate et intégrale était « non négociable ».
Dans le même temps, Howard Solomon, représentant des États-Unis auprès de l’AIEA, a qualifié de « vitale et nécessaire » une action immédiate du régime iranien et a averti que si la non-coopération persiste, le Conseil des gouverneurs doit se tenir prêt à prendre des mesures plus strictes.
Il a qualifié d’« inacceptable et profondément préoccupante » la suspension par l’Iran de ses engagements nucléaires, soulignant que Washington est prêt à négocier de bonne foi, mais que c’est Téhéran qui refuse de s’engager.
Les trois pays européens – la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne – ont également publié une déclaration commune affirmant que les promesses futures ne suffisent pas et que l’Iran doit dès aujourd’hui faire preuve de sa volonté diplomatique.
Ils ont averti que la surveillance du programme nucléaire iranien par l’AIEA est « quasiment nulle » et que des milliers de kilogrammes d’uranium enrichi restent non vérifiés.
Ces pays ont également souligné les récents rapports concernant la construction de nouvelles installations d’enrichissement à Ispahan, qui, en raison du manque de coopération de Téhéran, n’ont même pas été ouvertes aux inspections.
Selon eux, l’Iran est le seul pays dépourvu d’armes nucléaires à avoir enrichi de l’uranium au-delà des limites du JCPOA sans fournir de justification civile crédible.
En revanche, la Russie a critiqué l’Europe et les États-Unis pour leurs pressions exercées sur l’Iran. La mission russe à Vienne a qualifié la position des trois pays européens d’« obstination » et a déclaré qu’ils n’avaient pas réussi à résoudre les problèmes liés au JCPOA. Mikhaïl Oulianov, représentant de la Russie, a suggéré que les parties initiales au JCPOA tiennent des consultations urgentes afin d’éviter une nouvelle crise.
En conclusion, l’UE et les États-Unis ont souligné que la diplomatie n’aura de sens que si l’Iran renoue pleinement avec la coopération avec l’AIEA. Dans le cas contraire, le déclenchement du mécanisme de retour à la normale rétablira automatiquement les sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU contre le régime iranien.

